Joseph Le Phuoc

Joseph Le Phuoc

Cette communauté, qui jusqu'à la fin 2024 était composée de trois religieux, ne faisait pas partie des situations d'urgence définies au début de l'année 2024. Néanmoins, avec le début des travaux dans l'église souhaités par les Pieux Établissements français (juillet 2023), la situation de la communauté de San Claudio a été presque toujours présente dans les réunions du Conseil Provincial Ordinaire, notamment parce qu'avec la fermeture de l'église pour travaux et l'utilisation de la « grande chapelle » comme lieu de célébration et de prière, le flux de fidèles s'était encore réduit.

De plus, la partie française nous avait fait remarquer de n’avoir pas respecté la Convention - signée en 1886 entre l'Ambassade de France auprès du Saint-Siège et le Saint-Siège lui-même à l'occasion de l'arrivée de notre Congrégation à San Claudio - qui prévoyait la présence de deux ecclésiastiques de nationalité française. Ce problème aurait pu être résolu par l'insertion de trois religieux français de la « Communauté de Saint-Martin » (identifiée par le Vicariat de Rome) qui seraient venus vivre dans notre maison et auraient aidé nos religieux dans leur ministère à l'église, notamment pour l'accueil des pèlerins français. Cependant, cette coexistence de deux communautés s’est révélée impossible.

La situation de notre communauté s'est encore compliquée avec la nomination du père Giulio Maccali comme supérieur de la communauté de la Curie générale, où il s’est transféré le 20 décembre 2024. L'hypothèse d'intégrer un troisième religieux après le départ du père Giulio s'est heurtée à la difficulté de trouver un confrère et au constat, souligné à plusieurs reprises par les religieux de la communauté, que notre sanctuaire était désormais peu fréquenté. Dans ces conditions, et compte tenu également de l'âge et de l'état de santé des deux confrères en place, le Conseil Provincial Ordinaire a jugé opportun de procéder à la fermeture de cette communauté dans les plus brefs délais.

Lors de sa réunion du 19 mars 2025, le Conseil Provincial Amplifié a officiellement décidé de fermer la communauté de San Claudio à Rome. Le père Provincial en a informé le père Général, lui demandant de promulguer le décret de suppression canonique avec la date du 30 juin 2025. Avant d'accueillir notre demande, le Conseil général a souhaité reprendre contact avec les différentes instances responsables de San Claudio, afin de vérifier la possibilité que cette maison puisse rester encore avec notre Congrégation (sous la responsabilité de la Curie générale ou d'une autre Province) comme maison de formation pour les religieux SSS.

Cette tentative n'a toutefois pas abouti et, début juin, la Curie générale nous a envoyé le décret de suppression canonique de la maison de Rome San Claudio avec la date officielle du 30 juin 2025. Nous assurerons néanmoins notre présence jusqu'au 1er septembre prochain, afin de permettre le passage des consignes et l'intégration des trois religieux de la « Communauté de Saint-Martin » qui prendront notre place et poursuivront notre ministère.

 

Notiziario n° 17 - 15 juin 2025
Province de Notre-Dame du Saint-Sacrement
Italie-Espagne

 


  

Conclusion du processus de fermeture de la maison
de San Claudio par la Curie générale

 

Après avoir pris connaissance de la décision de la Province italienne de quitter définitivement la maison de San Claudio (cf. Notiziario n° 17), la Curie générale a cherché à assurer la continuité de la présence et de la mission SSS dans cette communauté.

Les raisons étaient multiples, notamment l'importance historique et affective de la maison non seulement pour la Province italienne, mais aussi pour toute la Congrégation, puisqu'elle a été le siège de la Curie générale jusqu'à son transfert, sous la direction du Père Longari, à son emplacement actuel. De plus, de nombreux étudiants provenant de différentes provinces du monde ont fait partie de cette communauté.

Lors de sa dixième réunion du Conseil général, qui s'est tenue à la fin du mois d'avril 2025, le conseil a longuement réfléchi à la possibilité de redonner à la maison l'une de ses fonctions d'origine: un lieu de vie et d'étude formé par une communauté d'étudiants accompagnés par la présence stable de deux prêtres « francophones ». Ces prêtres auraient pour mission d'animer la vie quotidienne des étudiants et d'assurer la pastorale du sanctuaire, en favorisant l'accueil, la prière, les célébrations et la spiritualité eucharistique.

Face à cette réalité, le Conseil général a confié au P. José Antonio Rivera la mission d'accompagner une dernière tentative de recherche d'une solution viable. Dans ce cadre, deux réunions virtuelles ont été organisées via la plateforme Zoom. La première, le 13 mai 2025, s'est tenue avec le responsable des ‘Pieux Établissements français’ à Rome. Au cours de celle-ci, nous avons exposé les raisons qui motivaient notre souhait de maintenir la présence SSS à San Claudio, et la partie française a expliqué les démarches entreprises jusqu'à présent. Bien qu'un accord ait été recherché, il est apparu que les décisions dépassaient les compétences de l'interlocuteur. C’est pourquoi une deuxième réunion a été proposée avec l'ambassadrice du Saint-Siège à Rome. Elle s'est tenue le 20 mai 2025, en présence également du responsable des ‘Pieux Établissements’.

Le dialogue s'est déroulé dans un climat franc, sur un ton enthousiaste et cordial, ce qui a facilité une communication ouverte et constructive. Les arguments présentés lors de la première réunion ont été repris et des réponses ont été apportées, ainsi que de nouvelles considérations. L'ouverture et la bonne volonté des deux parties pour trouver des solutions ont été soulignées. Cependant, nous sommes arrivés à un point où il n'était plus possible d'avancer de manière significative. Les exigences présentées, parmi lesquelles la nécessité de disposer de deux prêtres de « nationalité française » et le fait que la rémunération financière ne profiterait qu'aux religieux de cette nationalité, ont rendu impossible la poursuite des négociations.

Une réponse écrite aux arguments avancés a été demandée à l'ambassadrice afin de justifier la décision de la Congrégation. Nous avons reçu cette réponse le 23 mai 2025 et nous y avons répondu le 26 mai 2025 en ces termes: « ... Aujourd’hui, à l’occasion de notre Conseil général, et après une réflexion attentive sur votre lettre ainsi que sur certaines autres circonstances, il a été décidé, avec une profonde tristesse et un grand regret de notre part, de mettre un terme à notre présence, plus que centenaire, à l’église de Saint Claude et André des Bourguignons à Rome. […] Dans l’espérance que l´église continue d’être un lieu vivant du culte eucharistique et de l’accueil fraternel, en vrai reflet de l’Eucharistie ».

Le Conseil général a ainsi mis fin à ses efforts pour maintenir notre présence et notre mission à San Claudio.

Au nom du Conseil général

 

Père José Antonio Rivera Ruiz, sss
Conseiller général

Entre l'Avent 2023 et le Carême 2024, une collecte d'offrandes a été réalisée dans diverses communautés religieuses et paroissiales de notre Province en faveur du projet de «ferme diocésaine» d'élevage de poulets et de porcs, présenté par notre confrère Monseigneur Martin Boucar Tine, évêque de Kaolack (Sénégal). Ces dernières semaines, il nous a fait parvenir ce rapport dans lequel il nous informe de la mise en œuvre d'une partie du projet, avec la construction de deux bâtiments servant de poulaillers et l'achat de poules, de nourriture et d'autres outils nécessaires. Monseigneur Martin nous remercie du fond du cœur et espère pouvoir compter à nouveau sur notre soutien matériel et spirituel.

 

Aussi la réalisation du projet d’une partie de la ferme avicole, pour l’appui à la prise en charge de la formation des séminaristes et des prêtres, au-delà de son objectif premier, a-t-il été un signe pastoral fort, appelant à la diversification des activités agricoles par une action pastorale plus intégrée et plus inclusive, fortement orientée vers un Développement Humain intégral. Les stratégies d’auto-prise en charge du diocèse pour assurer et pérenniser son action pastorale, donnent aux communautés des modèles inspirants et innovants comme alternative aux activités traditionnelles de rente dans le bassin agricole au centre du Sénégal.

Ce projet en est une illustration pertinente : tout en contribuant à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, il permet la création de ressources utiles à la vie du diocèse et des communautés.

 

Réalisation du projet

KaolackLes travaux du poulailler ont été réalisés grâce au service du génie civil de Caritas Kaolack. Un poulailler qui abrite des poules pondeuses tel que prévu dans la demande initiale du projet. Le poulailler est installé à la ferme avicole du centre de formation et d’incubation pour l’insertion des jeunes dans des filières agroalimentaires de Ndiébel, une commune rurale de la zone nord–ouest du diocèse. Depuis 1984, cette école rurale est devenue centre de formation agricole. Ainsi le poulailler financé est-il en même temps une unité pédagogique pour la formation pratique des jeunes qui y sont  accueillis.

Le bâtiment peut abriter dans de bonnes conditions les volailles, à l'abri de prédateurs: voleurs, chats; les rongeurs (souris, rats) susceptibles de perturber les poules ou de manger les graines. Les travaux ont aussi tenu compte des conditions climatiques avec une aération en hauteur permettant une bonne ventilation. À préciser que le poulailler est alimenté par un système solaire autonome, les énergies renouvelables étant une option préférentielle que notre diocèse cherche à promouvoir. Mis en service depuis le 25 Novembre 2024, le poulailler a une capacité maximale de 1 500 sujets dans deux compartiments, avec une ventilation bien orientée et sous un ombragé qui est très favorable à une activité avicole. Tous les matériaux y sont installés (pondoirs, abreuvoirs, mangeoires). Actuellement il y a 1.141 sujets en phase de production, avec un taux de ponte de 60%. L’exploitation est donc en pleine croissance avec des résultats qui s’annoncent bons.

 

Pertinence du projet

Ce projet s’appuie sur le besoin urgent de pourvoir aux frais liés à la prise en charge de nos maisons de formation qui jusque-là dépendaient de subventions extérieures qui sont de plus en plus en baisses, si elle ne sont pas inexistence dans certains domaines. Ce projet vient conforter l’animation pastorale en faveur de la participation des fidèles au fonctionnement des séminaires, qui est une orientation forte dans la province ecclésiastique de Dakar.

C’est donc un exemple d’engagement à travailler à l’auto-prise en charge, en plus de participer à la création d’emploi. Le projet est géré au niveau technique, par un technicien spécialisé en production en formation agricoles de Caritas Kaolack, aidé par des personnes ressources dans le domaine. La gestion comptable et financière est sous la responsabilité de l’économe diocésain. Un jeune en stage est affecté à la prise en charge du poulailler sous la responsabilité du gestionnaire du centre de Caritas Kaolack et de sa Direction diocésaine.

 

« Merci ! en gardant espoir pour la suite »

Ce projet a fait appel à votre générosité et à votre sens aigu de la solidarité en l’Église, pour la mise sur pieds d’une ferme permettant d’appuyer la pastorale des vocations et la formation continue des prêtres en vue d’une action pastorale pertinente et soutenue, répondant efficacement aux orientations de l’Église universelle. J’ose compter grandement sur vous pour arriver à contourner ce lourd handicap de manque de ressources pour une bonne prise en charge de la formation dans le diocèse de Kaolack. La dynamique est lancée et il reste encore beaucoup de choses à faire pour arriver à une auto-prise en charge de notre Église diocésaine. Nous vous remercions infiniment pour votre apport à la mise en route de cette première partie du projet… en gardant espoir pour la suite.

Veuillez agréer mes sentiments les plus reconnaissants, et soyez assurés de mes humbles prières.

 

Monseigneur Martin Boucar Tine
Évêque du Diocèse de Kaolack

Notiziario n° 17 - 15 juin 2025
Province de Notre-Dame du Saint-Sacrement
Italie-Espagne

La cérémonie officielle d'inauguration a été présidée par l'évêque Antonio Tobias, D.D.

 

Élevée au rang de Basilique mineure: une étape historique pour Manille

Un chapitre capital de l'histoire de la communauté catholique de Manille s'est déroulé avec l'élévation de l'église Notre-Dame du Pilier, communément appelée paroisse de Santa Cruz, au rang de Basilique mineure - une reconnaissance accordée par le Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements.

Le décret, daté du 22 février 2025, a été accueilli avec joie et annoncé aux fidèles le 25 mars 2025, marquant une étape spirituelle et historique importante non seulement pour la communauté paroissiale, mais aussi pour tout l'archidiocèse de Manille.

Cette élévation a été faite en réponse à une pétition officielle soumise en juillet 2023 par Son Éminence le cardinal Jose F. Advincula, archevêque de Manille, ainsi que par le clergé et les fidèles de l'archidiocèse. Après un discernement et un examen minutieux, le Vatican a accordé à la paroisse cette distinction rare et pleine de grâce. Avec ce nouveau statut, l'église détient désormais officiellement trois titres ecclésiaux importants: (1) Paroisse de Santa Cruz, (2) Sanctuaire archidiocésain du Très Saint Sacrement, et (3) Basilique mineure de Notre-Dame du Pilier de Manille.

Confiée aux soins pastoraux de la Congrégation du Saint-Sacrement (SSS), l'église Santa Cruz est depuis longtemps un centre de dévotion eucharistique, de piété mariale et de vie liturgique vibrante au cœur de Manille. La désignation de Basilique mineure s'accompagne de privilèges uniques, notamment un lien spirituel plus étroit avec le Saint-Père et la possibilité de célébrer certains rites liturgiques avec plus de solennité.

 

Inauguration en tant qu'Église jubilaire

Suite à la déclaration en tant que Basilique mineure, l'église a été solennellement inaugurée en tant qu'Église jubilaire de dévotion eucharistique et de renouveau en cette année du Jubilé de l'Espérance, le 12 juin 2025, coïncidant avec la fête de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Grand Prêtre éternel. La célébration a été présidée par Mgr Antonio Tobias, D.D., évêque émérite du diocèse de Novaliches.

Cette célébration marque une reconnaissance plus profonde du rôle spirituel de cette église dans l'archidiocèse de Manille, maintenant désignée à la fois comme une basilique mineure et une église jubilaire - un lieu de pèlerinage, de sacrement et de grâce particulièrement significatif en cette année du Jubilé de l'Espérance. Dans son homélie, Mgr Tobias a réfléchi sur la présence durable du Christ dans l'Eucharistie et sur le rôle vital de la paroisse en tant que témoin vivant de la foi. « Ce sanctuaire est une lueur d'espoir au cœur de la ville, un sanctuaire pour les personnes affaiblies et un lieu où le Saint-Sacrement est adoré, non seulement dans le rituel mais aussi dans la vie », a-t-il déclaré.

L'inauguration solennelle représente bien entendu une étape liturgique, mais aussi un appel renouvelé à approfondir la dévotion eucharistique et à vivre la mission de l'Église avec une ferveur renouvelée.

Manila Philippines 1

La Croix du Jubilé est transportée de la Plaza Lacson à l'église dans un esprit de pèlerinage

 

Frère Emmanuel Unabia, sss
Bulletin provincial Philippines n. 2 - Avril-juin 2025

Du samedi 24 mai au lundi 26 mai 2025, le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Pape François et maintenant du Pape Léon XIV, et l'un des ‘papabili’, a visité le diocèse de Haarlem-Amsterdam, à l'occasion du 750e anniversaire de la ville d'Amsterdam. exactement quarante-cinq ans après la visite du Pape Jean-Paul II dans ce pays.

Le dimanche, le Cardinal a célébré la Messe pontificale festive dans la basilique co-cathédrale Saint-Nicolas à Amsterdam et, dans l'après-midi, il a assisté aux Vêpres solennelles à la cathédrale de Saint-Bavon à Haarlem. À la Basilique Saint-Nicolas, le Cardinal portait la chasuble ornée du Miracle d'Amsterdam (de 1345). La chasuble est conservée par les Pères du Saint-Sacrement dans la Chapelle du Béguinage et elle sort du tiroir lors des grandes occasions. Sur le devant de la chasuble figurent les saints Jean et Ursule, qui ont donné leur nom à la Chapelle du Béguinage. Au dos figure le Miracle eucharistique de 1345 à Amsterdam.

Amst card chasu le devant Amst card chasu le derrière

Dans son homélie, le Cardinal a notamment évoqué le fait que le Miracle eucharistique de 1345 à Amsterdam a largement contribué au développement de la ville d’Amsterdam!

Le lundi 26 mai, le Cardinal Parolin a rendu visite aux Pères du Saint-Sacrement dans la Chapelle du Béguinage à Amsterdam. Il n'était pas certain que le Cardinal aurait le temps de venir avant de reprendre l'avion pour Rome ce jour-là, mais tout s'est bien passé! Dans la cuisine du presbytère, les Pères et moi-même étions prêts à le recevoir avec du café/thé et quelques friandises.

Amst chapelle Béguinage

Accompagné de Mgr Hendriks (l’évêque de Haarlem-Amsterdam) et de Mgr Jan Thomas Limchua (de la nonciature apostolique), le Cardinal est entré dans le presbytère à 15 heures.  

Les Pères ont montré au Cardinal le Béguinage et la Chapelle du Béguinage, et lui ont également expliqué le Miracle d'Amsterdam et le concept de l'église cachée à Amsterdam (les catholiques n'étaient pas autorisés à professer leur foi publiquement à l'époque de l’Altération/la Réforme).

Ensuite, il y a eu une rencontre chaleureuse dans la cuisine. J’ai moi-même assisté à cette rencontre avec le Cardinal et j’en ai photographié tous les moments. Quelle journée particulière et quelle grâce que le Secrétaire d’État du Pape Leon XIV ait pu rendre visite la communauté des Pères du Saint-Sacrement chez eux !

 

Mme Thea van der Klei
Associée sss Amsterdam

La plupart des confrères de notre Province savent que la paroisse Saint-Christophe - Communauté de Lima - est constituée d'un groupe de neuf (9) chapelles. Pendant cinq (5) décennies, il n'était pas d'usage de célébrer la fête paroissiale en tant que telle, mais chaque chapelle célébrait son anniversaire tout au long de l'année, non seulement pour rassembler les fidèles, mais aussi pour collecter des fonds pour le soutien des chapelles respectives.

C'est en 2022, avec le curé de l'époque, le père Álvaro Vásquez, qu'il a été décidé d'organiser la fête paroissiale, en prenant comme référence la date commémorative de Saint-Christophe - Caja de Agua, c'est-à-dire le dernier dimanche de mai, du fait que la chapelle est le lieu de référence et le siège principal. C'est ainsi que la fête paroissiale annuelle s'est déroulée consécutivement au cours des quatre dernières années.

Dans cette perspective, la fête paroissiale annuelle est un événement de communion fraternelle, de convivialité et de divertissement culturel qui rassemble les fidèles de toute la communauté paroissiale pour vivre la dynamique du Mystère de l'Eucharistie. En cette année 2025, nous célébrons le 58e anniversaire, un événement important pour rappeler les différentes figures qui ont marqué l'histoire de la communauté paroissiale, laissant leur empreinte dans l'accompagnement pastoral, spirituel et eucharistique, en particulier les prêtres missionnaires européens et les religieux sacramentins.

Ce n'est rien d'autre qu'un événement de reconnaissance envers Dieu pour les différentes générations qui ont expérimenté la foi et la grâce de Dieu à travers le témoignage des fidèles témoins de Jésus dans l'œuvre missionnaire et évangélisatrice de la terre péruvienne. Il convient de faire nôtre les paroles du pape François: « Regarder le passé avec gratitude, contempler le présent avec passion et entrevoir l'avenir avec espérance ». L'objectif principal de la fête est de forger les valeurs de l'Eucharistie dans la communauté paroissiale à partir de l'harmonie et de la vie commune, en cherchant à approfondir le commandement de l'amour de Dieu.

À partir de l'accent mis sur l'Évangile de Jn 14, 23-29, le texte proposé pour le 6e dimanche de Pâques, dans le cadre de la fête susmentionnée, l'occasion a été saisie pour  interpeller les paroissiens sur la nécessité de cultiver le commandement de l'amour comme « source de vie » qui se manifeste à travers un don total et une vie commune saine, dans le respect des différences, sans oublier la nécessité de vivre « l'unité dans la diversité ».

Lima 2

Lima 3

Ainsi, en considérant la figure de Saint-Christophe comme un modèle de foi, et en assumant le martyre comme un témoignage d'amour dans la poursuite authentique et radicale du Christ, il est  urgent d'assumer la dimension prophétique dans le monde d'aujourd'hui afin que le message d'amour, de paix et de justice soit proclamé chaque jour dans la Parole, mais surtout dans le témoignage et dans les œuvres qui nous construisent dans la grâce de Dieu.

 

Père Elibien Joseph, sss
Communauté de Lima

Notibip 109 - Mai 2025
Province de Saint Jean XXIII

La fête de la Visitation

« Tu es bénie, Marie, fille exaltée de Sion ! Tu es très favorisée et pleine de grâce, car l'Esprit de Dieu est descendu sur toi. Nous magnifions le Seigneur et nous nous réjouissons avec toi du don du Verbe fait chair, notre pain de vie et notre coupe de joie. Notre-Dame du Saint-Sacrement, notre modèle de prière au Cénacle, prie pour nous afin que nous devenions ce que nous recevons, le corps du Christ ton Fils. Amen »

 

Les Agrégés se sont réunis à Lutz, au Centre de Retraite Bethany, le samedi 31 mai, pour une journée de prière. Après le petit déjeuner et la prière du matin, deux de nos plus jeunes Agrégés se sont amusés à réchauffer l'auditoire avant que le Père Fickel ne nous plonge dans une spiritualité trouvée dans les sommets de la contemplation.

Usa 2

Enflammés par l'amour divin

Nos cœurs n'étaient-ils pas tout brûlants lorsqu'il nous parlait en chemin ? ... Luc 24:32. La naissance intérieure ancrée dans la tradition spirituelle à travers différentes perspectives permet d'envisager la transformation. Les pratiques spirituelles incorporées au silence intentionnel deviennent essentielles dans ce type d'éveil spirituel. La nouvelle vie est une réincarnation dans la Parole de Dieu révélée intérieurement. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'esprit est esprit. « il vous faut naître d’en haut » Jean 3,7. Jésus a parlé des mortels comme de cas d'erreur d'identité, ne rencontrant jamais la vérité de soi. Le développement exige une relation vraie avec Dieu, séparée des pièges de l'interférence du monde et des conflits intérieurs. Notre foi reconnaît traditionnellement le rôle de l'Esprit Saint dans cet éveil et cette transformation spirituels. Le feu de l'Esprit Saint purifie et nettoie tout ce qui est indésirable aux yeux de Dieu, et les dons aident à une nouvelle expérience de vie qui établit l'harmonie, la paix intérieure et la solidarité entre nos frères et sœurs et toute la création.

Usa 3Nos cœurs n'étaient-ils pas tout brûlants ?

Alors que l'heure approchait de saluer notre Seigneur pour la journée, nous avons marché sur le sentier humide et scintillant et traversé le ruisseau jusqu'à la chapelle Saint-Jacques; un cerf nous observait curieusement depuis le champ alors que la douce pluie du matin s'estompait et qu'une clarté enveloppait le ciel. La vue du lac Mary à travers les fenêtres de la chapelle est toujours un spectacle à contempler.

Nous sommes entrés dans la salle d'adoration, anticipant la visite de la présence réelle du Christ. À l'entrée, près de l'autel, la relique de Saint Pierre et l'image de Marie dans le tableau d'Ellen Shadle nous ont accueillis. Nous nous sommes tournés vers la vie de Marie, centrée sur la prière au temple, jeune fille choisie comme vase précieux pour le Fils de Dieu; le Verbe fait chair, conçu par l'Esprit Saint; par son Fiat, elle est devenue la nouvelle Arche de l'Alliance, notre modèle de foi, d'espérance et de charité. La boucle de la grâce fut conçue et s'est épanouie.

La musique de la chapelle a révélé la beauté des voix cachées auparavant, comme si elles répondaient à notre Seigneur dans l'Eucharistie, en reconnaissance de sa présence avec nous tout au long de cette journée, nos cœurs et nos voix partageant la richesse du Mystère.

La transformation passe par la confiance, la foi et l'acceptation joyeuse de la volonté de Dieu; en partageant le sacrifice de la croix, nous témoignons de ce qu'est le véritable amour. Comment puis-je, comme Marie, magnifier le Seigneur par le Don de Soi dans la communauté, la prière et le service ? Nous vous présentons avec joie les nouveaux membres.

 

Mme Gloria Jung
Bulletin d'information - Mai 2025

La Région Cardinal Émile Biayenda a eu l’insigne honneur de couvrir deux événements de grande envergure ce mois de juin, à savoir: les ordinations presbytérales et la célébration du cinquantenaire de la Paroisse Saint Esprit de Mpaka à Pointe Noire.

Pointe 1

En effet, le 8 juin 2025 les pères Borjalvin Dalbertone Sila, Ceti Césaire Bansimba et Crisvel Guelor Koukouikila ont reçu l’ordination presbytérale des mains de son excellence Monseigneur Abel Liluala archevêque Métropolitain de Pointe Noire, en présence de Monseigneur Miguel Angel Olaverri archevêque émérite de Pointe Noire, Père Jean De Dieu Passy Supérieur Régional, Père Hubert Alone économe de la Province Bienheureux Isidore Bakanja, de nombreux confrères SSS, d’autres prêtres venus de partout, des religieux et religieuses….

Une célébration d’une importance capitale, ponctuée par trois moments significatifs.

D’abord, ce fut un grand moment d’action de grâce. Concrètement, la Paroisse était dans la joie de célébrer ses 50 ans d’existence et les 20 ans de la présence des religieux du Saint Sacrement à sa tête. De plus, couplé à ce jubilé, l’ordination de nos trois confrères a couronné le tout. 

Ensuite, la paroisse a saisi cette occasion pour parcourir son histoire. Ce qui a révélé le grand nombre de vocations en son sein, faisant qu’à ce jour elle compte plus d’une dizaine de prêtres dont trois de la Région.

Enfin, pour l’archevêque, ce fut un temps favorable et très qualitatif pour l’église locale de Pointe Noire. En effet, il a salué le travail et l’implication de la Région pour le rayonnement de son archidiocèse, spécialement à travers la participation active des confrères dans les différents services rendu: aumôneries diocésaines, pastorales de la jeunesse et des vocations…

Oui ! La fête était belle. Nos trois confrères nouvellement or donnés ont reçu la bénédiction apostolique de sa Sainteté le Pape Léon XIV par les mains de l’archevêque de Pointe Noire.

Que Marie notre Dame du Saint Sacrement puisse continuellement intercéder pour eux afin qu’ils demeurent de bons serviteurs dans la moisson du Seigneur.

 

Père Divin Maboundou Ngongo, sss
Secrétaire Régional

Conformément au calendrier des activités du Conseil général, la rencontre de formation des formateurs tenue en ligne, via Zoom, les 24 et 25 avril 2025, a été une expérience de formation et de fraternité. Elle a rassemblé environ 35 participants. De manière générale, cette session a été marquée par une participation active et des échanges riches.

Toutefois, la question de la langue s'est révélée être une difficulté non négligeable, notamment pour les confrères du Vietnam et ceux de langue espagnole. Heureusement, pour ces derniers, l'une des deux conférences, celle du Père José Antonio, a été présentée en espagnol. Cette difficulté relance la question de l’apprentissage des langues qui soient communes à tous, notamment l’anglais et le français, afin de favoriser une communication fluide et inclusive.

Poursuivant l’objectif de renforcer les capacités des formateurs, cette rencontre a connu deux instructions et un temps uniquement réservé aux échanges d’expériences. La première instruction a été donnée par le Père Francisco Junior, Conseiller général chargé de la mission et de la famille charismatique et la seconde, par le Père José Antonio, Conseiller général en charge des commissions internationales de théologie et des écrits du Fondateur.

 

   La première conférence, animée par le Père Francisco, sss

Elle portait sur la mission spécifique des SSS aujourd'hui. Elle a été une lecture de notre mission à la lumière de la Règle de Vie et des travaux de la Commission internationale pour la mission. Elle a mis en évidence l'importance de rester fidèle à l'esprit du Fondateur et garder l'Eucharistie au cœur de notre mission, dans une Église appelée à être prophétique, promotrice d'unité et socialement engagée. Son intervention a relevé qu’aujourd’hui, notre mission s'articule essentiellement autour du service de la Parole, de la liturgie, de l'animation paroissiale, des centres eucharistiques ou de formation spirituelle et d'adoration. Par ailleurs, nos statuts offrent un champ d'action encore plus vaste qu'il convient de continuer à explorer.

 

   La deuxième conférence, donnée par le Père José Antonio, sss

Elle était axée sur la formation théologique. Elle a souligné la nécessité d'une théologie profondément enracinée dans les Saintes Écritures et dans la Tradition, qui soit ouverte au dialogue avec le monde contemporain et qui découle de notre vécu du mystère eucharistique. Il a été relevé l’importance d’une formation qui prépare les religieux SSS à devenir de véritables témoins et spécialistes de l'Eucharistie, au service de l'Église, et dans le respect de ses directives.

Cette instruction a rappelé l'importance d'une solide culture théologique, nourrie par la lecture des documents officiels de l'Église et de la Congrégation. Elle a convié les Formateurs à encourager leurs formés à s'approprier les ressources, produites notamment par nos deux commissions: la commission théologique et celle des écrits du Fondateur pour bien intérioriser notre mission et bien témoigner de notre appartenance. Illustrant son propos, le Père Antonio a évoqué l'image du cardiologue, empruntée à la conférence du Père Fiorenzo sur le thème «L'amour doit être exagéré» (Salvi F., L’amour doit être exagéré. Le don qui naît de l’Eucharistie. Conférence donnée au XXXVe Chapitre Général, à Chicago en juin 2017), pour exprimer la passion que les religieux SSS doivent cultiver envers l'Eucharistie, objet de leur mission et de leur consécration. Le religieux sss, grâce à l’eucharistie doit effectuer le travail que fait le cardiologue pour guérir notre monde aujourd’hui.

 

   Internationalité et Laïcs

Lors de ces deux conférences, le thème de l'internationalité a également été abordé comme une orientation essentielle à l’avenir de notre présence et de notre mission dans le monde. Les participants ont souligné le besoin des documents officiels clairs pouvant encadrer les efforts vers la concrétisation de cette internationalité. En ce qui concerne la formation, l'accent a été mis sur l'importance de préserver notre identité charismatique dans sa diversité face aux défis actuels. L'importance de réfléchir à l'impact de l'intelligence artificielle, tant dans la mission que dans la formation, dans la transmission de l'héritage du Fondateur que dans son usage comme un outil pédagogique, a également été souligné.

Ces conférences ont aussi souligné la nécessité d'une collaboration étroite avec les laïcs, dans le domaine de la formation première, mais aussi la nécessité de les former pour qu’ils participent efficacement à notre mission commune.

 

   Échanges et dialogue

La deuxième journée a été consacrée aux échanges entre les participants. Elle s'est déroulée à travers des présentations personnelles, suivies d'un partage sur les activités des différentes maisons, guidées par des questions proposées en amont. Une fois toutes les interventions terminées, un temps de dialogue a été ouvert. Ce dialogue, bien qu’éprouvé par les barrières linguistiques qui font encore obstacle, a été un temps fort de renforcement de la connaissance mutuelle des uns et des autres.

Cette deuxième rencontre internationale de formation des formateurs a été une expérience précieuse et enrichissante. Elle a permis de renforcer les compétences des formateurs, de nourrir une meilleure connaissance mutuelle, et de favoriser le partage d'expériences en vue d'enrichir notre formation initiale et ses outils, notamment le document «Suis-moi». Elle a également révélé des axes d'amélioration concrets, notamment en ce qui concerne la dimension linguistique, l'internationalité, l'intégration des laïcs, et l'adaptation aux défis contemporains.

 

Père Anaclet Bambala, sss
Vicaire général, chargé de la Formation

Le card. Martini salue les détenus à la prison S. Vittore, Milan

 

Lorsqu'une amie bénévole m'a invité à écrire quelque chose pour Città Nuova sur mon expérience dans le milieu carcéral, j'avais déjà lu quelques articles récents dans la revue. Dans l'un d'eux, j'ai lu la réponse qu'Aurora Nicosia a reçue par e-mail d'une de ses amies, qui joue un rôle de premier plan dans le domaine de la justice, et qu'elle avait invitée à écrire sur le sujet. En résumé, elle avait répondu: «Je n'en ai pas envie, car la période est très difficile, et l'avenir est sombre». Je me suis senti en accord avec ces paroles parce qu'à l'exception de quelques établissements pénitentiaires qui fonctionnent vraiment mais que l'on peut compter sur les doigts d'une main, le tableau général est dramatique. Si nous entrons ensuite dans les détails, c'est encore pire: je me réfère à Poggioreale, où j'exerce mon service en tant qu'aumônier.

De fait, comme disait Voltaire: «Le degré de civilisation d'un pays se mesure en observant l'état de ses prisons», il est clair que, en amont de tout, le principal problème est culturel! En tant que société, nous ne sommes pas capables d'avancer spirituellement (ce n'est pas synonyme d'ecclésial !) dans la conception de la justice autrement que rétributive, afflictive. Du moins en Italie, parce que dans certains pays d'Europe du Nord, il y a vraiment une approche qui « en vaut la peine », pour faire un jeu de mots, qui éduque et resocialise.

Oui, c'est une question purement culturelle, mais on peut dire, par analogie, spirituelle. C'est-à-dire que nous ne sommes pas encore capables d'assumer les attitudes spirituelles nécessaires pour gérer les conquêtes que l'histoire, la science, les sciences humaines et le droit ont mises en évidence comme propres à l'être humain. L'art. 27 de notre Charte Constitutionnelle en est un bon exemple lorsqu'il affirme que les peines, aussi nécessaires soient-elles, «ne peuvent consister en un traitement contraire au sens de l'humanité et doivent tendre à la rééducation». Mais il est resté sur le papier, comme malheureusement - malgré tous les efforts - la plupart des droits de l'homme.

Cependant, je me rends compte que je glisse dans des analyses qui, malgré leur importance, ne sont pas vraiment de ma compétence et m'emmèneraient loin, au risque de ne pas répondre à la question de savoir pourquoi j'ai décidé d'accepter la proposition d'écrire quelque chose. Parce que la prison existe! Parce qu'à l'intérieur, il y a des sœurs et des frères blessés comme nous tous! Parce que j'aurais pu y être moi aussi!

Ainsi, deux images, parmi les nombreuses qui circulent sur la prison, m'accompagnent dans mon voyage avec eux.

L'une d'entre elles est peut-être l'une des plus citées et des plus heureuses du pape François en référence à la mission de l'Église, mais qui convient parfaitement, à mon avis, aussi à la prison: «hôpital de campagne».

Une image qui parle d'elle-même. Combien de batailles se déroulent non pas on ne sait où, mais dans nos villes, dans nos rues, dans nos environnements, même ecclésiaux! Oui, «en prison», il y a des sœurs et des frères qui viennent aussi de nos paroisses, ce que nous continuons à appeler «communauté»! Pour cette raison, je sens qu' «ils/elles» m'appartiennent et pas seulement parce que la foi en Dieu et en l'Évangile de Jésus m'appellent à les ressentir comme mes frères et sœurs, mais aussi parce que directement ou indirectement, volontairement ou non, pour ma part j'ai moi aussi contribué à cette société impitoyable en créant d'innombrables illusions qui provoquent inévitablement des rejets, des blessures dans le corps et surtout dans l'âme! Des blessés, aux plaies encore ouvertes, voilà ce que sont les nombreux frères que je rencontre dans ce grand hôpital de campagne qu'est Poggioreale.

Que fait-on dans un hôpital de campagne? Ici, je souhaite reprendre une autre image qui me guide. Je l'emprunte à Henri Nouwen, qui a écrit il y a de nombreuses années un beau livre intitulé: «Le guérisseur blessé». Nous n'avons pas tous les moyens dont nous aurions besoin dans un hôpital civil, et encore moins dans un hôpital de campagne comme la prison aujourd'hui!

Du moins, on essaie d'apaiser, mais avec un médicament tellement essentiel qu'aucun médecin ou intelligence artificielle ne peut remplacer: une présence et pas n'importe laquelle!

Je me le répète souvent, surtout quand le découragement se fait sentir et que je cherche un soutien dans la prière avec le Maître. Je suis convaincu que l’on pouvait entendre Jésus à des kilomètres de distance! Parce qu'il était une Présence en contact profond avec la Vie (Dieu) et avec lui-même; il suscitait la confiance, il réveillait les énergies endormies et pour cette raison, là où il était accueilli, il guérissait souvent. Ce n'est pas une coïncidence s'il ne s'est jamais attribué la guérison, mais qu'il disait: «Ta foi t'a sauvé» (Mc 10, 52).

La prison, un hôpital de campagne, m’interroge tous les jours: «Quelle présence suis-je?». Suis-je là pour eux ou avec eux? Car eux aussi, comme chacun d'entre nous, sentent si je suis là avec eux, conscients de ma fragilité mais concentré, ou arrogant de ma foi présumée et superficielle. Si je suis là pour faire mon métier, ou bien si je suis assoiffé d'humanité.

Et oui ! il arrive qu’au cours de nombreuses conversations, une relation fraternelle de partage profond de la vie s'instaure. Et que des lueurs de l'Esprit s'ouvrent et nous permettent de voir combien il y a, en chacun d’eux, le désir d'écouter la beauté qui souvent est restée enfouie depuis trop longtemps. J'ai l'impression que si je maintiens cette « posture » (comme on dit aujourd'hui), je peux souvent arriver à toucher des points névralgiques du cœur. Non seulement pour les aider à résister «en prison» mais, paradoxalement, pour grandir au niveau humain, existentiel et, pourquoi pas, aussi dans la foi.

C’est ainsi que, une fois que nous avons atteint une certaine harmonie et empathie, nous nous regardons volontiers dans les yeux, parfois brillants, et nous nous demandons: «Qu'est-ce qui est essentiel, maintenant que je suis en prison?». Et on arrive à comprendre que la vie nous place, comme toujours, devant un choix à faire: «tentation ou occasion». La tentation est la plus facile à suivre: tout jeter, gaspiller de l'énergie et du temps passivement, dans la colère, ce qui ne fait qu'augmenter le taux de violence à l’intérieur et à l’extérieur. Ou bien, l’occasion de grandir intérieurement et de devenir plus humain à partir de l'acceptation de la blessure, de la fragilité car «ce ne sont pas les faits qui comptent mais ce que nous devenons à travers les faits» (E. Hillesum). Même dans un hôpital de campagne comme la prison et en tant que guérisseurs blessés, nous pouvons aider la Vie à s'épanouir car «si ce ne sont pas des lys, ce sont quand même des enfants, victimes de ce monde» (F. De André).

 

Père Pierangelo Marchi, sss
Communauté de Caserta
Bulletin de la Province Notre-Dame du Saint-Sacrement
17 avril 2025 - N.16

Chers frères et sœurs, c’est avec joie, émotion, foi et dévouement, que nous avons organisé dès le mois de février avec le curé Francisco Nieto de la paroisse de Notre-Dame des Douleurs et Don Julio, responsable de l'Action Communale du village de Potrero Largo, et les responsables des villages voisins de la Municipalité de Guatavita Cundinamarca, notre mission pascale de 2025.

Col 2

Nous avons réussi à mener à bien notre mission avec 7 laïcs de Bogotá, 3 de la paroisse de Corpus Christi, Marlon un jeune en vacances, un musicien de la région, Miller et deux jeunes professionnels. Nous avons formé une équipe de la Mission et de futurs laïcs en cours de préparation pour devenir des laïcs Agrégés SSS, qui sont la base pour avoir une équipe de pastorale des vocations.

Nous avons été présents du 12 au 20 avril. Du lundi au mercredi, nous avons eu une participation de plus de 100 agriculteurs travaillant à leurs élevages bovins et à la culture de la pomme de terre et d'autres produits. Pendant les jours du triduum pascal, nous avons organisé des activités communautaires avec plus de 500 paroissiens et lors de la veillée pascale plus de 900 fidèles étaient présents.

Les activités se sont déroulées dans 2 villages de la région avec des visites aux malades, aux personnes vivant seules, la Pâques pour les enfants, la Pâques des jeunes, des mini-retraites pour les femmes, les hommes et les couples ; des personnes de bonne volonté avec la foi et très attachées aux célébrations de la Semaine Sainte.

Col 3

Je me souviens de ce qui a été dit dans l'évaluation faite par l'équipe qui a participé à la mission: très bonne disposition dans les activités de chacun, dans le travail en groupe, le message donné était actuel, adapté à la région de la mission, afin que la foi de tous les participants grandisse et mûrisse. Il est suggéré de continuer dans le travail et le suivi de la communauté accompagnée.

On a constaté la bonne disposition des gens, la joie, la foi, l'humilité, la possibilité de partager la spiritualité eucharistique, le travail que les participants ont accompli avec responsabilité chaque jour, l'hospitalité, leur accueil, leur affection et leurs attentions. Pour continuer l'accompagnement et le travail, nous leur avons proposé d'être présents à la célébration de la Pentecôte.

Je remercie le curé, les membres de l'action communale, l'équipe de travail, la communauté qui nous a accueillis pour leur générosité et leur proximité.

 

Père Álvaro Vásquez Sarmiento, sss
Communauté de Bogotá-Corpus Christi
Province Saint Jean XXIII
Bulletin provincial – Avril 2025

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