Joseph Le Phuoc

Joseph Le Phuoc

lundi, 04 octobre 2021 08:15

Semaine Eucharistique

La Congrégation du Saint-Sacrement, de par sa spiritualité spécifique d'annonce de l'Évangile à travers l'Eucharistie, contribue à l'œuvre missionnaire et évangélisatrice de l'Église. « L'Eucharistie est notre centre de vie, notre puissance d’action et d’apostolat » (PR 107,3). Le fondateur nous a légué l'apostolat eucharistique dans une perspective large : catéchèse, retraites, semaines eucharistiques, congrès eucharistiques et associations entre autres.

La présence SSS en Amérique latine et dans les Caraïbes (Colombie-Pérou-Porto Rico) dure depuis un temps considérable de plus de 55 ans. C'était une région de la Province d'Espagne et elle a été canoniquement érigée en Province Saint Jean XXIII au chapitre général de 2011. Notre petite province a ses propres défis en termes de promotion de l'identité SSS dans les communautés. Pour cette raison, les religieux des communautés respectives doivent se sentir interpellés sur la manière dont nous vivons non seulement la source eucharistique, mais aussi comment nous la partageons avec les fidèles des communautés.


Eucharistic Week 1

(La Semaine Eucharistique de la Chapelle Notre-Dame du Saint-Sacrement (Maison des vocations) s'est tenue du 29 août au 2 septembre 2021 sur le thème : « Eucharistie, lien de charité et fraternité ».)

Le programme de cette semaine comprenait un ensemble d'activités autour de l'expérience de l'Eucharistie : célébration quotidienne de l'Eucharistie, moments de fraternité, moments de culte eucharistique en dehors de la messe, rencontres formatives et un atelier sur la spiritualité eucharistique eymardienne. Comme action pratique, une offrande spéciale a été faite, destinée aux besoins des pauvres d'Alaska, une localité au sud de la ville de Bogotá.

La Congrégation a hérité du fondateur une image autour d'un dynamisme continu de l'Eucharistie qui englobe toute l'existence. Il est urgent que la famille eymardienne incarne la spiritualité dans la réalité actuelle à partir de sources pastorales, en s'engageant au service de l'Évangile en solidarité avec les plus défavorisés. Notre province a besoin d’une plus grande ouverture d’esprit pour comprendre, diffuser et promouvoir l'Eucharistie et la rendre plus dynamique dans les communautés.

Les personnes qui ont vécu les activités de cette semaine ont exprimé leur joie pour les nouvelles connaissances acquises sur le Mystère de l'Eucharistie, leur approche plus approfondie de la vie de Pierre-Julien Eymard, et surtout la vision des défis que requiert une vie eucharistique. Cela vaut la peine de continuer à miser sur le dynamisme de l'Eucharistie dans notre province pour amener la pensée eymardienne à la réalité du XXIe siècle : l'Eucharistie est la force de renouvellement de l'Église et de la Société.

 

Père Elibien Joseph, sss
5 septembre 2021, Bogotá, Colombie


Synthèse du rapport de fin d’année

Chaque année, l’Agrégation du Saint Sacrement de Santa Maria di Piazza à Turin présente un rapport sur les activités menées. Cela se produit généralement le quatrième dimanche de juillet. Cette année encore, nous avons revécu ce qui s’est passé au sein du groupe. La présence des agrégés a été assez bonne avec une quarantaine de présences. La pandémie et la période estivale ont influencé la présence à ce rendez-vous. L’ordre du jour prévoyait comme premier sujet le rapport sur les activités de l’Agrégation en 2020-2021. Et comme deuxième thème, la mémoire des 120 ans de fondation de la communauté SSS, avec la contemplation de l’ostensoir et du trône pour l'exposition.

Le rapport s’est concentré sur les différents moments et rencontres de l’agrégation en 2020-2021, tout en signalant le v 29 septembre pour le 25e anniversaire de la promesse de certains agrégés ; le v 13 mai, la journée eucharistique très réussie ; v la seule retraite du 23 mai avec l’intervention du professeur Carla Casalegno avec le rapport sur l’Agrégation du St Sacrement à Santa Maria di Piazza de 1901 à aujourd'hui ; v les catéchèses du quatrième dimanche du mois comme moment d’agrégation et de formation à la spiritualité eucharistique eymardienne, qui avaient cette année pour thème : la célébration de la messe ; v les deux sessions d'exercices spirituels en juin tenus par le P. Bernardo Mauri et le P. Luca Zanchi.

Depuis le quatrième dimanche de janvier 2021, nous avons voulu rappeler à notre mémoire les 120 ans de présence des Religieux SSS à Turin dans l'église de Santa Maria di Piazza, en retraçant leur histoire du début à nos jours, et en rappelant les moments les plus significatifs et quelques réalisations faites au cours de cette longue et, on peut le dire, glorieuse histoire. Nous avons porté notre attention sur v le chemin parcouru pour ouvrir une communauté italienne de Religieux SSS à Turin. v Les activités de la paroisse avec les différentes associations et groupes, et celles de la communauté SSS avec les différentes expériences de l'Agrégation, ont été repensées. Ensuite on a parlé des v revues publiées par le Centre Eucharistique de Turin ; de la v présentation de l'Agrégation du St Sacrement à Santa Maria ; enfin, nous avons été émerveillés par la beauté et v le message de l'ostensoir et du trône pour l'exposition. Un après-midi pour remercier le Seigneur pour ce qui a été fait en cette année 2020-2021, et un autre remerciement pour ce que les Religieux SSS ont pu accomplir de 1901 à aujourd'hui à Santa Maria pour Turin et pour l'Italie, et pour faire connaître la force de la spiritualité eucharistique eymardienne.

Ombres et lumières se sont alternées dans le déroulement du programme établi et présenté aux agrégés en septembre 2020. Le programme a vécu des arrêts, reprises, suppressions, renvois, annulations à cause de la pandémie. On a parcouru un chemin à obstacles surmontés par le zèle et la disponibilité de tous les agrégés. Il s'est avéré que tout ne s'est pas déroulé comme prévu à cause de la pandémie qui a certainement affecté la participation et l'assiduité des fidèles.

 

Madame Maria Pia Canale
Secrétaire de l’Agrégation
25 juillet 2021

La solennité de Saint Pierre-Julien Eymard a été caractérisée par l'initiative, proposée par les zélatrices, de commémorer l'apôtre de l'Eucharistie par une journée eucharistique de prière d'adoration. La journée a commencé par la célébration de la messe à 08h00, animée par un groupe d'agrégés et de fidèles. Une célébration qui nous a fait goûter toute la douceur de l'amour du Seigneur et nous avons chanté « Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon » avec une tristesse voilée de n'avoir pu participer à la communion aussi avec le Sang du Seigneur. À la fin de la messe, comme toujours depuis 1901 jusqu’à aujourd'hui, l'exposition du St Sacrement est suivie du chant de la prière des Laudes du matin, et du début de l'adoration qui se poursuivra jusqu'à minuit. La nouvelle bannière de l'Agrégation est placée à côté de l'autel comme signe d'appartenance et rappel de la promesse, avec laquelle on s'engage à mettre l'Eucharistie au centre de sa vie de foi, pour un cheminement vers la spiritualité eucharistique eymardienne.

 L'icône de Saint Pierre-Julien tenant l'ostensoir et l'invitation « Venite Adoremus »
accueille les adorateurs à la porte de l'église.

C’est l'exhortation pour tout le monde à s'arrêter en adoration et à répandre les plus beaux sentiments présents en leur cœur. En accueillant les agrégés, Saint Pierre-Julien leur a confié la tâche d'aimer le Seigneur, présent dans le sacrement, et il répétait son avertissement : « Jésus est là et vous appelle » il vous attend. Certes, la doxologie de la conclusion de la prière eucharistique de la messe résonnait dans l'esprit des adorateurs : « Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l'unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles ».

Ce sera la louange au Père par Jésus, qui a associé toute personne à lui-même pour que son offrande soit complète. Chacun s'est donné au Seigneur, unissant sa propre vie à celle de Jésus, pour le salut du monde. La présence des agrégés dans l'église pour l'adoration tout au long de la journée était bonne, à certains moments ils étaient nombreux. C'était bon de voir les fidèles dans une attitude d'adoration et de dévouement.

À 17h00, le chapelet a été prié avec une réflexion sur les mystères à travers des textes de Saint Pierre-Julien. Suivait le chant des Vêpres de la Solennité. À 18h00 il y avait la célébration solennelle de l'Eucharistie. À l'occasion de la Solennité, la nouvelle bannière de l'Agrégation du St Sacrement de Santa Maria di Piazza, à Turin, a été présentée aux agrégés et aux fidèles.

Le Supérieur P. Giulio Maccali qui présidait, nous a invité à entrer dans le mystère, en nous laissant envahir par la présence du Seigneur parmi nous. L'animation était confiée aux agrégés qui ont apporté une solennité à la célébration.

À la fin de la messe, le Supérieur, au nom de la communauté, a rendu hommage à tous les participants de la biographie récemment publiée de Saint Pierre-Julien Eymard, écrite et rééditée par le P. André Guitton. Un beau geste de gratitude et d'estime pour les agrégés et pour ceux qui fréquentent notre église de Santa Maria di Piazza pour la prière. Tous ont apprécié le geste et ont ressenti une grande émotion devant un hommage aussi précieux.

De plus, tout le monde a admiré la nouvelle bannière qui porte le logo de l'Agrégation du St Sacrement et au dos l'icône de Notre Dame du St Sacrement et de Saint Pierre-Julien Eymard, tiré d'un tableau présent dans notre église. Ce sera la bannière qui représentera l'Agrégation dans différentes circonstances et célébrations.

Torino stendardo 1

(La nouvelle bannière est considérée comme un cadeau des agrégés à l'Agrégation du St Sacrement de Santa Maria di Piazza, en mémoire des 120 ans de la fondation et de la présence des Religieux SSS à Turin dans l'église de Santa Maria.)

Après la célébration, l'adoration s'est poursuivie jusqu'à minuit, avec une bonne présence des fidèles. C'est ainsi que la famille Eymardienne de Santa Maria a honoré et célébré son Fondateur.

Une journée de fête pour Saint Pierre-Julien, enrichie de quelques messages : la journée eucharistique avec un arrêt pour la prière d'adoration de nombreux fidèles qui se sont alternés de 09h00 à 24h00 ; le chapelet prié avec une réflexion sur les mystères à travers des textes de Saint Pierre-Julien ; le chant des Vêpres de la Solennité ; la Célébration de l'Eucharistie avec la présentation de la nouvelle bannière de l'Agrégation du St Sacrement et le don de la biographie du Fondateur aux fidèles présents à la fête.

Louanges au Seigneur. L'invitation du Saint reste toujours vivante, pour ceux qui entrent dans l'église de Santa Maria « Venite Adoremus », pour pouvoir expérimenter les paroles du psalmiste: « Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon ».

 

Père Albino Valentini, sss
Directeur de l’Agrégation
3 août 2021

« Un pas sur les pas d’un Saint »

La Providence et les circonstances (covid) ont eu pour effet – pour cette première retraite – que nous n’étions finalement que quatre, mais… de quatre continents différents : République Démo-cratique du Congo pour le Père Thaddée Mupapa, Vietnam pour la sœur To Trinh Servante du Saint Sacrement, Brésil pour Eliana Rodrigues et Belgique pour Olivier de Kerchove. Quatre continents dans une même voiture, par monts et par vaux, tous nourris quotidiennement de la spiritualité particulière eymardienne !, vous trouvez là une percutante parabole de communion de l’Église que nous souhaitons porter beaucoup de fruits.

Une retraite particulièrement féconde a pu voir le jour cet été, voulue, désirée, préparée et priée depuis longue date par le Centre eucharistique Saint Pierre-Julien Eymard de La Mure d’Isère, animée par le Père Thaddée, sur les pas de Saint Pierre-Julien Eymard. Il s’agit non seulement de la terre où celui-ci a grandi et est mort, mais aussi de tous les lieux proches de La Mure d’Isère significatifs dans son parcours spirituel et pour ses premiers ministères en Église.

Nous profitions pour cela non seulement de la guidance priante du Père Thaddée, mais aussi des brochures si riches du Père Manuel Barbiero pour chaque lieu visité, tous à la beauté à couper le souffle, et dont les noms sont bien familiers des Sacramentins. Pour nous ce furent La Mure, Saint Romans, Chatte, Sanctuaire Notre-Dame de l’Osier, Sanctuaire Notre Dame du Laus, Sanctuaire Notre Dame de La Salette et Monteynard.

Le court parcours de Saint Pierre-Julien Eymard que nous avons suivi nous a particulièrement touché. Il nous a amenés, par la grâce divine, à revoir et à redynamiser nos itinéraires personnels de foi. Le cheminement de chacun, chacune de nous est singulier. Il a été tissé par les différents éléments, mais nous avons reconnu qu’il a un point commun, c’est la présence de Dieu dans nos vies et son amour pour tous. L’exemple admirable de la vie du Père Eymard nous pousse à faire des efforts petit à petit pour faire de notre vie une eucharistie au quotidien à travers nos responsabilités. Il s’agit de rechercher l’unité et de la bienveillance entre nous, comme l’indique Saint Pierre-Julien Eymard à une correspondante : « Demeurez en la bonté et douceur de Dieu envers vous pour être bonne et douce envers les autres » (CO 1561,1).

Partout nous avons rencontré des personnes admirables d’hospitalité et de vigueur spirituelle. Chaque rencontre fut une « visitation ». La grande grâce était aussi de résider dans la maison même où a vu le jour le Père Eymard et de prier les offices, participer à l’Eucharistie, adorer le Seigneur au Très Saint Sacrement dans la chambre même où il remit son âme à Dieu.

Impossible de remercier suffisamment le Père Thaddée qui s’est donné sans compter, mais lui-même ne s’est pas lassé de dire combien notre groupe était à la fois très réceptif et constructif pour que se dessine un mode de retraite qui fasse droit à ce que Dieu a planté dans l’âme de Saint Pierre-Julien Eymard, et aux besoins de notre temps à la recherche des Sources d’Eaux Vives.

 

Au nom du groupe de ce pèlerinage
Monsieur Olivier de Kerchove
Communauté de La Viale Opstal
Bruxelles, Belgique

vendredi, 27 août 2021 09:20

Ordination sacerdotale au Sri Lanka

Le révérend Père Vijayaraj Anton Rohitha, fils bienaimé de M. Francis Saviour et de Mme Juliet Mutukumar est né le 27 novembre 1990 à Kattakadu, Puttlam, Sri Lanka. Il est le deuxième enfant des trois fils de ces pieux parents.

Il est entré au Séminaire du Saint Sacrement en 2007 et ensuite il a reçu son diplôme d’études supérieures à la faculté St Pierre à Colombo.

Puis il a commencé les différentes étapes de la formation religieuse dans la Congrégation et il a fait sa Première Profession le 2 août 2013. Il est ensuite entré au Séminaire National de Notre Dame de Lanka pour suivre ses études philosophiques et théologiques avec d’excellents résultats et la mention très bien (Summa Cum Laude).

Restant fidèle à l’Appel de Dieu tout au long de sa formation initiale, le P. Anton Rohitha a exprimé son ‘Oui’ perpétuel à Dieu le 21 novembre 2020.

Ensuite il a reçu le Saint Ordre du Diaconat le 22 novembre 2020 par Son Excellence Mgr Vianney Fernando, évêque de Kandy, en la chapelle du Scolasticat du Saint Sacrement. Le P. Rohitha a prêté son service en tant que Diacre à l’église St. Philippe Neri, Colombo et à l’église St. Thomas, Matale.

 

Ordination Sri

 

Ensuite, malgré les nombreux inconvénients dus aux normes de quarantaine pour l’actuelle situation de pandémie dans le pays, notre communauté du Saint Sacrement a eu la joie de voir notre frère monter à l’autel de Dieu et devenir un heureux récipient de ce don immuable de Dieu, l’Ordination Sacerdotale, le 15 juillet 2021, en l’église St. Philippe Neri, Colombo, par Son Excellence Mgr Valance Mendis, évêque de Chilaw. Le P. Anton Rohitha, prêtre nouvellement ordonné, a célébré sa première Eucharistie dans l’église de sa paroisse, Notre Dame de l’Immaculée Conception, à Daluwakotuwa, Negombo, le 25 juillet 2021. Nous, religieux du Saint Sacrement de la Province Christ Pain de Vie, souhaitons la bienvenue au P. Rohitha, notre frère, à notre Cénacle eucharistique, avec un amour fraternel inaltérable.

Nous prions avec ferveur aujourd’hui pour que notre Saint Fondateur Pierre-Julien Eymard et Notre Dame du Très Saint Sacrement accompagnent le P. Rohitha de leur amour paternel et maternelle dans la réalisation de l’apostolat que Dieu lui a déjà réservé. « Tu es sacerdos in aeternum ».

 

Frère Asiri Saparamadu, sss
Kandy, Sri Lanka, 2 août 2021

Ce n’est pas facile de raconter vingt ans de vie à Sant’Agata. Quand j’y pense ma tête se remplit de souvenirs, de visages, d’histoires, de joie et aussi de fatigue, de passages compliqués et aussi de quelques regrets.

Quand on a décidé en 1993 d’apporter un nouvel élan à Sant’Agata et de donner à cette présence une nouvelle occasion, j’étais heureux et je m’y suis engagé avec un grand enthousiasme. Au début avec Rizieri, Severino, Ugo, Guglielmo et ensuite avec d’autres confrères qui se sont succédés, nous avons partagé l’idée de créer une communauté qui soit le signe et le témoignage d’une vie eucharistique. Et le rythme de notre vie se basait sur les expressions qui pour nous étaient intéressantes afin de vivre à fond la dynamique de l’Eucharistie.

Le choix de la communion

Entre nous et avec ceux qui souhaitaient partager certains aspects de notre vie, nous avons toujours cherché à avancer en construisant la communion, comme relation, accueil de l’autre et capacité de nous aider.

Nous avons choisi de vivre une logique de service à travers le désir de mettre en valeur la présence des autres et d’accepter de vivre avec les autres. Ce service s’est exprimé aussi par la volonté de continuer à vivre une insertion dans les paroisses qui nous étaient confiées (Sant’Agata et Cancelli au début et ensuite aussi San Donato in Fronzano) pour essayer de construire une église de communion.

Un service aussi pour la terre. Comme chaque homme et femme nous avons accepté volontiers de travailler la terre propriété de la paroisse. Sans vouloir devenir des paysans, mais pour être des religieux et prêtres qui ne se sentent pas privilégiés mais qui s’insèrent à fond dans le tissu sociale et humain des gens qui vivent près d’eux.

À ceux qui nous accompagnaient nous demandions que le service (dans la maison, en cuisine, dans les champs) soit une expression concrète d’une Eucharistie qui demande disponibilité et partage. Nous n’étions pas intéressés par la quantité du service mais par le cœur mis à l’ouvrage même dans les gestes les plus simples et quotidiens.

Expérience de prière

La célébration et la prière ont toujours occupé une place importante pour nous en tant que communauté et aussi pour ceux qui venaient chez nous. Le rythme de la journée suivait la cadence de la prière : les laudes le matin, l’adoration et la célébration de l’après-midi.

Et devant l’Eucharistie pour recueillir de ce « signe dense de signification et de sens » l’invitation à la gratitude mais aussi à la responsabilité d’un nouveau style de vie.

Nous avons proposé l’Eucharistie comme une vie qui nous renvoie à la vie pour l’assumer comme l’occasion d’un don et d’une offre. Dans cette dynamique nous avons aussi impliqué les communautés paroissiales en leur offrant des espaces de prière et de célébration en commun avec nous et nos amis.

The Blessed Sacrament Fathers at Sant’Agata in Arfoli 1

Expérience de partage avec les laïcs

Il s’agit d’une expérience construite et vécue ‘avec’ eux. Les laïcs ont fait partie de notre communauté. Nous ne les avons jamais considérés comme des invités mais comme des protagonistes. Et ils ont accepté volontiers de se sentir comme tels. Avec eux nous avons partagé notre temps, les parcours de réflexion, le travail et la prière. Avec eux nous avons découvert une église ‘simple’, capable d’offrir l’accueil et la miséricorde, une église ouverte et attentive à tout le monde. C’est aussi une église qui se construit dans la réalité du quotidien de chacun d’eux, en essayant de rapporter dans les lieux de leur vie, la beauté et la force de ces intuitions.

Attentifs aux pauvres

Nous avons réservé un espace aussi à cette dimension. Partant de l’idée certaine qu’aujourd’hui la ‘grande pauvreté’ est liée à une pauvreté intérieure et de valeurs, nous avons pensé qu’il était nécessaire d’offrir à ceux qui participaient à notre vie, un espace intense de silence et de réflexion pour se réapproprier de leur propre vie et pour développer des attitudes d’attention profonde envers les autres.

Nous avons toujours pensé qu’à notre époque l’argent ne manque pas, nous en avons même trop, mais il est probablement mal distribué et souvent mal utilisé et gâché. Il nous manque plutôt un ‘cœur’ avec lequel vivre notre rapport avec l’argent et les choses. Il faut travailler pour une nouvelle justice et pour de nouvelles relations entre les hommes, mais on ne peut comprendre cela que quand on se place avec disponibilité devant Dieu, sa Parole et l’Eucharistie.

Joie et gratitude

Oui, en quantité ! pour tous ceux qui sont passés par là, pour les expériences partagées, pour les passages difficiles et les récoltes dramatiques, pour les espoirs naissants et pour le grand désir de repartir et recommencer à vivre avec intensité nos propres vocations.

Nous avons connu plein de gens, de tout âge et de toute provenance. Tous ont été un grand don pour nous. Nous en gardons le souvenir avec gratitude et affection.

Ensuite la rencontre avec l’Eurocamp nous a permis d’élargir ultérieurement les frontières et l’accueil. Préparer et vivre l’Eurocamp à Sant’Agata a été vraiment une très belle expérience. Un mélange de cultures, de langages et de sensibilité, comme si on vivait une nouvelle Pentecôte. Nous étions unis par l’envie de communion, de prière, de service et nous nous comprenions !

The Blessed Sacrament Fathers at Sant’Agata in Arfoli 2

Pastorale vocationnelle

On nous a toujours reproché qu’il n’y a pas eu de vocations SSS à Sant’Agata. Ce n’est pas vrai ! Si l’on entend par ‘vie SSS’ une vie motivée et illuminée par l’Eucharistie, ouverte au don et au service, au désir de nouvelles relations dans la famille, dans l’église locale et dans l’histoire, nous n’avons pas peur d’affirmer que Sant’Agata a été vraiment féconde. Il y a eu de nombreux choix de présence renouvelée, de nouvelle motivation des responsabilités dans la vie personnelle, une grande attention à l’église de provenance, de nombreux gestes de partage envers les pauvres et les derniers. La ‘famille eymardienne’ prenait consistance aussi au cœur de la réalité simple de Sant’Agata.

Quelques-uns ont tenté aussi de prendre le chemin vers l’insertion dans notre famille religieuse mais Dieu en a voulu autrement.

Du point de vue aussi de choix plus spécifiques, les histoires ne manquent pas : vocations à la vie religieuse, choix du diaconat permanent, expériences de volontariat radical, mais aussi la relance de couples, des familles qui ont retrouvé l’harmonie et la fécondité parentale, des choix de service en paroisse.

Pour moi repenser à Sant’Agata c’est comme ouvrir un grand livre et tourner les pages de noms et de visages, et rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’ils ont représenté pour moi et pour nous.

C’est une joie - et un réconfort - de savoir que même si Sant’Agata n’a pas poursuivi sa présence d’accueil, il reste cependant les ‘graines’ semées qui fleurissent en bien d’autres espaces. Plus que jamais Sant’Agata vit à travers de nombreux hommes et femmes, dans les souvenirs conservés précieusement dans l’esprit et dans le cœur de ceux qui en la quittant sont repartis avec confiance et espoir.

The Blessed Sacrament Fathers at Sant’Agata in Arfoli 3

Regrets et souffrances

Oui, bien sûr il y en a pas mal.

Le premier est de n’avoir pas réussi à créer un intérêt étendu dans notre Province. Peu de communautés se sont senties concernées par ce projet et par conséquent peu de communautés ont offert à leurs jeunes et leurs groupes l’opportunité de partager l’expérience de Sant’Agata.

Nous n’avons pas été capables de faire une bonne proposition ? Il y a eu des préjugés ? Nos tempéraments, notre manière de faire ne convenaient pas ? Tout est possible. Mais je suis certain d’une chose : nous y avons cru et nous y avons mis toute notre foi et notre volonté de vivre à fond une spiritualité de communion, de service et de contemplation que l’Eucharistie faisait naître en nous.

Et aujourd’hui?

Il est certain que je ne peux pas cacher mon regret de comment Sant’Agata s’est conclue ; mais surtout je regrette que nous n’ayons pas eu l’intuition de présences alternatives à travers lesquelles partager avec d’autres la passion pour ce que nous sommes et pour tout ce que nous considérons comme la beauté d’une vie eucharistique.

À Sant’Agata l’occasion était grande. Mais, outre ceci, je suis habité par une profonde sérénité : nous avons fait tout notre possible, nous nous sommes salis les mains dans un parcours pas toujours facile et dans des conditions pas toujours favorables.

Aujourd’hui j’ai le sentiment qu’il ne me reste plus qu’à rendre grâce au Seigneur pour tout ce que j’ai vécu et pour les opportunités qui nous ont été offertes.

Nous aurions pu faire plus, être plus créatifs, élargir les espaces, proposer encore plus, inventer des occasions et opportunités, mais dans tout ce que nous avons réussi à faire nous y avons cru et nous l’avons vécu avec joie.

 

Italie - Bulletin Spécial n.20, août 2021

Dimanche 25 avril 2021, dimanche du Bon Pasteur, la communauté de Madrid A. Sainz de Baranda a célébré le soixantième anniversaire de l’ordination sacerdotale du P. José María Lasierra Bernad. Aragonais, de la province de Huesca, né dans l’illustre localité de Ainsa il y a plus de 91 ans, José María a fait ses études pour le sacerdoce dans son propre diocèse et, désirant une vie plus contemplative, il porta son choix sur la Congrégation du Saint Sacrement. Il est entré dans notre noviciat de Tolosa en 1958 et, ayant été dispensé de la deuxième année de noviciat, il s’installa à Madrid avec la promotion des ordonnés de 1959, avec lesquels il fit à Madrid, l’année de pastorale, pour recevoir l’ordination sacerdotale le 9 avril 1961.

Le moment central de la journée était la célébration de l’Eucharistie à midi avec la participation de certains religieux SSS et de nombreux fidèles qui souhaitaient accompagner et remercier personnellement le P. Lasierra pour son dévouement et son service ministériel. L’Eucharistie était présidée par le P. José M. Lasierra en personne qui, dans son introduction, a fait référence à son pays et à l’origine de sa vocation.

Dans son homélie le P. José A. Rivera, sur la base du message du Pape François à la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, a fait un parallèle entre le cheminement sacerdotal du P. Lasierra et les trois mots-clés de la vocation indiqués par le Pape par rapport à la vie de Saint Joseph : les rêves, le service et la fidélité.

« Ton rêve de devenir prêtre, le service rendu à cette communauté et les soixante ans de ministère sacerdotal donnent la preuve de la maturité de ta vocation, pas comme sacrifice - a conclu le P. José Antonio en s’adressant au roi de la fête - mais comme signe de la beauté et de la joie de l’amour dont parle le Pape ».

Triple veteranLa célébration s’est conclue avec le beau témoignage éloquent de Mme Teresa Martínez, l’une des nombreuses paroissiennes avec lesquelles le P. Lasierra entretient une grande amitié depuis longtemps. Entre autres elle a dit : « [...] parfois il ressemble à un moine, un moine totalement dévoué aux autres. Les gens le cherchent, l’appellent au téléphone, il communique beaucoup avec eux. Nous l’aimons beaucoup, il le sait bien ».

La fête et la joie se sont poursuivies dans la salle à manger avec des plats délicieux préparés pour l’occasion et l’excellent gâteau auquel le P. Allen Peña nous a habitués. Le P. Dante Mejillano s’est occupé de la préparation de la cérémonie et de faire des photos. En cet anniversaire sacerdotal nous ne pouvons manquer d’évoquer aussi la longévité de la date de sa naissance et de ses 62 ans de présence ininterrompue dans cette communauté de Madrid A. Sainz de Baranda. Ici il a continué ce qu’il avait commencé à Tolosa et il a pu satisfaire son aspiration contemplative : l’adoration diurne et nocturne, l’office choral complet et le culte au Seigneur de l’Eucharistie.

Le P. José Maria Lasierra est la chronique vivante de cette communauté à travers sa présence continue de 1959 à maintenant. La référence à la ‘chronique vivante’ est soutenue par sa mémoire lucide des personnes et des évènements durant toutes ces années jusqu’à nos jours. De son côté il a rendu, et continue de rendre, de multiples services. Il a été supérieur de la communauté, il a exercé des services pastoraux, et durant de nombreuses années il s’est occupé de la sacristie et des fonctions de l’église ; il a été le ‘maître’ du chant et de l’orgue pendant des années. Également son œil vigilant relève tout évènement certain ou présumé en communauté ou en rapport avec elle ou l’un de ses membres. Il reste très attentif.

Le souvenir de son ordination sacerdotale nous amène à évoquer cette triple ancienneté : quatre-vingt-onze ans d’âge, soixante-deux ans de permanence ininterrompue dans cette communauté et soixante ans d’ordination sacerdotale. Nous le félicitons et lui souhaitons les plus abondantes bénédictions du Seigneur, présent et œuvrant dans l’Eucharistie, que lui-même a choisi de suivre il y a soixante-trois ans.

 

Père Ildefonso Martín Herrero, sss
Madrid, Espagne - Bulletin n.19, juillet 2021

Les scolastiques Christophe Mendy et Francisco Mendy suivent leur parcours formatif en Colombie depuis 2018. Ils viennent de la Province Notre Dame d’Afrique, Sénégal.

En effet, dans le cadre du processus formatif du Scolasticat, après avoir conclu la théologie en Colombie (Province Saint Jean XXIII), nous commençons une nouvelle expérience au Brésil (Province Notre Dame de Guadeloupe). Mais, avant de partager ce début d’expérience, nous souhaitons exprimer nos remerciements à tous les confrères de la Province Saint Jean XXIII. Nous avons beaucoup apprécié nos trois années à Bogota et surtout les moments de partage fraternel dans les différentes communautés de Colombie et en particulier avec chaque frère.Le dimanche 11 juillet 2021, après avoir terminé l’étape du Scolasticat (études théologiques) c’est-à-dire les trois ans de théologie à Bogota, nous sommes arrivés au Brésil pour faire une nou-velle expérience de vie commune et de découverte de notre charisme dans ce pays.

À notre arrivée le 11 juillet, nous avons été accueillis par la communauté du pré-noviciat (le cénacle Emmaüs à Dom Cabral). L’accueil était très fraternel de la part de tous les jeunes qui sont en formation dans ce cénacle. En particulier nous remercions les pères Elissandro Santos SSS (directeur du pré-noviciat) et Eduardo Sales SSS (supérieur de la communauté) de leur accueil vraiment chaleureux à notre arrivée. Ce même dimanche de notre arrivée nous avons eu la joie de partager le repas du midi avec, outre les membres de la communauté du pré-noviciat, la présence du père Marcelo da Silva SSS, supérieur provincial qui tenait à nous souhaiter la bienvenue au nom de toute la Province. Dans les jours qui suivirent notre arrivée, nous avons rendu visite aux communautés de Boa Viagem, Caratinga et Rio de Janeiro où nous avons pu connaître d’autres confrères qui nous ont eux aussi très bien accueillis.

D’un autre côté, avec l’aide du père Elissandro, nous avons eu l’occasion de diriger la retraite demie-année des aspirants à Caratinga sur le thème : vocation et spiritualité eucharistique à la lumière du Don de Soi.

De fait, cette retraite nous a donnés l’opportunité d’échanger avec nos frères qui se trouvent dans cette étape du pré-noviciat, afin qu’ils puissent approfondir la richesse de notre charisme et de notre spiritualité en particulier par rapport à la fraternité comme pilier central de cette étape du processus formatif. Et ceci à la lumière des écrits de notre père fondateur Saint Pierre-Julien Eymard. Ce fut aussi pour nous scolastiques un moyen de redécouvrir et surtout de nous laisser interpeler et renforcer par la beauté et la richesse de la vocation eucharistique.

Et maintenant, en attendant de commencer notre cours de portugais pour pouvoir contribuer (à partir de la pastorale) au projet de la Province Notre Dame de Guadeloupe, nous souhaitons remercier la Clas qui nous a donnés la possibilité de faire cette nouvelle expérience dans le but, d’une part de découvrir et connaître la Province Notre Dame de Guadeloupe, et d’autre part de pouvoir en même temps échanger avec les frères de cette Province. Nous remercions donc à l’avance tous les confrères de la Province Notre Dame de Guadeloupe.

 

« Nous souhaitons exprimer nos remerciements à tous les confrères de la Province Saint Jean XXIII et à la Clas qui nous a donnés la possibilité de faire cette nouvelle expérience. »

 

Frères Christophe Mendy et Francisco Mendy, sss
Colombie, NOTIBIP 72 - Août 2021

vendredi, 27 août 2021 09:03

Fête de Saint Eymard

Le 2 août de chaque année est une journée solennelle pour la Famille Eymardienne et le décret de 1995 nous rappelle que le Pape Jean-Paul II désigna Pierre-Julien Eymard entre tous les fidèles comme ‘un apôtre éminent de l’Eucharistie’. Notre famille religieuse continue à promouvoir la mission eucharistique héritée du fondateur à partir de la source de l’Eucharistie comme centre de la vie chrétienne et force renouvelée de la société et du monde.

Très souvent, chaque contexte socioculturel où il y a une présence SSS dans le monde, vit et développe la mission eucharistique d’une manière différente selon la créativité des religieux, même si l’Eucharistie englobe toute la réalité humaine.

Suivant la tradition culturelle et religieuse colombienne, les gens sont plus disponibles pendant les fins de semaine pour participer aux activités religieuses telles que la célébration de l’Eucharistie. Cela explique le fait que les religieux de Colombie ont célébré la fête du fondateur le dimanche 1er août afin de favoriser une plus grande participation des fidèles de nos communautés SSS.

 

Triduum « Avec Saint Pierre-Julien Eymard marchons dans la foi »

 

Feast of Saint Eymard 1

La communauté de la Maison Vocationnelle a réalisé un Triduum en préparation à la fête du fondateur sur le thème : « Avec Saint Pierre-Julien Eymard marchons dans la foi » dans le but d’aider les fidèles de la communauté locale à une meilleure approche de notre spiritualité eucharistique et de leur faire connaître un peu le charisme du fondateur. En effet, la plupart d’entre eux ne connaissent pas notre spiritualité car, même s’ils fréquentent la communauté, ils vivent détachés de notre source eucharistique.

Dans cette perspective, le triduum de cette année a été réalisé avec un chronogramme qui faisait brièvement le tour de la vie du fondateur à l’aide d’une rencontre formative qui a eu lieu le lendemain de la célébration eucharistique. Le 2ème jour, nous avons continué dans la même logique en montrant comment la spiritualité eucharistique eymardienne fut nourrie constamment par la Parole de Dieu à travers une structure conjuguant la Parole à des réflexions eucharistiques. Pour finir le dernier jour a traité du culte eucharistique hors de la messe par la méthode des quatre (4) fins du sacrifice, en prolongeant la célébration eucharistique vécue précédemment.

C’est en suivant cet ordre de préparation que nous sommes arrivés à la célébration de la Fête liturgique de Saint Pierre-Julien le dimanche 1er août à 9h00 à la Maison Vocationnelle. Suivant notre héritage spirituel concernant la prolongation de l’Eucharistie célébrée autour de la table, par la suite, un partage a eu lieu avec les participants dans le cadre de cet événement très important dans la vie de notre famille religieuse.

Comme dernière activité de cette journée commémorative et suivant la tradition de notre Province Saint Jean XXIII, tous les religieux SSS présents à Bogotá se sont réunis à la Paroisse Corpus Christi dans la célébration eucharistique de midi présidée par le Père Carlos José Sierra, Vicaire provincial, suivie par le partage du repas, point culminant de ce jour de fête dans la vie de notre petite famille de la Province Saint Jean XXIII.

 

Père Elibien Joseph, sss
Bogotá, Colombie, 2 août 2021

La fête patronale de laParoisse Saint Pierre-Julien Eymard

 

D’abord tout au Seigneur

La fête patronale a eu lieu le dimanche 1er août. « D'abord, il faut être tout à lui [Seigneur]… » (PO 38,4). Tout a commencé le 23 juillet 2021 par une Neuvaine de prière avec Saint Pierre-Julien Eymard, en s'appuyant sur les méditations du père Eymard, sur les différentes parties de la célébration eucharistique. Pour une participation fructueuse du fidèle, le célébrant du jour présentait l’essentiel du message du père Eymard pendant l’homélie et les chrétiens pouvaient approfondir leurs méditations par des opuscules mis à leur disposition.

Une journée de prière sur la Sainte famille et le père Eymard a eu lieu le jeudi 29 juillet 2021 au Sanctuaire Notre Dame de La Salette. Elle était articulée autour de la prière, de la méditation, des réflexions et d’un partage d’expériences à partir des pensées du père Eymard sur la Sainte Famille. Douze pèlerins se réunirent à la Chapelle Eymard de La Mure pour un temps de prière autour de l’Évangile de la présentation de l’Enfant Jésus au Temple (Lc 2, 22-40). L’Enfant Jésus apporte amour, miséricorde, vitalité à la sainte Famille et à toutes les familles. Il élimine tout isolement, toute indifférence en favorisant l’ouverture aux autres personnes parce que Jésus est le trésor et le centre d’amour de toute famille : « Ainsi ma maison, ma famille, mon centre, c'est le Jésus de la maison de la Société que j'habite » (NR 44,115).

Ensuite, les pèlerins se sont dirigés en covoiturage vers La Salette. Ils ont participé à la Messe célébrée à l’honneur de la famille des saints : Marie, Marthe et Lazare. Ils sont des modèles de régénération de la vie fraternelle par la prière, le pardon et la réconciliation, le travail et l’ouverture aux autres. Le partage des expériences de vie est important comme l'ont constaté les pèlerins lors de la dernière halte de méditation dans l’enceinte du sanctuaire. Ainsi la prière, la vie fraternelle et le service sont des bases de vitalité familiale, sans oublier le pardon. Quand la maladie, les difficultés, les incompréhensions s’y invitent, la prière sauve. Avec Jésus-Christ au centre, rien n’est jamais définitivement bloqué. Des voies meilleures finissent toujours par s’ouvrir... et l’un des pèlerins de constater : « on peut se réconcilier avec l’autre même après sa mort ». Le travail n’est pas en reste. Lieu de sanctification de la famille (Col. 3, 17-25), le secret du travail consiste à bien fixer le temps de l’action, l’exécuter et l’achever avec une intention surnaturelle (cf. St P.-J. Eymard, NR 115).

Eucharistie, fête de la fraternité

« [L’Eucharistie] c’est la riante fête de la fraternité que nous pouvons faire durer toujours » (PG 244,7). Après l’Adoration animée et les visites guidées des lieux eymardiens de La Mure la veille, environ cent cinquante chrétiens se sont rassemblés le dimanche 01 août dans l’unique célébration eucharistique de la fête de Saint Pierre-Julien Eymard, Patron de la paroisse. Mgr Guy de Kérimel, Évêque du Diocèse de Grenoble-Vienne l’a présidée. Il était entouré d’une douzaine de prêtres dont le P. Eugênio Barbosa Martins, Supérieur général, P. Domenico Avogadro et P. Matteo Magri, respectivement Supérieur et Économe de la Province Notre-Dame du St Sacrement (Italie-Espagne), P. Joseph Phuoc, Procureur général, deux délégués du Sanctuaire Notre-Dame de La Salette, des confrères de la Communauté de Colombier et de La Mure. L’essentiel du message de l’homélie de l’Évêque, peut se résumer ainsi : la faim de l’Absolu, de l’Eucharistie, notre trésor, est la véritable faim de l’homme. D’où l’importance de retrouver le chemin de l’intériorité, de l’amour divin (Lire l’intégralité à la page suivante).

D’un versant de la fête à l’autre. « Par elle [Eucharistie], on est parent, on mange à la même table, on a le même Père qui est dans les cieux » (PG 242,3). Pour la première fois depuis cette pandémie, la paroisse a offert un verre et un repas à tous dans la salle paroissiale, même le Maire de la ville était présent. Les chrétiens auraient-ils entendu cette demande du père Eymard : « Comment, dit saint Paul, n'aurions-nous pas un même esprit de charité, nous qui mangeons le même pain eucharistique? [cf. 1Co 10,17] Jésus-Christ est alors tout en tous. » (PG 242,3).

 

Père Thaddée Mupapa, sss
Supérieur à La Mure, France

 

 

« St Pierre-Julien est un véritable apôtre qui veut annoncer l’Évangile et conduire les hommes à accueillir l’amour de Dieu dans l’Eucharistie et à s’unir à Lui par l’offrande d’eux-mêmes. »

+ Guy de Kérimel

Homélie

mgr eveque guy de kerimel grenobleLa faim fait partie des expériences les plus fondamentales, les plus basiques de l’être humain. Il a une nécessité impérative de se nourrir s’il veut vivre. Dieu notre Créateur a mis à sa disposition les biens de la nature pour qu’il y trouve de quoi se rassasier. Dieu l’a créé pour qu’il vive et Il lui donne en surabondance de quoi vivre, même dans le désert où Il conduit son peuple, les fils d’Israël, après la sortie d’Égypte ; Jésus a nourri les foules, Lui aussi, en multipliant les cinq pains et les deux poissons pour rassasier ceux qui le suivaient.

Cependant l’homme ne vit pas seulement de pain : au fond de lui-même, il a faim de sens, faim d’amour, faim de vérité, faim d’absolu. Dans une société de consommation cette faim est étouffée : l’être humain est alors plus préoccupé de rassasier sa chair que de rassasier son âme. L’homme moderne a négligé et blessé son âme en pensant trouver dans les réalités de ce monde de quoi combler son être. Ce que nous constatons tous les jours dans notre monde contemporain, Saint Pierre-Julien le constatait de son temps. Jésus Lui-même est lucide sur ce qui motive les foules à Le chercher ; en effet Il vient de les nourrir copieusement: « Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme », leur dit-il.

Plus l’être humain dispose de biens matériels, plus il est tenté d’y trouver le sens de sa vie, et d’en faire une nourriture de substitution pour son âme. En réalité, par manque de nourriture spirituelle, son âme dépérit et s’enfonce dans les ténèbres. Quand, dans une société, tout est ordonné à la croissance matérielle et à la jouissance des biens matériels, elle passe à côté du plus grand trésor qui puisse exister et la combler : le pain de la vie, l’Eucharistie.

Seul le Christ peut rassasier la faim de nos âmes. Cette faim-là se fait à nouveau de plus en plus sentir, dans notre monde matérialiste désabusé. Il semble aujourd’hui que les diverses crises que nous traversons réveille la faim d’autre chose. Nos âmes ont été trop négligées ces dernières décennies ; il est temps de prendre soin d’elles, de les laver dans le sacrement de la réconciliation et de les nourrir du pain de vie, à la table de la Parole et à celle du Corps du Christ. Par les temps qui courent, elles ont besoin de retrouver des forces.

Saint Pierre-Julien est attiré, depuis son enfance, par l’Eucharistie, par Jésus vivant, réellement présent dans le Saint Sacrement, sur l’autel et dans le tabernacle. En réponse à l’appel de Dieu, il devient prêtre de notre diocèse de Grenoble ; ainsi, au Nom de Jésus, Il nourrit les croyants en leur distribuant le pain de la vie. Comme prêtre, il vit intensément la célébration de l’Eucharistie ; il a le souci de répondre au don de Dieu en étant lui-même tout à Dieu, en demandant la grâce de se donner réellement à Dieu. C’est ce qui le pousse à renoncer à un ministère de prêtre diocésain pour se tourner vers la vie religieuse.

Dans les méditations de ses retraites, dans ses examens de conscience, il estime ne pas s’être encore réellement donné à Dieu. Peu à peu, alors qu’il est devenu mariste, il comprend l’appel de Dieu à créer, dans l’Église, une communauté d’hommes qui feront de l’Eucharistie le centre de leur vie et seront les apôtres de ce grand sacrement, pour faire découvrir aux baptisés et au monde ce trésor méconnu. C’est ainsi que la congrégation des Pères du Saint Sacrement est fondée non seulement pour honorer et adorer Jésus-Christ dans le Saint Sacrement, mais aussi pour conduire à la communion eucharistique ceux qui n’y ont pas accès. Dans les grandes villes du XIXème siècle, beaucoup d’enfants, à cause de leur travail précoce, ne pouvaient pas être catéchisés, ni faire leur première communion. A Paris, St Pierre-Julien développe l’Œuvre de la première communion. C’est bien de nourrir les corps, mais s’occuper des corps et des âmes est mieux.

La Mure 1

Saint Pierre julien Eymard souffre de constater combien l’Eucharistie est méconnue et négligée. Hélas, ce constat reste vrai aujourd’hui. Beaucoup de baptisés ne s’alimentent plus, parce que leur foi est défaillante et mal éclairée. D’autres communient avec indifférence, sans rien attendre de cette communion qui n’est même pas une rencontre avec le Christ vivant. D’autres à qui le prêtre ou un paroissien a porté la communion mettent le Corps du Christ dans un tiroir où il risque de moisir lentement. Jésus vient à nous, vient chez nous et nous n’en faisons pas cas ; Il vient chez nous et nous restons en dehors de nous-mêmes.

St Pierre-Julien est un véritable apôtre qui veut annoncer l’Évangile et conduire les hommes à accueillir l’amour de Dieu dans l’Eucharistie et à s’unir à Lui par l’offrande d’eux-mêmes. L’Eucharistie est pour lui un feu divin qui l’embrase et le pousse à se mettre à son service pour lui permettre d’embraser le monde. Le Concile Vatican II dira plus tard que l’Eucharistie est source et sommet de l’évangélisation ! (Presbyterorum ordinis, 5) C’était bien l’intuition de St Pierre-Julien. Pour lui, comme pour les Pères conciliaires, l’évangélisation est le fruit de la communion au sacrement de la charité et de l’union profonde avec le Christ : c’est pourquoi, après la messe, ne faisant plus qu’un avec le Christ, nous sommes envoyés en mission ; l’amour du Christ nous pousse à témoigner par la parole et par les actes. « Source et sommet » : par ailleurs la Parole de Dieu accueillie dans les cœurs conduit à la communion avec le Christ vivant dans le sacrement de l’Eucharistie. L’évangélisation n’est pas achevée tant que les personnes évangélisées n’ont pas été initiées au plus grand des sacrements, tant qu’elles ne se sont pas unies réellement au Christ dans l’Eucharistie.

L’Eucharistie est l’épanchement de l’amour divin livré aux hommes ; elle est la présence réelle de Jésus à l’œuvre pour guérir et sauver le monde. Que le feu de l’amour divin, qui brûlait au cœur du saint de La Mure, brûle dans le cœur de tous les baptisés pour le partager à toute l’humanité !

 

+ Guy de Kérimel 
Évêque de Grenoble-Vienne, France

Page 34 sur 40