Joseph Le Phuoc
Réflexion des formateurs SSS sur les textes de Ensemble/Together 92 thème : « Eucharistie et écologie »
éditorial
Raviver notre passion pour
la Spiritualité Eucharistique (SE)
Chères sœurs et frères de la Famille Eymardienne,
C’est avec une immense joie que je vous présente ce numéro spécial de notre bulletin SSS International tout en vous réitérant mon souhait d’un bon temps de Pâques.
Cette édition se veut spéciale parce qu’elle ne rapporte pas, comme d’habitude, le vécu au quotidien de nos implantations, mais un feedback du dernier numéro de la revue Ensemble/Together.
Je saisis cette occasion pour exprimer notre gratitude à toutes les maisons de formation qui ont répondu à notre appel à contribution. En effet, dans l’effort de concrétisation de notre Chapitre général, qui nous recommande l’approfondissement de la figure du Fondateur et de notre spiritualité, nous invitons toutes les communautés, et en particulier les maisons de formation, à s’approprier les informations que mettent à notre disposition la Commission Théologique Internationale et celle des écrits du Fondateur. C’est dans cette perspective que nous avons demandé à toutes nos maisons de formation de nous partager leur réception du numéro 92 de l’Ensemble/Together.
Nous vous présentons ici les témoignages qui nous sont parvenus de la part de certains de nos formateurs et de nos jeunes en formation.
Ce numéro spécial s’inscrit pleinement dans notre cheminement de formation permanente avec un double objectif:
- Raviver notre passion : Nous voulons encourager chacun de nous à redécouvrir, avec un regard neuf, les écrits de notre Fondateur et la richesse de notre spiritualité. Nous voulons rappeler que pour nous la lecture des matériaux qui nous sont fournis ne doit pas être considérée seulement comme une étude, mais aussi comme un souffle pour notre mission.
- Enrichir notre regard : Lire à travers les yeux de l'autre permet d'approfondir sa propre compréhension. En partageant ces échos venus du monde entier, nous nourrissons notre propre spiritualité de l’expérience vécue par nos frères et sœurs.
Que cet échange renforce notre lien spirituel et nous pousse à approfondir toujours plus le mystère de l'Eucharistie qui nous unit. Il se veut aussi une invitation à pouvoir toujours créer un espace communautaire de partage des documents qui nous arrivent de notre hiérarchie.
Bonne lecture à toutes et à tous !
Père Anaclet Bambala Mazina, sss
Vicaire général
Eucharistie, écologie et faim humaine : faire la paix avec la création - Une réflexion formative dans le contexte du Noviciat de l’Inde
Un pain rompu pour un monde brisé
La réflexion sur l’Eucharistie, l’écologie et la faim humaine ressort clairement de l’enseignement de l’encyclique Laudato Si’ du pape François. Au cœur de cet enseignement se trouve une conviction profonde : le cri de la Terre et le cri des pauvres ne font qu’un, et la véritable adoration eucharistique ne nous appelle pas à nous détourner de la souffrance du monde, mais à nous y plonger avec compassion et responsabilité. Pour les novices de la Congrégation du Saint-Sacrement à Goa, qui vivent au milieu des contrastes de l’Inde – croissance, faim et fragilité écologique –, l’Eucharistie devient une force formatrice et missionnaire, façonnant la manière dont nous voyons le Christ dans le peuple affamé et dont nous y répondons concrètement. Elle nous met au défi de laisser l’Eucharistie façonner notre façon de voir, de prier, de vivre et de répondre.
« Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien » : la faim humaine dans le contexte indien
En Inde, la faim persiste malgré l’abondance de nourriture, touchant les enfants, les femmes, les travailleurs migrants et les communautés autochtones. À Goa, elle se manifeste souvent par l’insécurité alimentaire, le chômage et la marginalisation des communautés de pêcheurs et d’agriculteurs. À la faim matérielle s’ajoutent des faims sociales et spirituelles de dignité, d’appartenance et de sens, toutes exacerbées par la dégradation de l’environnement qui touche le plus durement les pauvres. Pour les novices SSS, la faim n’est pas une idée abstraite. C’est un défi eucharistique. Aimer l’Eucharistie, c’est répondre à ceux qui manquent de pain quotidien. L’Eucharistie nous enseigne que le culte et le service, l’adoration et la compassion, ne peuvent être séparés.
« Prendre, bénir, rompre, donner » : l’Eucharistie et la faim
L’Eucharistie n’est pas seulement la présence sacramentelle de Jésus sur l’autel; c’est aussi un appel puissant à reconnaître le Christ dans la souffrance. En Matthieu 25,35, Jésus s’identifie aux affamés: « J’avais faim et vous m’avez donné à manger ». Cet enseignement ne permet aucune division entre dévotion et justice. Le pain que nous recevons renvoie aux vies brisées de ceux qui manquent de nourriture quotidienne, nous rappelant que la véritable dévotion eucharistique doit mener au partage et à la solidarité. Tout comme le Christ devient pain pour la vie du monde, nous sommes nous aussi appelés à être du pain rompu pour les autres, faisant de la faim non seulement une préoccupation sociale, mais une responsabilité profondément eucharistique.
À l’écoute de l’histoire et du cri des pauvres
La faim en Inde n’est pas accidentelle, mais elle trouve ses racines dans l’exploitation historique, un développement injuste et la rupture de l’harmonie entre les personnes et la terre. L’adoration eucharistique nous enseigne à écouter les cris réels des agriculteurs, des pêcheurs et des travailleurs migrants, nous aidant à voir la faim non pas comme une statistique, mais comme une blessure partagée causée par des structures injustes. Les Écritures nous rappellent que la création est un don dont il faut prendre soin, et l’Eucharistie rétablit les relations avec Dieu et avec la création – nous appelant à la gestion responsable, à la solidarité et à la sollicitude plutôt qu’à la domination et à l’exploitation.
Le noviciat : un temps de conversion intérieure
Le noviciat est une période sacrée et privilégiée de formation. Si les novices n’ont peut-être pas le pouvoir de résoudre la faim ou l’injustice structurelle, ils sont invités à vivre une conversion intérieure. Les attitudes envers le confort, la consommation, les privilèges et le gaspillage sont progressivement purifiées. À travers la prière, l’adoration, le silence et la réflexion, la faim n’est plus lointaine; elle devient le visage blessé du Christ. La gratitude pour la nourriture, la sensibilité à l’injustice et le respect de la création commencent à s’enraciner. L’Eucharistie façonne lentement le novice pour en faire une personne compatissante, prête à servir et à partager.
De l’autel à la vie : l’Eucharistie comme réponse à la faim
Au noviciat du Saint-Sacrement à Goa, la réflexion sur la dimension écologique de l’Eucharistie a des implications concrètes. L’Eucharistie que nous célébrons et adorons est le sacrement de l’amour qui est donné. Elle nous interpelle à la simplicité dans une culture de plus en plus axée sur la consommation et le statut social.
Ce que nous vivons aujourd’hui au noviciat
- Planifier soigneusement les repas pour éviter le gaspillage alimentaire; réutiliser les restes de manière responsable.
- Introduire au moins un repas simple chaque vendredi, en signe de solidarité avec les pauvres.
- Privilégier les aliments locaux, de saison et issus d’une production durable, afin de soutenir les petits agriculteurs et les pêcheurs.
- Pratiquer une discipline stricte en matière d'eau : nous réparons immédiatement les fuites, limitons la consommation excessive et réutilisons l'eau pour arroser les plantes.
- Réduire l'utilisation du plastique en évitant les bouteilles, les couverts et les emballages jetables.
- Mettre en place le tri des déchets et le compostage des déchets organiques.
- Entretenir un jardin communautaire (légumes, herbes aromatiques ou arbres) dans le cadre du travail de formation.
- Prendre l'habitude de se demander après la prière du soir: « Comment cette Eucharistie veut-elle être vécue aujourd'hui? »
- Favorisez une culture de fraternité inclusive au-delà de la langue, de la région, de la caste ou des origines.
- Célébrer l’Eucharistie selon le rite indien comme une expression inculturée et écologique de la foi.
- Pratiquer la responsabilité partagée: rotation des services, utilisation transparente des ressources, prise de décision commune.
- Aborder les conflits par le dialogue et la réconciliation sous la forme d’une clarification émotionnelle, et non par le silence ou l’évitement.
- Pratiquer régulièrement le silence et la simplicité, en résistant à la stimulation constante du numérique et de la consommation.
- Encourager l’accompagnement spirituel qui aide les novices à identifier honnêtement leurs propres soifs intérieures.
Ce à quoi nous nous engageons
- Relier intentionnellement l’adoration eucharistique aux cris des personnes et de la création (intentions spécifiques).
- Relier la réflexion sur les Écritures aux enjeux de la vie réelle: la faim, l’injustice, l’environnement et l’espoir.
- Veiller à ce que chaque activité communautaire majeure (célébration, fête, projet) inclut:
- une attention aux pauvres,
- un choix écologique,
- et un moment d’action de grâce.
- Soutenir les travailleurs migrants et les familles pauvres de la région.
- Participer aux efforts de la paroisse ou du diocèse en matière d'éducation, d'accès aux soins de santé et de sensibilisation juridique pour les personnes marginalisées.
- Intégrer régulièrement une réflexion écologique lors des prières communautaires ou des journées de recueillement.
- Encourager les novices à passer du temps à écouter les pauvres, et pas seulement à les servir.
Devenir Eucharistie pour le monde
Le dialogue entre Laudato Si’, la Règle de Vie et la spiritualité de saint Pierre-Julien Eymard affirme une vérité: toute faim est en fin de compte une faim de communion. Dans une société divisée par les castes, la religion et les classes sociales, la spiritualité eymardienne nous appelle à vivre la fraternité, le pardon et la vie en communauté. La faim humaine n’est pas seulement comblée par la charité, mais par une manière eucharistique de devenir pain rompu pour les autres. Depuis le noviciat du Saint-Sacrement, à Goa, nous affirmons que l’Eucharistie est la réponse de Dieu aux nombreuses faims de l’Inde d’aujourd’hui, façonnant notre vision, notre mode de vie et notre mission pour témoigner de l’espoir, de la justice, de la communion et du soin de notre maison commune.
Père Martin Peter Raja, SSS
Maître des novices
Province Kristu Jyoti, Inde
Eucharistie et Écologie intégrale - Une lecture de Ensemble/Together 92 à l’occasion des 10 ans de Laudato Si’
Introduction
La célébration des dix ans de l’encyclique Laudato Si’ du Pape François constitue pour nous, Religieux du Saint-Sacrement, un moment privilégié de réflexions. Face à la crise écologique mondiale, l’Église nous rappelle que la question environnementale n’est pas uniquement scientifique ou économique, mais aussi morale et spirituelle. L’écologie intégrale proposée par le st père relie la foi chrétienne, la justice sociale, la dignité humaine et le respect de la création. Au cœur de cette vision se trouve l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. Dès lors, comment notre spiritualité eucharistique peut-elle éclairer et nourrir la conversion écologique aujourd’hui? Pour répondre à cette question, nous montrerons d’abord en quoi l’Eucharistie constitue le sommet de l’écologie intégrale. Ensuite, nous présenterons quelques idées du Magistère écologique du pape François comme un appel prophétique. Enfin, nous mettrons en lumière la dimension écologique de notre spiritualité.
I. L’Eucharistie, sommet de l’écologie intégrale
L’Eucharistie est définie par le Concile Vatican II comme la source et le sommet de la vie chrétienne[1]. Quant au Pape François, « dans l’Eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation »[2]. Cette affirmation révèle la dimension cosmique du sacrement : le pain et le vin, fruits de la terre et du travail humain, sont assumés par le Christ pour devenir sacrement de salut. Ainsi, la création n’est pas étrangère au mystère eucharistique ; elle y est intégrée et transfigurée. En célébrant l’Eucharistie, nous reconnaissons que la terre est un don et non une simple ressource à exploiter. Communier au Christ implique : prendre soin de la maison commune et défendre les plus pauvres, les premières victimes des déséquilibres écologiques. L’Eucharistie restaure les relations brisées entre Dieu, l’humanité et la nature, et devient ainsi fondement d’une véritable éthique écologique.
II. L’appel prophétique du Magistère écologique
L’encyclique LS souligne avec force que la terre « crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle »[3]. Ainsi, la crise écologique que traverse le monde n’est pas seulement une crise liée au cosmos, mais aussi une crise morale et spirituelle. Pour le pape, s’il y a désert extérieur, c’est parce qu’il y a le désert intérieur[4]. La crise écologique est le symptôme d’une crise plus profonde : celle du cœur humain. La déforestation et la pollution témoignent d’un usage irresponsable des biens que Dieu a confiés à l’humanité. Dans notre contexte africain et particulièrement en République Démocratique du Congo, la coupe abusive des arbres et l’exploitation incontrôlée des ressources naturelles provoquent un déséquilibre grave de l’écosystème. Les experts révèlent la disparition de certaines plantes médicinales et autres produits forestiers, la rareté des bêtes et animaux, et comme conséquence, il y a la famine. Nous pensons à la suite du st père que détruire l’ordre de la création, c’est troubler l’harmonie voulue par Dieu. D’où, l’appel à toute la famille humaine à la conversion écologique.
III. La conversion écologique au cœur de la spiritualité eucharistique SSS
Notre Règle de Vie nous invite à approfondir sans cesse le mystère eucharistique et à accueillir les signes des temps. La crise écologique fait partie de ces appels pressants. Pour nous, religieux du Saint-Sacrement, l’écologie intégrale découle naturellement de notre charisme. L’expérience spirituelle du Père Eymard à Saint-Romans illustre bien cette dynamique. Dans la contemplation de la nature, le père Eymard découvre la bonté de Dieu manifestée dans les créatures. La création devient pour lui un miroir divin et une échelle mystique conduisant à l’adoration. Ainsi se dessine une dynamique spirituelle: contempler, adorer, rendre grâce, puis s’engager. L’Eucharistie nous appelle à reconnaître la présence du Christ non seulement dans le Sacrement, mais aussi dans les pauvres et dans la création blessée. Chaque messe devient alors une école d’écologie intégrale et un envoi en mission pour travailler à la transfiguration du monde.
Conclusion
La célébration des dix ans de LS nous invite à renouveler notre engagement spirituel et missionnaire. L’Eucharistie, cœur de notre vie religieuse, est aussi le cœur de notre réponse à la crise écologique et aux faims de l’humanité. En devenant des hommes profondément eucharistiques, nous devenons des artisans de réconciliation entre Dieu, l’humanité et la création. Que cette commémoration ravive en nous la contemplation, la conversion du cœur et l’engagement concret pour la sauvegarde de la maison commune.
Père Jean-Willy Mupila, SSS
Scolasticat Inter Africain Emmaüs
Province Bx Isidore Bakanja, R.D.Congo
[1] Concile Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium, n° 11.
[2] François (Pape), Lettre Encyclique Laudato Si’ sur la sauvegarde de la maison commune, Kinshasa, Médiaspaul, 2015, n° 236.
[3] Ibid., n° 2.
[4] Ibid., n° 217.
Le Noviciat Interafricain ‘le Cénacle’ a l’accueil de la revue Ensemble/Together n.92, sur l’écologie et l’eucharistie
Le numéro 53 de la Règle de Vie sss, rappelle que le noviciat s’inspire de la catéchèse du baptême et la continue. Or, toute catéchèse place Dieu au centre des préoccupations. Et il est très évident que Dieu se laisse trouver dans chaque expérience qui exprime bonté et amour. Ces qualités vivent généreusement à travers la relation qui va de l’homme à soi-même, aux autres créatures et à Dieu. Nous voulons retracer ici les pistes directives que notre fervente lecture nous a fait découvrir dans ce contenu plein de richesses ; ceci en rapport avec le quotidien du noviciat interafricain, suivant les trois axes de la vie religieuse sss.
1. La prière pour une action de grâce avec la création
On peut lire dans les actes des apôtres, la contemplation oisive des pensionnaires du cénacle regardant le ciel dépourvu du Maître, alors que celui-ci s’en était allé au paradis (Ac 1,9-12). En effet, la création recèle le propre du Créateur. Les cris d’oiseaux, des mammifères… à l’aube et à l’unisson, ne rappellent-ils point jusqu’où ces vivants sont-ils dans l’action de grâce ! Et saint Pierre Julien Eymard exhortait, dans l’une de ses lettres, de « tenir son âme dans l’action de grâce car c’est l’exercice le plus agréable ». Bien plus, la prière sss est forcément liée à la création. Le numéro trente-six de Laudato Si’ se propose « l’Eucharistie comme un acte d’amour cosmique », étant elle-même le fruit de la production de la terre. Le P. John Keenan sss n’hésite pas d’écrire à ce sujet : « L’Eucharistie est profondément liée à l’écologie par son ancrage dans la création et son symbolisme cosmique ». Elle est l’offrande de la terre à l’humanité et à Dieu. Partant, lors de nos adorations silencieuses, nos retraites annuelles, recollections mensuelles, sessions, notre participation au sacrement de réconciliation, nos lectures spirituelles quotidiennes, nous percevons le bonheur de la nature qui s’unit à nous dans la prière. Ainsi, est-il permis de rentrer en soi pour y réaliser l’incommensurabilité du Créateur.
2. Au service de nos frères, sœurs et de la nature
À partir du deuxième chapitre des actes des apôtres, la porte du cénacle est ouverte. Cela est précédé par la réception de l’Esprit-Saint. Désormais les cœurs à tâtons sont compressés par une puissance toute nouvelle. Saint Pierre Julien Eymard commentait cet évènement à ces termes : « c’est de l’amour de Jésus que partent les apôtres, pour aller évangéliser toutes les nations, au milieu de tous les dangers et tous les sacrifices de l’apostolat » (RA 18,5; OC VIII, 472). À plusieurs reprises dans la Bible, l’Esprit-Saint s’identifie à l’une des formes de la nature. Il est lui-même une force qui cohabite avec la création. Détruire la terre c’est oser détruire l’Esprit-Saint. Comme religieux sacramentins notre quête quotidienne qui part du cénacle, nous envoie répondre à l’urgente exigence d’assouvir les faims auxquelles notre monde fait face : faim d’injustice, de mensonge, de toute forme de violence, vol, tueries… car tous ces maux lèsent la création jusqu’à la racine de son âme. L’initiation à la vie de service nous prépare à apprivoiser la terre, notre lieu de pèlerinage tout à lui garantir protection. Apprendre à cohabiter réellement avec la nature, c’est apprendre à élever sa conscience jusqu’à l’amour. Les auteurs d’Ensemble/Together mettaient ainsi en exergue l’équilibre et l’harmonie qui doivent exister entre la relation de la vie individuelle, celle de la nature et la promotion des valeurs en société. De cette façon, notre vie au noviciat à travers nos multiples tâches (élevage, agriculture, floriculture…) souligne cet aspect du don de soi par le service.
3. Nous voulons être frères et sœurs pour tous les êtres créés
Nous partons de la conviction tel que : Tout l’agir chrétien vise à faire de tout homme un frère sans distinction de race, de culture, de langue encore moins de nationalité, voire de religion. Nous sommes donc frères aussi bien avec nos semblables en humanité, qu’avec toute la création, le monde. C’est pour cette bonne raison que le noviciat interafricain met en valeur la diversité culturelle et l’internationalité. Nous venons de sept pays d’Afrique : le Sénégal, les Congo-Brazza et Kinshasa, le Mozambique, l’Ouganda, le Cameroun, enfin la Guinée Bissau. C’est au nom de cette fraternité d’ailleurs que nous sommes unis au reste de la création et par notre sens d’appartenance, nous saisissons le Noviciat comme un bien commun où chaque génération peut tirer profit. En effet, la solidarité avec la création est une façon de reconnaître les douleurs, les blessures et la misère qu’elle subit : la pollution par l’émission de dioxyde de carbone généré par des industries, la production excessive de la fumée, le jet des déchets chimiques toxiques, dans l’espace, et plus souvent dans des vastes étendues d’eau ; la gestion anarchique de déchets, l’exploitation abusive et exagérée du sous-sol. Le changement climatique, nous en connaissons aussi les impacts dont les conséquences minent encore la planète. A tout dire, Ensemble/Together nous invite à une conversion du cœur. Car jamais la création ne sera tranquille si l’humanité elle-même se pervertit.
Père César Da Cruz, SSS
Noviciat interafricain ‘le Cénacle’
Province Notre Dame d’Afrique, Sénégal
Réflexion sur Laudato Si’
Introduction
L’encyclique Laudato Si’ du pape François appelle l’Église et toute personne de bonne volonté à renouveler sa relation avec la création. Elle présente la protection de l’environnement non pas comme un supplément facultatif, mais comme une dimension intégrante de la vie de disciple chrétien et de la responsabilité pastorale. En tant que postulants nous préparant à la vie religieuse et au ministère sacerdotal, nous sommes invités à intégrer la conversion écologique dans notre formation spirituelle, notre pratique pastorale et notre témoignage quotidien de l’Évangile. À partir de là, la formation devient un processus holistique qui façonne l’esprit, le cœur et les habitudes en vue de l’épanouissement de toute la famille humaine et de la terre qui la nourrit.
« Cette réflexion n’est donc pas seulement un exercice d’étude, mais un engagement: une promesse d’intégrer le souci de la création dans nos vies spirituelles, notre ministère pastoral et notre témoignage quotidien de l’Évangile dans un monde marqué à la fois par la beauté et la fragilité. »
Intégrer l’écologie dans la formation
L’intégration de l’écologie dans le programme du postulat nécessite une conception intentionnelle du programme d’études et une mise en pratique concrète. Les études théologiques incluent les fondements scripturaires de la sauvegarde de la création, l’enseignement social de l’Église et l’anthropologie théologique qui considère la création comme un don confié à l’humanité. Les formateurs peuvent intégrer Laudato Si’ dans les cours de théologie morale, de ministère pastoral et de liturgie afin que les préoccupations écologiques ne soient pas des sujets isolés, mais qu’elles s’inscrivent dans le tissu même de l’identité sacerdotale.
La formation doit également cultiver des compétences pratiques. Les séminaristes doivent s’initier à un mode de vie durable, à une consommation éthique et à une gestion basée sur la communauté. Des ateliers sur les économies d’énergie, la réduction des déchets et l’agriculture durable permettent aux futurs ministres de montrer l’exemple et d’enseigner des pratiques responsables dans les paroisses et les communautés religieuses. Ces compétences préparent les postulants à accompagner les laïcs confrontés à des inquiétudes écologiques et à proposer des réponses réalistes, enracinées dans la foi.
Pratiques concrètes et le jardin comme salle de classe
Un jardin peut être un lieu de formation puissant. Travailler la terre enseigne la patience, l’humilité et l’interdépendance. Dans un endroit comme le nord du Sri Lanka, où la lumière du soleil et les rythmes agricoles façonnent la vie quotidienne, s’occuper d’un jardin devient à la fois une discipline spirituelle et une pédagogie pastorale. Le jardinage forge des habitudes: il favorise la gratitude pour les dons de la saison, cultive l’empathie envers ceux qui travaillent la terre et révèle les limites du contrôle humain face aux changements climatiques.
Des activités pratiques telles que le jardinage communautaire et les expériences d’agroécologie à petite échelle créent des occasions de prière, de réflexion et de renforcement de la communauté. Elles concrétisent également la critique du consumérisme formulée dans l’encyclique en encourageant un mode de vie plus simple, ancré dans le soin plutôt que dans la consommation. À mesure que les postulants apprennent à planter, tailler et récolter, ils intériorisent des leçons sur la gestion responsable qui façonneront leur prédication, leur accompagnement et leur leadership communautaire.
Formation spirituelle et pastorale et l’exemple de saint François
Laudato Si’ s’ouvre sur l’exemple de saint François d’Assise, dont l’amour po ur la création incarne une spiritualité d’émerveillement et de fraternité. Une formation qui aspire à la conversion écologique nourrit donc des dispositions intérieures: la révérence, la gratitude et l’attention contemplative au monde naturel. Les pratiques de prière comprennent des liturgies centrées sur la création, des retraites en plein air et des méditations scripturaires qui mettent en lumière la présence de Dieu dans la création.
La formation spirituelle exige également une conversion des désirs. L’appel de l’encyclique à un nouveau style de vie met les postulants au défi de dépasser les habitudes consuméristes pour s’orienter vers la simplicité, la solidarité et la sobriété. Cette conversion n’est pas simplement une ascèse personnelle; c’est une posture pastorale qui permet aux futurs prêtres d’accompagner les communautés dans leurs choix durables et de plaider en faveur de politiques qui protègent les personnes vulnérables et l’environnement.
Nous exerçons notre ministère dans des contextes où la dégradation écologique se conjugue à la pauvreté et à l’injustice sociale. La formation doit donc inclure des compétences pastorales en matière de plaidoyer, d’organisation communautaire et de discernement éthique. Les postulants seront formés à l’écoute des communautés locales, à faire entendre la voix de ceux qui sont les plus touchés par les atteintes à l’environnement, et à collaborer avec les mouvements laïcs et la société civile.
Défis et appel à la conversion
L’intégration de l’écologie dans la formation se heurte à des défis pratiques et culturels: ressources limitées, demande de compétences et attitudes consuméristes bien ancrées. Surmonter ces obstacles exige de la créativité, un engagement institutionnel et une volonté de redéfinir les priorités. Les communautés de formation doivent être prêtes à montrer l’exemple, en adoptant des pratiques durables dans leurs propres maisons et en démontrant que la conversion écologique enrichit la vie communautaire plutôt qu’elle ne l’appauvrit.
L’appel est en fin de compte un appel à la conversion - personnelle, communautaire et structurelle. Il demande aux postulants d’adopter une vision de la vocation qui inclut le soin de la création comme élément essentiel de la fidélité pastorale. Cette conversion façonnera la manière dont les prêtres prêchent, dont les communautés vivent et dont l’Église témoigne de l’Évangile dans un monde meurtri.
Conclusion
Laudato Si’ invite les postulants à une formation à la fois profondément spirituelle et concrètement pratique. En intégrant la réflexion théologique, des pratiques concrètes comme le jardinage et la formation pastorale, les programmes de formation peuvent former des prêtres qui incarnent un nouveau style de vie fait de simplicité, de solidarité et de gestion responsable. Ce faisant, ils ne se contenteront pas de préserver la maison commune, mais renforceront également la capacité de l’Église à accompagner les pauvres, à guérir les relations et à proclamer l’Évangile avec intégrité. Le chemin commence par de petits pas fidèles: apprendre à aimer la création comme le faisait saint François, cultiver des habitudes qui témoignent d’un autre mode de vie, et s’engager dans une conversion permanente qui honore Dieu, le prochain et la terre.
Père Priyantha Angodage SSS
Frère Noel Shean Thiyagarajha
Frère Jude Malinda Sampath Perera
Postulat, Province Christ Pain de Vie, Sri Lanka
En quoi chaque article de ce 92e numéro de Ensemble-Together aborde-t-il la question de la faim de l’humanité dans votre contexte particulier
À la lumière de l’Eucharistie, la plus riche source d’une nourriture complète pour tous les besoins les plus profonds des êtres humains, de la société et du monde, conformément à la Règle de Vie de notre Congrégation et au 92e numéro de Ensemble-Together (décembre 2025) composé de cinq articles, les types de faim humaine dans mon contexte particulier sont identifiés comme suit.
1. La faim d’une harmonie universelle entre les êtres humains, l’écologie et le Créateur divin
La réflexion du père Camille Gagnon m’a aidé à identifier les faims de l’humanité dans mon contexte, le Vietnam: la faim d’un environnement marin sûr, d’une aquaculture, d’une pêche et d’une conservation saines et responsables, ainsi que du développement scientifique des ressources marines. Actuellement, selon les médias d'État, l'industrie de la pêche vietnamienne s'efforce de mettre en place un système de gestion des pêches maritimes conforme aux normes internationales afin de faire lever le carton jaune pour violation des réglementations internationales en matière de pêche maritime. Cette solution, à la lumière de la théologie écologique, témoigne d'une bonne volonté et d'un engagement à protéger la mer, à construire un mode de vie et un travail en harmonie avec la nature.
Cet article m’inspire également, dans le cadre de mes fonctions, de ma position et de ma profession, à éduquer et à faire de notre scolasticat un environnement de vie harmonieux et respectueux de la nature, de l’humanité et de Dieu. Cela implique notamment de planter des arbres autour des résidences du monastère, afin d’offrir à nos frères des espaces calmes, verts et propres où ils puissent prier, adorer, étudier, se détendre, boire du thé ou du café. De plus, il y aura des célébrations liturgiques pour prier en faveur de la protection de la nature, comme l’a établi le pape Léon. Cela implique également d’intégrer la messe universelle dans le catéchisme ou les cours de théologie eucharistique, en tant qu’outil éducatif visant à promouvoir la compréhension et l’amour d’un mode de vie harmonieux entre la foi, la pratique liturgique et les pratiques de protection écologique.
2. La faim de l’art de bien vivre, comme le désire Dieu le Créateur
À la lumière de l’article du père Nilindra Gunesekera, basé sur les fondements bibliques et théologiques de l’écologie, je reconnais la faim de mon peuple pour un art de bien vivre. C’est une vie de paix, de joie et d’harmonie dans la bonté, telle que Dieu le Créateur l’a initialement voulue. D’un point de vue théologique, l’art de bien vivre consiste à accepter Dieu comme le Créateur, le maître, le protecteur et le juge de l’univers. Selon l’article du père Nilindra, l’art de bien vivre consiste en ce que « l’humanité doit gérer tous les systèmes écologiques, même si toutes les formes de vie, y compris elle-même, deviennent fécondes et se multiplient. [...] La maîtrise de l'humanité sur la création elle-même consiste à préserver et à améliorer la bonté que le Créateur a louée dans Sa création. » (Ensemble-Together, 92, pp. 16-17).
Un style de vie vertueux porte des fruits existentiels dans l’environnement naturel et humain, tels que l’amour et le sacrifice volontaire pour le bien commun de la nation et du monde, exprimés à travers la réflexion, l’éducation, des systèmes structurés et des actions dans la mission de construction, de développement et de préservation des réserves naturelles et des services écosystémiques. Par exemple, l’industrie minière, l’agriculture, la pêche et la sylviculture sont des trésors donnés par Dieu au peuple vietnamien. Malheureusement, ceux-ci sont exploités de manière destructive plutôt que d’être préservés, appréciés et développés pour le bien commun, comme Dieu l’avait préconisé. Le coût élevé de la déforestation et de la destruction de l’environnement se traduit par des inondations dévastatrices, le changement climatique, la pollution atmosphérique, etc.
Mon pays d’origine a fait des progrès significatifs en matière de développement, mais il est toujours confronté à des faims humaines qui vont au-delà des besoins physiques fondamentaux pour s’étendre à des aspirations sociales, économiques et spirituelles complexes.
Au niveau des besoins physiques, de nombreux travailleurs des zones industrielles urbaines et agriculteurs des zones rurales aspirent à des conditions de vie sûres, stables et dignes. Face à des soins de santé inadéquats, aux médicaments contrefaits, à la malnutrition, au retard de croissance et aux carences en micronutriments, tant les citadins que les ruraux aspirent à un accès fiable et équitable à des soins de santé de qualité, à l’eau potable, à l’assainissement, à la sécurité alimentaire et à la sécurité en matière de médicaments.
De plus, sur le plan économique et social, il existe une forte exigence d’emplois stables, de meilleures conditions de travail et d’opportunités de développer des compétences professionnelles et techniques de haut niveau dans une économie en pleine évolution comme celle du Vietnam. Malgré les succès obtenus en matière de réduction de la pauvreté dans mon pays, d’importantes inégalités persistent en termes de revenus et d’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux ressources, ce qui suscite un besoin d’une plus grande justice sociale et d’équité, en particulier dans les zones rurales et montagneuses.
Le Vietnam compte 54 groupes ethniques minoritaires et une population âgée en forte expansion; par conséquent, les défis liés aux droits fonciers, à la protection sociale et à des soins de santé de qualité révèlent un besoin de soutien ciblé et d’inclusion pour ces groupes vulnérables. En outre, à mesure que l’urbanisation s’accélère, le public aspire de plus en plus à un environnement propre, sûr et sain, des problèmes tels que la pollution nécessitent une attention particulière.
Sur le plan des aspirations morales et spirituelles, un problème urgent se pose dans le domaine social et spirituel: la dégradation de la pensée, de la moralité et des comportements dans certains secteurs affaiblit la confiance du public dans les institutions et les dirigeants, ce qui témoigne d’un besoin de leadership éthique, de transparence et de discipline sociale. Au milieu d’une modernisation rapide et des changements du style de vie, il existe un besoin de liens communautaires plus forts, de relations familiales stables et d’un sentiment d’identité collective et d’appartenance.
Comme tous les peuples, les Vietnamiens partagent un désir humain fondamental de sens, d’idéaux de vie et d’un objectif qui dépasse le gain matériel, que les croyances traditionnelles et la société moderne ont parfois du mal à satisfaire. En tant que chrétien au sein de ma nation, le Christ m’enseigne, dans l’Eucharistie, l’art de bien vivre par l’amour et le service volontaire, à travers l’incarnation, l’entrée dans le monde et le don de soi pour le plus grand bien des autres, de mon pays et du monde, comme l’a fait le Christ.
3. La faim d’une responsabilité éthique pour prendre soin de ce monde, et non pour le détruire
D'après mon expérience pratique, le développement de mon pays a été influencé par le matérialisme dialectique, qui met trop l'accent sur l'efficacité économique matérielle tout en négligeant la responsabilité morale. En lisant l'article du père John Keenan, je me souviens d'une des aspirations de mon peuple: la responsabilité éthique envers l'écosystème et le cadre de vie humain. Par exemple, les magnifiques paysages naturels et les précieuses forêts du Vietnam font partie de notre patrimoine commun, mais ils sont menacés par une exploitation irresponsable et par le développement d’autres services qui ne profitent qu’à des investisseurs individuels. Beaucoup d’entre nous aspirent à un environnement propre, s’inquiétant de la pollution dans nos villes et de la perte de précieuses forêts à la campagne due au développement. Cela met en évidence l’urgence de cette faim écologique, en particulier une faim de compréhension éthique de l’écologie.
En tant qu’homme eucharistique, à la lumière de l’article du Père Keenan (Ibid., p. 41-49), je prends conscience que l’Eucharistie utilise les dons les plus fondamentaux et les plus sacrés de la terre: le pain fait de céréales et le vin issu du raisin. Cela me rappelle que toute la création est un don sacré confié aux soins de l’humanité, et non une simple ressource à exploiter. La communion avec le Christ, avec les autres et avec toute la création dans les formes sacramentelles de l’Eucharistie m’appelle à une « conversion écologique »: être un gardien qui protège cette terre sacrée comme notre maison commune, et non un consommateur qui la détruit. À travers la célébration eucharistique, moi-même, ainsi que l’Église de mon pays, en tant que peuple sacerdotal de Dieu dans le Christ, nous offrons avec gratitude au Dieu Créateur l’univers tout entier donné à l’humanité, symbolisé par le pain et le vin, produits choisis de la terre créée par Dieu. Partant d’une conception biblique de l’écologie comme don de Dieu à l’humanité pour qu’elle la cultive et y vive, les catholiques vietnamiens sont appelés à assumer une responsabilité éthique pour prendre soin de la terre et contribuer à la reconstruction de la justice sociale pour tous.
4. La faim d’une vie véritablement bonne dans une connexion holistique
L’article du père Olivier Ndondo sur l’écologie selon la pensée du pape François (Ibid., p. 51-66) m’amène à comprendre la faim de l’humanité dans mon contexte: la faim d’une vie véritablement bonne en lien intégral avec Dieu le Créateur, la Terre et l’humanité. En effet, dans un monde qui évolue aussi rapidement que le Vietnam, les gens se sentent souvent désorientés, aux prises avec des défis éthiques, des préoccupations liées à la corruption, à la prolifération de produits de mauvaise qualité ou dangereux, et à l’injustice générale qui détériore la confiance du public et blesse les plus vulnérables. Les gens recherchent un sens durable au-delà des réalisations matérielles. Cela comprend une faim spirituelle et morale de confiance, d’intégrité, de justice socio-environnementale, de paix, de vérité et de bonté, d’une éducation intégrale à l’écologie ainsi qu’un mode de vie centré sur soi tout en respectant la nature, la diversité humaine et culturelle, et le sens de la vie.
5. La faim de connaissance, d’amour et de glorification de Dieu dans sa création
Vivant dans une société en pleine mutation comme celle du Vietnam, je fais le point sur moi-même et constate que les gens sont emportés par le tourbillon chaotique, artificiel et illusoire des mass-médias. Ils sont entraînés par les vents de la célébrité, du pouvoir, du profit et des plaisirs matériels éphémères et dénués de sens. Cela rend les gens indifférents et insensibles aux besoins spirituels et à la réalité sacrée qui existent en eux et autour d’eux.
Cette situation se retrouve également, dans une certaine mesure, au sein de communautés religieuses comme la nôtre. Dans un tel contexte, j’ai lu dans l’article du Père Manuel Barbiero un lien habile entre les réflexions écologiques tirées de Laudato Si’ du pape François, les écrits de saint Eymard et la Règle de Vie SSS, qui m’ont fait prendre conscience, dans le cadre de notre scolasticat, du besoin d’un regard contemplatif sur la création, dans laquelle Dieu révèle sa présence vivante et son amour sans limites pour l’humanité. Cet univers est une bénédiction joyeuse accordée par Dieu afin que l’humanité puisse partager la vie et la bonté de Dieu. L’une des attitudes qui conviennent à la contemplation est un esprit de reconnaissance, louant Dieu pour ses œuvres merveilleuses dans cet univers. À mon avis, la prière d’adoration eucharistique est une école de regard contemplatif, animée par un esprit d’amour ardent, d’écoute attentive, de louange reconnaissante et de communion intégrale avec Dieu, l’humanité et toutes les créatures sur terre et au ciel, ainsi que par un engagement concret à aller prendre soin de tous les êtres vivants dans notre maison commune.
Pour conclure ma réponse, je prie pour que la grâce que chaque religieux vietnamien sss a reçue dans la communion eucharistique, inspire chacun à devenir une source de nourriture pour les faims de mon Vietnam, tout comme nous sommes nourris par la présence du Christ dans les formes eucharistiques du pain et du vin pour alimenter nos corps physiques, renforcer la morale communautaire et prendre soin de notre maison commune.
Père Joseph Thang, SSS
Scolasticat
Province Martyrs Vietnamiens, Vietnam
Chapitres Provinciaux/ Régional - 2026
p. Rodolphe p. Jean-Jacques p. Frédéric p. Emerlin
Région Cardinal Emile Biayenda
Le Chapitre s’est déroulé du 2 au 7 mars 2026. Le nouveau Conseil régional est le suivant:
5 mars 2026
Supérieur Régional P. Jean-Jacques Nkodia
1er Conseiller et vicaire Régional P. Rodolphe Mboya
2e Conseiller et secrétaire Régional P. Frédéric Malanda
3e Conseiller et économe Régional P. Emerlin Mbongo
Célébration du 5ème Chapitre Régional
Du 1er au 8 mars 2026, la Région Cardinal Emile Biayenda (Congo-Cameroun) était dans la Joie de célébrer son 5ème Chapitre Régional. Avec la Participation de 25 capitulaires, l’événement a été couronné par la présence de deux hôtes de marques, à savoir : le Père Philip Benzy Romician, Supérieur Général et du Père Anaclet Bambala Mazina, Vicaire Général chargé de l’Afrique.
Célébration d’une haute envergure, elle connut lors de la célébration de la messe d’ouverture, la présidence de son Excellence Monseigneur Bienvenu Manamika Bafouakouhou, archevêque métropolitain de Brazzaville. Ce dernier, après avoir rappelé l’importance d’un chapitre dans son homélie, insista sur sa proximité à la Congrégation, car, il aspira chez nous pendant ses premiers pas de son cheminement vocationnel. Il précisa qu’il n’était pas renvoyé. Cependant, son départ était causé par le fait qu’il ne se sentait pas disposé à vivre l’internationalité.
Les dés étant jetés, les travaux de ce 5ème Chapitre se déroulèrent autour du thème: Repartir du Cénacle pour nous réapproprier notre mission eucharistique. En effet, face à une thématique aussi inspirante et inspirée, les réflexions menées étaient à la hauteur de répondre aux deux aspects essentiels et substantiels sur le « devenir Province » de la Région, à savoir: administration du personnel et administration financière.
Ainsi, arrivé au 5ème jour, les capitulaires ont procédé au renouvellement de l’équipe directrice de la Région après le biais des votes qui donnèrent ce qui suit :
Supérieur Régional : Père Jean-Jacques NKODIA
1er conseiller et vicaire : Père Rodolphe MBOYA MATONA
2ème conseiller et secrétaire : Père Frédéric MALANDA
3ème conseiller et économe : Père Emerlin MBONGO
Voilà la nouvelle équipe, qui à travers l’autorité du Chapitre a reçu le témoin pour diriger ou mieux présider à la destinée de la Région.
Fait à Pointe Noire (Congo)
Père Divin Maboundou Ngongo, sss
Un évêque SSS pour le diocèse d'Anuradhapura, Sri Lanka

Mgr Sagara Jayamanne SSS
La période de l’Avent 2025 a apporté une immense joie à la Province du Christ, Pain de Vie, de la Congrégation du Saint-Sacrement au Sri Lanka, car l’un de ses membres a été appelé à servir en tant que pasteur principal du diocèse d’Anuradhapura, connu sous le nom de Rajarata. Le terme Rajarata, qui signifie « terre des rois », reflète l’héritage ancestral de la région, tandis qu’Anuradhapura est traditionnellement interprété comme « la ville gouvernée par quatre-vingt-dix rois », soulignant son importance historique et culturelle. Géographiquement, le diocèse s’étend sur les districts administratifs d’Anuradhapura et de Polonnaruwa, couvrant environ 10.260 kilomètres carrés.
La région est majoritairement bouddhiste, la communauté catholique formant une minorité modeste mais solide au sein d’une population d’environ 1,3 million d’habitants. Elle a été érigée en préfecture apostolique d’Anuradhapura le 19 décembre 1975, issue des diocèses de Jaffna et de Trincomalee-Batticaloa. Le diocèse d’Anuradhapura a été officiellement érigé le 18 mars 1982. À l’heure actuelle, le diocèse comprend 13 paroisses desservies par 12 prêtres diocésains et 11 prêtres religieux. En outre, plusieurs congrégations religieuses masculines et féminines contribuent activement à son action pastorale et missionnaire.
Le 16 décembre 2025, Sa Sainteté le pape Léon XIV a nommé le révérend père Mohottige Don Nishantha Sagara Jayamanne, SSS, quatrième évêque du diocèse d’Anuradhapura. Membre dévoué de la Congrégation du Saint-Sacrement, Mgr Sagara apporte avec lui un riche héritage spirituel ancré dans la spiritualité eucharistique inspirée par saint Pierre-Julien Eymard.
Né le 25 juin 1970 à Bopitiya, dans l’archidiocèse de Colombo, sa vocation sacerdotale s’est développée dès son plus jeune âge. Il a poursuivi ses études de philosophie et de théologie au Séminaire national Notre-Dame de Lanka, à Ampitiya, Kandy, et a été ordonné prêtre le 13 mai 2000 à Bandiruppuwa, une paroisse administrée par les religieux SSS. Poursuivant sa formation universitaire, il a obtenu une licence en philosophie à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin – Angelicum, à Rome, ce qui lui a permis d’acquérir de solides bases intellectuelles pour son ministère pastoral et son travail de formation au sein de la Congrégation.
La nomination de Mgr Sagara reflète magnifiquement un thème biblique profond, celui du retour à sa terre d’origine, un retour aux sources profondément enraciné dans le dessein providentiel de Dieu, puisque sa mère est originaire de la terre même de son diocèse. Elle revêt non seulement une importance administrative, mais aussi une symbolique spirituelle faisant écho au motif scripturaire de la restauration et de l’appartenance, où Dieu rappelle ses serviteurs élus à l’endroit qu’il a préparé pour eux. Comme le déclare le Seigneur: « Je vous ramènerai au lieu dont je vous avais exilés » (Jérémie 29,14), cette nomination peut être considérée comme l’aboutissement d’un parcours divin, qui le ramène à ses racines pour servir parmi son propre peuple. Cela nous rappelle que la vocation ne concerne pas seulement la mission, mais aussi l’identité, l’héritage et le plan de Dieu qui se déploie dans la vie de son Église. Ainsi, son retour n’est pas fortuit, mais profondément significatif; c’est un signe de continuité, de grâce et des voies mystérieuses par lesquelles Dieu rassemble son peuple et le guide à travers ceux qui sont appelés parmi eux.
|
L’ordination épiscopale solennelle, qui s’est déroulée à la cathédrale Saint-Joseph d’Anuradhapura, a ouvert le début d’une ère pleine de vie et de grâce en ce 28 février 2026, un événement d’une grande importance ecclésiale. La liturgie a été présidée par l’évêque émérite du diocèse d’Anuradhapura, Mgr Norbert Andradi, OMI, dont la présence a conféré à la fois dignité et continuité à la succession apostolique. |
La cérémonie a attiré un rassemblement impressionnant, comprenant des membres de la Conférence épiscopale du Sri Lanka, un grand nombre de prêtres, de religieux et de religieuses, ainsi que des fidèles laïcs venus de toute l’île, des représentants du gouvernement et des hauts responsables de la sécurité. Leur présence collective reflétait l’unité et le dynamisme de l’Église au Sri Lanka, ainsi que l’importance du ministère épiscopal dans sa vie et sa mission.
La célébration a été particulièrement enrichie par la participation de dignitaires issus des traditions religieuses du bouddhisme, de l’hindouisme et de l’islam, dont la présence a constitué un puissant témoignage d’harmonie interreligieuse et de respect mutuel. Cet esprit d’inclusivité a élevé l’événement au-delà d’une simple cérémonie ecclésiastique, soulignant sa résonance sociale et culturelle élargie.
Mgr Winston Fernando, SSS, évêque émérite de Badulla, et Mgr Raymond Wickramasinghe, évêque de Galle, ont officié en tant que co-consécrateurs lors du rite solennel de l’ordination épiscopale. L’homélie a été prononcée par Son Éminence le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, dont les réflexions ont offert une vision spirituelle profonde des responsabilités et du caractère sacré du ministère épiscopal, inspirant tant le clergé que les laïcs.
La présence de membres de la Congrégation du Saint-Sacrement (SSS) venus de l’étranger a constitué un aspect particulièrement joyeux de la célébration. Parmi eux se trouvaient les Révérends Pères Roel Dela Cruz, SSS (Philippines) et Francisco Junior Marques, SSS (Brésil) de la Curie générale, le Père Philip Watkins, SSS, supérieur provincial de la province du Saint-Esprit en Australie, le père Peter Jayakanthan, SSS, supérieur provincial, et le père Peter Fernandes, SSS, tous deux de la province Kristu Jyoti en Inde, ainsi que le père Emilio Mossa, SSS, du Mozambique. Leur participation a souligné le caractère international, la fraternité et l’esprit missionnaire de la Congrégation. La cérémonie d’ordination n’était pas seulement un événement liturgique marquant, mais aussi une expression profonde de foi, de communion et de service. Elle témoignait de la force durable de l’Église, de la richesse de ses traditions et de son engagement à favoriser l’unité tant au sein de sa propre communauté que dans la société au sens large.

|
De gauche à droite, les pères SSS: Emilio Mossa, Mozambique, Peter Fernandez, Inde, Peter Jayakanthan, provincial Inde, Justin Chawkan, provincial Sri Lanka, Mgr Winston Fernando, Mgr Sagara Jayamanne, Philip Watkins, provincial Australie, Francisco De Oliveira, conseiller général, Roel Dela Cruz, conseiller général |

La devise et les armoiries de Son Excellence Mgr Sagara reflètent sa profonde spiritualité eucharistique et sa foi catholique profondément enracinée. Sa devise épiscopale, « Ex Fide in Fidem », qui signifie « Par la foi pour la foi », s’inspire de la Lettre de saint Paul aux Romains (Rm 1,17). Elle exprime son engagement inébranlable à vivre par la foi et à guider les autres sur le même chemin de la foi.
Les éléments de ses armoiries sont riches en symbolisme et en signification ecclésiale. Le galero vert, associé à la croix de procession, à la mitre et à la crosse, symbolise son ministère épiscopal et sa responsabilité pastorale en tant que berger de l’Église. Au centre, l’hostie sacrée brisée et l’ostensoir doré soulignent la place centrale de l’Eucharistie dans sa vie spirituelle, ainsi que sa vocation au sein de la Congrégation du Saint-Sacrement. Cet élément souligne son dévouement à la spiritualité et au ministère eucharistiques. Le lys blanc représente saint Joseph, patron du diocèse, symbolisant la pureté, l’humilité et la protection fidèle. La branche d’olivier symbolise la paix et l’harmonie entre les diverses communautés du diocèse. Les images de la terre fertile, du plant de riz, de l’arbre et des eaux qui coulent reflètent la richesse agricole d’Anuradhapura et la population agricole. Ces symboles véhiculent les thèmes de la croissance, de l’humilité et de la culture de la foi parmi le peuple. Les anciens piliers de pierre rappellent l’héritage historique et spirituel de la région, reliant la mission actuelle de l’Église à son riche passé. Enfin, le fond bleu rend hommage à la Mère de Dieu, Notre-Dame du Saint-Sacrement, qui incarne le modèle parfait de la foi, de l’obéissance et de la dévotion.
En prenant la tête du diocèse d’Anuradhapura, Mgr Jayamanne se voit confier la tâche de guider un troupeau diversifié et dispersé, en favorisant la foi, l’unité et le zèle missionnaire dans une région riche en histoire mais marquée par des défis pastoraux uniques. Sa nomination constitue un événement mémorable de grâce non seulement pour le diocèse d’Anuradhapura, mais aussi pour la Congrégation du Saint-Sacrement et l’Église de Sri Lanka dans son ensemble, alors que l’Église poursuit sa mission de témoignage et de service sur la terre de Rajarata.
Père Manuel Asirvadam, SSS
CEE à Casper, dans le Wyoming pour la retraite «Vivre une vie eucharistique»
SSS Grapevine
Une publication de la Province de Sainte Anne (USA)
13 mars 2026 - 7
«Qu'est-ce qu'une mission paroissiale? » « Que faites-vous lorsque vous êtes en déplacement pour ces retraites? » Ce ne sont là que quelques-unes des questions qui me sont posées lorsque j'accepte d'animer des missions paroissiales ou des retraites deux fois par an pour le Centre d'Évangélisation Eucharistique (CEE). Le CEE reçoit encore chaque année quelques demandes de retraites paroissiales. Mona Grigsby-Suarez, notre directrice, et moi-même pouvons animer certaines retraites, comme vous l’avez lu dans le dernier numéro de Grapevine n° 6 de 2026.
Ce Carême, l’église Saint-Patrick de Casper, dans le Wyoming, a demandé à l’auteur de ces lignes d’animer une retraite de mission paroissiale sur l’Eucharistie et d’organiser une journée catéchétique sur la messe et l’exposition du Saint-Sacrement afin de partager ces thèmes avec la communauté paroissiale, en particulier avec ceux qui vont devenir catholiques lors de la veillée pascale. La retraite commence par les messes du week-end, et le thème choisi dans notre boîte à outils du CEE est « Vivre une vie eucharistique ». J’ai également choisi un chant que la paroisse utilisera chaque jour pendant la mission paroissiale.
Pour celle-ci, nous avons choisi « This is a Day of New Beginnings » (C'est un jour de nouveaux départs), avec le texte poétique et puissant de Brian Wren, mis en musique par Lori True.
Ce week-end, nous avons entendu l’Évangile de la « Femme au puits ». Quelle merveilleuse façon de commencer une retraite ou une mission paroissiale, car nous nous reconnaissons très bien dans cette femme sans nom, qui a une grande conversation théologique avec le Christ. Nous aussi avons nos propres moments de foi où nous interrogeons le Christ et approfondissons notre foi en lui, ce qui nous encourage à évangéliser. J’ai demandé aux participants: « Que laissez-vous dans votre jarre, près du puits? »
Pour ceux qui ne peuvent pas conduire la nuit, je propose des rencontres après la messe du matin, où je prêche l’homélie du jour, et nous prolongeons la messe par l’exposition du Saint-Sacrement. Le premier jour, j’ai présenté à la paroisse les « 4 fins du sacrifice de la messe », ou les 4 styles de prière d’Eymard.

Ils adorent apprendre cette méthodologie – A-R-T-E : Adveniat Regnum Tuum Eucharisticum – Que vienne ton Règne eucharistique! Ils retiennent facilement cet anagramme car je mets l’accent sur la prière devant le Saint-Sacrement à travers leur « adoration », leur « réparation–pour le pardon », leur « action de grâce » et leur « supplication » ou requête.
Il y a une petite blague qui dit que A-R-T-E c’est aussi l’abréviation de « always ready to eat » (toujours prêt à manger)! Ou bien prier et vivre l’Eucharistie dans nos vies. J’ai également proposé, après une messe, un temps de questions-réponses, une occasion de « mettre le prêtre au défi » pour en apprendre davantage sur la messe ou d’autres sujets catholiques.
Le deuxième jour de la retraite, je me suis concentré et j’ai prié avec les stations de saint Pierre-Julien Eymard, telles qu’elles figurent dans un livret de neuvaine bilingue. Cette paroisse célèbre la messe uniquement en anglais, nous avons donc suivi ce texte et les « huit moments » ou phrases qui ont marqué la vie d’Eymard. Tout en nous concentrant sur sa vie, nous nous sommes également penchés sur nos problèmes contemporains dans la prière de la neuvaine, dans le cadre de l’exposition.
Les huit stations sont les suivantes :
- Le « don de soi ».
- Appelé à devenir prêtre.
- Demain, il sera trop tard.
- Appelé à fonder un Ordre dédié à l’Eucharistie.
- Première communion à Paris – avec les Servantes du Saint-Sacrement.
- Des prêtres pour les autres – saint Jean-Marie Vianney et Eymard.
- Apôtre de l’Eucharistie – avec la proclamation du saint pape Jean XXIII.
- Que vienne ton Règne eucharistique – en nous concentrant sur le banquet céleste et les saints eucharistiques avec Eymard nous conduisant au ciel.
[Contactez les bureaux du CEE ou d’Emmanuel Media au (440) 442-6311 pour obtenir des exemplaires de cette neuvaine pour votre adoration de l’Eucharistie ou votre prière personnelle. E-mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.]
Le dernier jour de la retraite à Casper était consacré à l’Eucharistie en tant que sacrement de guérison, avec la possibilité de célébrer l’onction des malades pendant la messe, après l’homélie. Je propose toujours plusieurs options aux paroisses, telle que celle-ci, et cette paroisse a souhaité vivre cette expérience. Le curé, le père Cliff Jacobson, et son vicaire, le père Denis D’Souza (en détachement depuis l’Inde), m’ont assisté pour l’onction de 200 participants. Ce fut également une joie de voir la présence spéciale du groupe de jeunes du collège et du lycée de la paroisse.
Chaque jour, j’offre également un accompagnement spirituel et la confession, et 25 personnes en ont profité. Pendant l’homélie, je chante un chant qui nous aide à nous concentrer sur le thème du jour et invite l’assemblée à s’avancer et à déposer son intention sur l’autel, devant le Christ exposé dans l’ostensoir. De plus, lorsque j’ai du temps libre, je travaille sur des projets d’écriture pour la paroisse, la province et d’autres projets, où j’ai moi aussi l’impression d’être en retraite dans ce cadre serein. En particulier, au sud de la chaîne des montagnes Lamarie, ma promenade quotidienne, avec des vents de 55 km/h, m’a donné l’impression que le Saint-Esprit guidait véritablement ce temps de réflexion afin que tous puissent grandir dans leur « vie eucharistique ».
Père John Thomas Lane, sss
Supérieur provincial
