Joseph Le Phuoc
PROFESSION PERPÉTUELLE AU SRI LANKA
C’est dans un moment de grande joie pour nous, membres de la Province Christ Pain de Vie, au Sri Lanka, que nous nous sommes rassemblés pour célébrer la profession perpétuelle du frère Emilio Mossa, sss, du Mozambique, Province St Pierre-Julien Eymard.
La célébration s’est tenue le 1er novembre 2022 en l’église St Thomas à Matale, Sri Lanka. Le P. Aruna, sss, curé, avec le P. Marcus, sss, économe provincial et le P. Sagara, sss, directeur du scolasticat ainsi que les scolastiques se sont occupés de toute l’organisation de cette journée.
Le frère Emilio était l’un des premiers étudiants internationaux à arriver au Sri Lanka en 2017 pour sa formation initiale et les études théologiques. Après avoir complété ses études de théologie au Scolasticat SSS de Kandy, il fut envoyé à Goa en Inde de juillet à octobre 2022, pour rejoindre les autres profès - quatre de la province de l’Inde et un de la province du Royaume Uni-Irlande - pour suivre le IP4 2022. Nous remercions le P. Peter Jayakanthan, sss, supérieur provincial de l’Inde et le P. Peter Fernandez, sss coordinateur de l’IP4 pour avoir organisé ce programme très significatif et très appréciable pour nous.
À la fin du programme, le Fr. Emilio, sss est rentré au Sri Lanka et après une semaine de retraite Eymardienne conduite par le P. Manuel, sss, il a fait sa profession perpétuelle, en présence du P. Justin Chawkan, Supérieur provincial du Sri Lanka et des autres religieux SSS de différentes communautés au Sri Lanka. Durant son homélie, le P. Justin a souligné l’importance de notre propre don de soi dans la vie consacrée sous l’inspiration des béatitudes de l’Évangile.

Comme c'était aussi la solennité de la Toussaint, nous étions doublement heureux de rendre grâce à Dieu pour l'appel chrétien reçu par le baptême et ensuite pour l'approfondissement de cet appel à travers la vie consacrée afin de devenir des ‘saints’ dans l'Église.
Ce fut également une grande joie pour nous, comme Communauté du Saint-Sacrement de Matale et paroissiens de l'église St Thomas, d'être témoins de cette splendide célébration de la profession perpétuelle du Fr. Emilio, sss. Alors qu'il quitte notre pays, nous lui disons ‘au revoir’ et nous espérons qu’il repassera nous voir dans un avenir proche.
Père Melraj Revel, sss
Curé adjoint à Matale
Histoire de la Communauté SSS de Cali Colombie
Que demandaient les trois religieux SSS (Juan Echevarría, José Miguel Larrañaga, Luis Otaegui) qui voulaient venir en Colombie?
- Vivre une expérience d'insertion parmi les pauvres, les plus pauvres.
- Et vivre dans une communauté religieuse SSS la plus homogène possible.
Le religieux qui fut invité à vivre cette expérience, avait participé en tant que missionnaire à la préparation du Congrès Eucharistique International tenu dans la ville de Bogotá en 1968. Bien conscient des problèmes de nombreuses populations qu'il avait rencontrées, il pensa à la ville de Cali. Une ville qui en deux ans était passée de 200 à 800 mille habitants.
Rejetant la proposition de l'évêque de Cúcuta, il se rendit à Cali avec des objectifs bien précis en tête, et avec peu d'argent en poche. En route pour l'aventure!
Je serais ingrat si je ne mentionnais pas ici un souvenir des Religieuses Sœurs de la Sainte Mère Laura (les Lauritas, comme on les appelle ici), une communauté où notre missionnaire avait séjourné à l'occasion de la mission dudit Congrès Eucharistique. Ensuite il y retourna. Elles furent encore comme des mères, pas seulement pour ce religieux, mais pour tous les religieux SSS qui passèrent désormais par là.
Inutile de dire que ce religieux était en communication constante avec les intéressés en Espagne au sujet de ce qui se passait et des démarches qu'il avait accomplies.
Une fois à Cali, il se rendit dans les bureaux de l'Archidiocèse, et le prêtre qui le reçut se révéla être le Vicaire Pastoral de l'Archidiocèse, à qui il présenta la raison de sa présence: « 4 religieux SSS demandent d’ouvrir une communauté SSS dans l'Archidiocèse ».
Le prêtre répondit immédiatement: « Cela me dépasse. Vous devez parler à Mgr l'archevêque ». Il présenta une requête pertinente et le religieux fut convoqué pour le lendemain. L'archevêque, Mgr Alberto Uribe Urdaneta, l'accueillit très aimablement et le religieux lui expliqua la raison de sa présence: « Nous sommes 4 religieux: 2 prêtres ordonnés et 2 religieux profès perpétuels, pas encore prêtres. Nous avons été informés du manque de clergé à Cali et nous aimerions vous aider en fondant une communauté SSS dans l'archidiocèse ».
« Nous vous demandons de nous envoyer dans le quartier le plus grand et le plus pauvre de la ville ; d’accepter la condition que, si à un moment donné vous ne voulez plus de nous dans l'Archidiocèse, il faudra nous en avertir un an à l'avance. De la même manière, si un jour nous voulions partir, nous vous préviendrions un an à l'avance. Nous proposons également que tout ce que nous réaliserons au profit de la communauté humaine où nous nous trouvons, constructions, etc. restera au profit de l'Archidiocèse. »
Ayant entendu tout ceci, l'Archevêque dit : « C'est curieux! Des frères viennent de partir d'ici en me demandant le quartier le plus grand et le plus riche, et vous me demandez le quartier le plus grand et le plus pauvre ».
À suivre…
Père Lucinio Martin Herrero, sss
Colombie-Pérou, NOTIBIP 85 - Octobre 2022
« Revenons au goût du pain » pour une Église eucharistique et synodale XXVII Congrès Eucharistique National italien à Matera 22-25 septembre 2022
La ville de Matera, bien qu'étant l'une des plus petites villes d'Italie, a accueilli la célébration du XXVIIe Congrès Eucharistique National italien. Ces dernières années, Matera est passée de ville de "honte nationale" à "patrimoine de l'Unesco", "Capitale européenne de la culture", et enfin la ville du "Congrès Eucharistique National".
Ce choix était motivé par une tradition, celle du pain, qui dans une clé eucharistique permettait de lire et de vivre le Congrès.
À sa petite manière, Matera a lancé son invitation: «Venez à l'écart, dans un lieu solitaire, et reposez-vous un peu» (cf. Mc 6, 31), venez vous émerveiller et redécouvrir le silence qui résonne et habite les anciennes grottes de pierres, venez retrouver le goût du pain quotidien et du pain eucharistique.
Environ 1800 personnes, dont des évêques, des délégués et des pèlerins, représentant des diocèses et des régions de toute l'Italie, ont répondu à l'invitation.
Le Congrès eucharistique de Matera a été conçu comme une étape contemplative du cheminement synodal, celui d'une Église à l'écoute des signes des temps, de la voix des différentes réalités de la communauté chrétienne.
C’est dans l'esprit de la synodalité que les matinées du Congrès ont été élaborées. Les participants, répartis en dix paroisses de la ville, ont célébré l'Eucharistie, écouté la méditation tenue dans la cathédrale, et plus tard, après un temps de réflexion personnelle, ils ont pu échanger leurs expériences en petits groupes. En fin de matinée, il y avait le partage, l’accueil d'un témoignage et le déjeuner.
Le slogan du Congrès, « Revenons au goût du pain », s'est avéré riche d'idées suscitées par la symbolique biblique, humaine, terrestre et spirituelle du pain.
Conduit par la main de l'évêque de Mantoue, Mgr. Gianmarco Busca, nous avons vécu le voyage du pain, passant de table en table.
Le pain est le fruit de la terre, c'est la table de la création qui nous l'offre. Le pain nous rappelle la table de la maison, de la vie ensemble, où l'on apprend l'art des relations authentiques. Le pain nous conduit ensuite à la table de l'autel où l'on retrouve le Christ qui accueille chaque homme et se fait pardon, nourriture, don d'amour pour faire de tous les hommes un seul corps. La table de l'autel se penche sur la table du monde, le pain est le pain de la compagnie (du latin: cum - panis) et du service. Nourris par le pain de l'autel nous apprenons à nous asseoir à d'autres tables, celles de tous les domaines où l'homme vit, lutte, souffre, se réjouit. Mais la table de l'autel se projette aussi sur la table du Royaume, le pain devient un désir impatient de l'étreinte finale, de cette table où le Fils de l'homme ceindra sa robe et viendra nous servir. C'est la table contre le drame de la mort, où l'on nous donne le pain ‘super-substantiel’ qui donne sens et substance à chaque aspect et à chaque instant de notre vie humaine.


Le secret de ce voyage réside dans le fait de ne jamais séparer les tables et qu’il soit clair que la table de l'autel est le passage crucial.
Ce beau voyage de table en table a été confirmé par la professeure Giuseppina De Simone, qui a parlé des liens entrelacés entre l'histoire du pain et de l'histoire de l'humanité. Le pain traverse les siècles et le temps, et dans le geste de Jésus il est comme recueilli et transfiguré. Le pain sacramentel, eucharistique, nous fixe dans la relation avec Dieu qui est le fondement de toutes les relations. C'est l'Eucharistie qui rend possible la réalisation de la communion ecclésiale, notre existence comme Église.
Dans la station contemplative à Matera, les troubles du monde contemporain, la reprise difficile après la pandémie, la guerre en Ukraine, les difficultés économiques des entreprises et des familles italiennes, et ceux qui débarquent sur nos côtes, ont toujours été présents devant l'Eucharistie.
Avec le goût du pain, nous avons retrouvé le vrai goût de la liturgie et de la vie, la beauté de l'Eucharistie, de l'Église, de la communauté ecclésiale, qui porte à l'autel les joies et les besognes de la vie quotidienne, qui écoute la Parole et rompt le pain et prend soin des pauvres.
Le temps a bien accompagné le Congrès, et nous a permis de nous déplacer à pied et ainsi de mieux connaître la ville de Matera. Un grand bravo à l'organisation et un grand merci aux bénévoles qui, tels des anges gardiens, étaient toujours prêts au bon moment.

Le congrès a connu son apogée dimanche avec la présence du Pape François. Environ 12/13 mille personnes ont rempli le stade de Matera.
Le Pape François, s'inspirant de la parabole du riche et du pauvre Lazare, a rappelé avec force que le pain que Dieu nous donne n'est pas toujours partagé sur la table du monde, qu'il n'a pas toujours le parfum de la communion et qu'il n'est pas toujours rompu au profit de la justice. Il a invité tout le monde à se convertir: de l'indifférence à la compassion, du gaspillage au partage, de l'égoïsme à l'amour, de l'individualisme à la fraternité.
Les Églises en Italie reprennent leur chemin avec un message fort qui a son point de départ dans la vécu au quotidien. Nous avons besoin de pain, celui de notre humanité et celui de l'Eucharistie, pour affronter le moment historique, difficile et douloureux que vivent nos générations. C'est précisément en ce moment qu'il est plus que jamais nécessaire de recommencer à rompre le pain de la solidarité, du partage, de redécouvrir le goût du pain pour être apôtres de la fraternité et devenir pain de tendresse et de miséricorde, pain d'espérance et de joie pour tous.
Père Manuel Barbiero, sss
Supérieur Malmantile
Rencontre des jeunes religieux 2022
Deux ans après le début de la pandémie de Covid-19 aux Philippines, les jeunes religieux de la Province Notre Dame de l’Assomption ont pu se rassembler du 19 au 22 septembre 2022 au Monastère des Carmélites et Reca's Private Resort, à Angeles City, Pampanga. Le groupe de jeunes religieux est profondément reconnaissant envers le père Apolinario Ty, SSS pour avoir offert avec altruisme son temps pour nous accompagner en tant que personne-ressource et animateur du Rassemblement Annuel des Jeunes Religieux de cette année. Son accompagnement nous a laissés ravis et inspirés par la profondeur de son partage de réflexion, par son animation à travers un jeu de rôle amusant sur les situations vécues dans les rencontres typiques de la vie quotidienne de notre vocation religieuse. De cette manière, notre attention fut amenée à une compréhension plus profonde de cette partie de notre vocation qui consiste à dialoguer avec le temps et la culture, et de toujours la centrer dans la charité du Christ au nom de l'Eucharistie.
Le thème de notre rencontre était entièrement inspiré de l'orientation de l'Église universelle vers la synodalité. Parallèlement à cette ligne: « Pour une Église synodale: communion, participation et mission », elle nous invite à reconnaître le plus grand défi pour les jeunes religieux comme nous qui est d'apprendre et de maîtriser les voies du Christ qui a cheminé avec nous humblement et attentivement en écoutant les hommes de son temps tout en révélant la signification et le but plus grands de connaître, d'aimer et de servir le Seigneur.
Le rassemblement annuel des jeunes religieux SSS a toujours apporté un plus, au-delà du plaisir et de la détente. Chacun d’entre nous ressent certainement une appréciation sincère de cette opportunité pour passer du temps ensemble, pour partager et raconter les mêmes vieilles histoires tout en créant des souvenirs plus significatifs. Nous sommes très heureux également d’avoir pu rencontrer et saluer en personne les aimables bienfaiteurs et amis du Monastère des Carmélites qui nous ont soutenus de tout cœur dans nos besoins lors du Rassemblement des Jeunes Religieux de cette année.
Père Victor Clemence Posadas, sss
65e anniversaire de la Mission SSS aux Philippines. Un regard reconnaissant sur nos humbles débuts
La présence des Religieux de la Congrégation du Saint-Sacrement aux Philippines est survenue grâce à l'initiative remarquable de Son Éminence le Cardinal Rufino Santos, alors Archevêque de Manille, dont la motivation en invitant les Religieux SSS dans son diocèse était d'établir la paroisse de Santa Cruz comme Sanctuaire National de l'Eucharistie. Cette invitation tendait à reconnaître le charisme principal des Pères du Saint-Sacrement qui est la propagation de la dévotion eucharistique.
- Ainsi, l'administration de l'église de Santa Cruz a officiellement commencé le 15 août 1957. Les Religieux SSS américains ont été les pionniers pour former la première communauté de Religieux SSS aux Philippines, et ils étaient tous logés dans le presbytère de la Paroisse Santa Cruz à Manille.
- Jusqu'en 1993, la Mission SSS aux Philippines était directement administrée par les Religieux du Saint-Sacrement de la Province américaine de Sainte Anne. Puis vint l'établissement des Philippines en tant que Province indépendante sous le titre marial de Province of Our Lady of the Assumption (POLA) (Notre-Dame de l'Assomption) en 1993. En principe, la présence de la Congrégation du Saint-Sacrement dans les paroisses vise à coopérer avec le Conseil pastoral paroissial, en mettant la vie consacrée des religieux au service de la communauté paroissiale. Par leur présence, leur vie de prière et leur engagement pastoral, ils renforcent l'élan apostolique de la paroisse dans la mesure de leurs capacités.
- Au fur et à mesure que les Religieux SSS instillaient leur charisme et leur spiritualité dans la paroisse, ils introduisirent également des organisations laïques rattachées aux idéaux de la Congrégation, c'est-à-dire faire de l'Eucharistie le centre de leur piété et de leur dévotion chrétienne. Citons quelques-uns des groupes SSS d'hommes et de femmes laïcs remarquablement organisés et impliqués dans le programme paroissial : Séminaire de l'Eucharistie dans la vie (LITES), Ligue eucharistique des hommes (MEL), Ligue eucharistique des femmes (WEL), Fraternité eucharistique (EF), Apôtres de l'Eucharistie (AOE), Club des Vocations du Saint-Sacrement (BSVC), Servitium Christi et autres organisations liées à la promotion de l'évangélisation par l'Eucharistie.

- Le 15 août 2022, la Congrégation du Saint-Sacrement a célébré ses soixante-cinq (65) ans de mission eucharistique aux Philippines. Elle est bénie par l'épanouissement de la vocation religieuse, et sa collaboration avec les diocèses s'est étendue au-delà des frontières des côtes philippines. À ce jour, les Religieux SSS philippins sont présents dans douze (12) diocèses ou archidiocèses différents aux Philippines, à Hawaï et en Ouganda. Actuellement il y a aussi des Religieux SSS philippins qui servent en collaboration avec les archidiocèses ou diocèses de Canberra et Goulburn en Australie, Pueblo-Colorado et Cleveland-Ohio aux États-Unis, et Madrid en Espagne. Ce sont toutes des bénédictions qui accompagnent la grande responsabilité des Religieux SSS philippins pour renforcer et approfondir l'amour des fidèles envers le Christ dans l'Eucharistie.
- En cette année 2022, il y a quatre-vingt-quatre (84) religieux SSS profès perpétuels dans la province des Philippines. Soixante-dix-sept (77) sont Prêtres, six (6) sont Frères et un (1) Diacre. Ils sont présents dans les nombreuses formes différentes de ministère à travers lesquelles s'exprime le service de la Congrégation pour l'Église. Outre les administrations paroissiales, les religieux SSS sont également impliqués dans le ministère des aumôneries dans les universités et les collèges, le ministère professoral dans les écoles du séminaire, le ministère auprès des tribunaux diocésains, l'apostolat des vocations, le ministère de la formation religieuse et les ministères mandatés pour le gouvernement des Religieux SSS dans la province des Philippines. Actuellement, POLA compte dix-huit (18) scolastiques (profès temporaires), huit (8) novices et six (6) postulants en formation.
Au centre de l'aspiration de tous les Religieux SSS philippins il y a le désir de faire en sorte que leur présence soit une opportunité d'apporter le visage du Christ dans la vie de leur ministère à travers l'Église pour laquelle ils ont tous juré de servir et d'aimer. Leur ministère consiste avant tout à rapprocher toute personne de la présence réelle du Christ célébré et adoré dans l'Eucharistie.
Provincial Update n° 21 - Septembre 2022
Notre Dame de l’Assomption
La révolution de l’Adoration Eucharistique Témoignage sur le pèlerinage Eymardien (28 août - 3 septembre 2022)
Depuis longtemps, je souhaitais contextualiser la vie du Père Eymard, que je connais depuis plus de 30 ans du fait que je fréquente à la fois la paroisse SSS des Martyrs Canadiens et celle de San Claudio sur la Piazza San Silvestro à Rome, depuis l’époque où jeune universitaire j’allais y prier au Saint-Sacrement toujours exposé.
C’est donc avec beaucoup d'enthousiasme que j'ai participé à ce pèlerinage du 28 août au 3 septembre.
Je retiendrai plus particulièrement quatre moments qui ont profondément marqué mon âme.
- Le premier, « les trois croix érigées à l'emplacement de la chapelle du Calvaire ». Le jeune enfant Eymard avait l'habitude de grimper pieds nus à cet endroit, en plein hiver avec le froid et la neige, pour se préparer à la communion. Son enfance spirituelle est immédiatement caractérisée par une forte poussée pénitentielle, expiatoire et réparatrice.
Dès son plus jeune âge, la pensée de la souffrance n'a jamais quitté son esprit ni son cœur, au contraire, l'attention portée à la croix n'est pas vue comme une punition de Dieu mais comme une preuve d'amour, et cela me fait apprécier le Père Eymard d'une manière particulière et m'attendrit. Quelle belle pédagogie spirituelle dans ce qu'il écrit: « Oh combien j'ai besoin de rester en silence dans ces moments de souffrance! ... parce que je ne suis pas assez fort dans le silence de la croix, il faut prier, être patient, bénir Dieu ».
- Deuxième étape importante: la chapelle Eymard (l'ancienne église paroissiale de La Mure) avec les fonts baptismaux où il reçut le sacrement du baptême. Je me suis retrouvée à prier avec les rayons du soleil pénétrant à travers les beaux vitraux de l'église, avec des images de la vie du Père Eymard. Dans la solitude de cette chapelle je me suis retrouvée à offrir mes souffrances, ma famille, reconnaissant ma faiblesse et ma rébellion au lieu de prier et de patienter, et de louer Dieu le Père face à l'épreuve.
- Une autre étape est le rocher de Saint-Romans où le P. Eymard, jeune prêtre, allait prier sur le calvaire paroissial construit en 1712 et composé d'un chemin de croix et d'une chapelle au sommet du rocher et de trois croix qui se détachent et dominent la plaine en contrebas. Ici, j'ai pu comprendre comment on peut se perdre complètement dans l'harmonie de la création, dans la beauté de la nature qui reflète le chef-d'œuvre divin et comment le temps est relatif et peut s'arrêter ou passer rapidement. C’est là que le Père Eymard y a découvert « la montagne de l'amour », et moi j'y ai découvert comment il est possible de contempler la bonté divine et de s’élever haut dans le ciel, comme un aigle, et s’arracher à tant de bassesses humaines. J'y ai vu un nouveau visage du Père Eymard, poétique, sensible et avant-gardiste envers le monde féminin capable d'établir des amitiés pures et profondes dans le seul but d'une croissance spirituelle réciproque.
- Dernière étape, mais première dans mon cœur: le sanctuaire de Notre Dame de La Salette avec son message de réparation que le Père Eymard accueille sans hésitation et qu'il reçoit comme eucharistique, salvifique, réparateur. J'ai compris à travers toutes les étapes du pèlerinage que le diktat de sa vie est adorer, réparer, intercéder, remercier et servir avec amour, sans jamais se ménager, jusqu'à la limite de ses forces; mais au sanctuaire de La Salette chaque fibre de mon être se sentait partie d'un tout et j'étais totalement prise. L'impact visuel était indescriptible pour sa beauté, l'église avec la pierre sombre et les vitraux en couleur, les peintures particulières, le crucifix avec les instruments de la passion imprimés. Et encore: la beauté de la montagne avec son paysage unique, tout comme la chapelle de Saint Pierre-Julien Eymard pour l'adoration, avec le Saint-Sacrement toujours exposé et l'icône de Notre Dame de la tendresse qui vous accueille et vous enveloppe de sa douceur.
Je peux dire sans l'ombre d'un doute que le P. Eymard m'a fait découvrir combien il est important aujourd'hui pour tous les laïcs, d'éteindre le PC, la télé, le téléphone portable, de renoncer aux réunions, aux assemblées et au bla bla bla stérile, pour se jeter aux pieds de notre sauveur aux côtés de notre Mère pour pouvoir désarmer la juste colère du ciel et sauver le monde malgré lui.
J'avoue avoir prié, par l'intercession du Père Eymard, pour qu’il y ait une floraison de nouvelles vocations SSS et que Dieu envoie de nouveaux ouvriers parce que la moisson est si grande, mais j'ai aussi prié pour que la beauté et la pureté du message du P. Eymard ne soit pas reçu superficiellement et considéré comme trop vieux par notre siècle qui nous pousse plutôt à faire qu’à adorer.
Rita Alonzi
Vœux perpétuels et ordinations diaconales: Province Notre Dame d’Afrique, Sénégal-Guinée Bissau
De gauche à droite : P. Ferdinand Ndiolene, P. Paul Ndour, Fr Louis Ndione, P. Yves Sagna, P. Bernard Tine, Fr Victor Faye, P. Abraham Faye et P. Boniface Faye
L’amour de Dieu et notre vocation nous réunissent, au sein de l’Église, en communautés vivantes où tous s’aiment vraiment, dit notre Règle de Vie au n°5. Eu égard à l’amour divin, source de notre vocation et don de la vie communautaire, c’est avec gratitude que nous avons accueilli les temps propédeutiques aux événements qui nous intègrent, de manière particulière, dans la famille eymardienne et l’état clérical. L’honneur nous échoit de partager quelques bribes de ces moments forts en commençant d’abord par le P4 (Programme de Préparation pour la Profession Perpétuelle), puis les vœux perpétuels et enfin le diaconat des frères Victor Youga Faye et Louis Demba Ndione.
L’expérience du P4
Le 13 mai 2022, date mémorable de la fondation de notre Congrégation, nous avons ouvert notre P4, avec la messe de 18h30 à St Pierre des baobabs, Dakar. Ce programme a été pour nous un moment fort, qui nous a permis d’approfondir et de mettre davantage en lumière les exigences et la valeur de notre consécration à Dieu. Comme tout choix suppose un renoncement, notre choix de suivre le Christ exige un renoncement à soi-même pour s’engager dans le vécu des conseils évangéliques (l’obéissance, la chasteté et la pauvreté). En effet, notre état de vie nous ennoblit, nous devenons amis de Jésus (Jn 15, 15). Un style de vie radical (Presbyterorum Ordinis n° 3) sied à notre rang.
La célébration des vœux perpétuels
Le vendredi 29 juillet 2022 à 16h en l’Église St Pierre Julien Eymard de Koudiadiène, nous avons manifesté notre volonté de « répondre au don de Dieu par le don de nous-même, de suivre le Christ selon son appel » en faisant vœux d’observer les conseils évangélique devant le père provincial Yves Maxim Sagna et devant les confrères. En faisant ainsi vœux de servir le Seigneur définitivement dans la Congrégation du Saint Sacrement selon la Règle de Vie, c’est notre engagement à approfondir le mystère de l’Eucharistie, à servir le Christ et l’homme, qui est aussi mis en exergue. Dans son homélie, le père provincial a touché un aspect indispensable pour vivre ce mystère eucharistique en commentant Ph 2, 1-11 et Jn 15, 1-17 et cet aspect c’est l’humilité. Nous devons rester humbles comme Jésus dans l’Eucharistie. Cette disposition soutiendra notre amitié et notre intimité personnelle et communautaire avec le Christ.
Les ordinations diaconales
C’est le 30 juillet à 16h, toujours en l’Église St Pierre Julien Eymard, que s’est déroulée la célébration de l’ordination diaconale, en compagnie de trois religieux spiritains, présidée par Mgr André Gueye, évêque du diocèse de Thiès. Dans son homélie, Mgr André nous a signifié avec pertinence ce qu’est le diaconat : « le diaconat n’est pas seulement le premier degré du sacerdoce, dit-il, il en est la base ; une étape qui sous-tend les autres car il s’agira toujours, comme Jésus nous l’a dit dans l’Évangile (Mc 10, 35-45), de servir (servir Dieu par le service des hommes et plus particulièrement les plus indigents). Il est une étape fondatrice et non une étape à enjamber ». L’exhortation de l’évêque nous rappelle qu’être diacre n’est point un privilège de gloire et d’honneur, d’où la nécessité de cultiver l’humilité. Partant de la première lecture (1Tm 4, 6-12), nous avons le devoir de protéger notre sacerdoce, de veiller sur notre enseignement et d’être modèle.
Pour finir, nous redisons notre reconnaissance envers notre Seigneur qui donne la vie, la grâce et qui rend capable. Nous sommes reconnaissants envers tous les acteurs qui ont contribué à la réussite de ces événements, particulièrement nos confrères et nos parents qui ont communié avec nous de près ou de loin. Le chemin est à poursuivre avec la famille eucharistique et la communauté ecclésiale, de nouveaux défis se présentent mais nous nous confions davantage à la grâce de Dieu, elle nous suffit (2Co 12, 9). Que son Nom très saint soit béni !
18 septembre 2022
Frère Victor Youga Faye, sss
Histoire de la Communauté SSS de Cali Colombie
Le 7 février 1970, trois jeunes religieux SSS de la Province St Pierre Apôtre d’Espagne, plus un autre religieux qui était déjà destiné à la Colombie, P. Martín Goicoechea, participant tous les 4 au Chapitre Provincial correspondant, demandèrent à être affectés à la Délégation que la Province St Pierre Apôtre avait en Colombie.
Une fois la demande acceptée par le Chapitre et par les autorités provinciales de l'époque, ils s'embarquèrent, dans la ville de Barcelone, sur le navire italien ‘Verdi’ à destination de la Délégation que ladite Province avait en Colombie.
Ces religieux étaient le P. Martín Goicoechea Zurutuza S.S.S, un personnage dont tous l’indiquaient comme l'instigateur de la demande des trois autres religieux mentionnés; P. Juan Echevarría S.S.S, prêtre nouvellement ordonné; Fr. José Miguel Larrañaga S.S.S, profès perpétuel et Fr. Luis Otaegui S.S.S, profès perpétuel. Les trois derniers étaient récemment diplômés de l'Université Jésuite de Deusto.
Ces religieux avaient écrit en Colombie à un autre religieux SSS de quelques années leur aîné et qui était déjà dans ce pays depuis trois ans. Ces confrères, qui avaient fait une bonne partie de leur parcours formatif ensemble, lui expliquèrent ce qu'ils voulaient et qu'ils comptaient sur lui pour une éventuelle nouvelle fondation en Colombie.
Les circonstances voulurent que l'évêque de Cúcuta, ville frontalière avec le Venezuela, offrait la possibilité d'une fondation SSS dans son diocèse. Offre qui n'avait pas déplu à un autre religieux SSS, le père Felipe Arratibel S.S.S.
Ainsi, le religieux à qui les trois aventuriers avaient demandé de compter sur lui, accompagné d'un autre religieux, le P. Luciano Olea S.S.S, se mit en route pour examiner la proposition de Cúcuta. Mais voyant ce qui était proposé, ils la rejetèrent immédiatement car elle ne répondait pas aux souhaits des trois illuminés (Juan , Luis et José Miguel).
Que demandaient les trois religieux SSS qui voulaient venir en Colombie ?
À suivre…
Père Lucinio Martin Herrero, sss
Supérieur Bogotá
NOTIBIP 84 - Septembre 2022
Chapitres Provinciaux/Régional - 2022
P. Benjamin P. Philip P. Ignatius
Province Holy Spirit
Australie
| 7 Octobre 2022 | |
| Supérieur Provincial | P. Philip Watkins |
| 8 Octobre 2022 | |
| Vicaire Provincial | P. Benjamin Ho |
| 1er Conseiller Provincial | P. Benjamin Ho |
| 2e Conseiller Provincial | P. Ignatius Vu Hoang Anh Tuan |
| Économe Provincial | P. Ignatius Vu Hoang Anh Tuan |
| Délégué au Chapitre Général | P. Benjamin Ho |
| Remplaçant du Délégué au CG | P. Ignatius Vu Hoang Anh Tuan |
Province Our Lady of the Assumption
Philippines-Ouganda-Hawaii

P. Rudsend P. Alde P. Apolinario P. Roel P. Vergel P. Jonelito
| 19 Octobre 2022 | |
| Supérieur Provincial | P. Roel dela Cruz |
| Vicaire Provincial | P. Rudsend Paragas |
| Conseiller Provincial | P. Apolinario Ty |
| Conseiller Provincial | P. Alde Bureros |
| Conseiller Provincial | P. Vergel Dalangin |
| Conseiller Provincial | P. Jonelito Sison |
| Économe Provincial | P. Alde Bureros |
| Délégué au Chapitre Général | P. Vergel Dalangin |
| Remplaçant du Délégué au CG | P. Apolinario Ty |
La fête de Saint Pierre-Julien Eymard, patron de la paroisse de La Mure

Cette fête a connu trois moments : les préparatifs, l’Eucharistie et le repas partagé ; elle a eu lieu le dimanche 31 juillet 2022.
1 - Les préparatifs
Tout a commencé le 22 juillet par une Neuvaine de prière à Saint Pierre-Julien Eymard. Dans la préparation de la Fête Liturgique de Saint Pierre-Julien Eymard, et du désir d’approfondir le mystère de L’Eucharistie, source et pivot de la vie chrétienne, le Centre de Spiritualité Saint Pierre-Julien Eymard de La Mure, a proposé aux fidèles une Neuvaine à Saint Pierre-Julien Eymard. Elle contient les beaux fruits de l’Esprit Saint cueillis et présentés dans divers documents de l’Église et des méditations de notre fondateur.
Au cœur du déroulé de chaque jour de la Neuvaine, correspondant à celui de la célébration eucharistique: les pensées riches de Pierre-Julien Eymard suivies d’un temps de silence, des thèmes de documents de l’Église actualisant le message du Père Eymard, des prières amenant le fidèle au cœur du charisme eucharistique reçu par Eymard. Le célébrant du jour, par l’homélie, présentait l’articulation de ces divers éléments entre eux afin de permettre au fidèle d’en prendre conscience et de s’en approprier.
Une journée de marche et de prière sur l’Eucharistie, source de paix et de réconciliation a eu lieu le jeudi 28 juillet dernier. La marche de vingt personnes et d’une vingtaine de kilomètres, est partie et aboutie à la Chapelle Eymard de La Mure. Le parcours était jalonné de multiples haltes dont Trois Croix, Serbouvet - Saint Honoré, la croix de l’Ourme, Villard Saint Christophe, lieu de la célébration eucharistique suivi d’un pique-nique, Pré-Sabot, Tors-Chapelle, Chapelle Saint Pierre-Julien Eymard. La Messe du vendredi 29 juillet était suivie d’une veillée de prières. Enfin le samedi 30 juillet, ont eu lieu des visites guidées des lieux eymardiens de La Mure: la Maison natale, la Chapelle et le Musée.

2 - L’Eucharistie, fête du peuple, famille de Dieu
Saint Pierre-Julien Eymard disait que la Messe, c’est la riante fête de la fraternité que nous pouvons faire durer toujours. Environ deux cent cinquante chrétiens se sont rassemblés le dimanche 31 juillet, dans l’unique célébration eucharistique de cette fête patronale de la Paroisse. Le Père Yvan Brient, Vicaire général du diocèse de Vannes, a présidé cette célébration. Il était entouré de huit prêtres : deux de Notre Dame de La Salette, six de la Congrégation du Saint Sacrement dont deux de Colombier Saugnieu et ceux de La Mure et de deux diacres. L’assemblée était composée aussi de personnes venues des différentes parties du diocèse de Grenoble et de la France dont les religieuses de Notre Dame de la Salette et Mademoiselle Ellen Kleinpenning de la Hollande.
L’homélie du Père Brient peut se résumer ainsi : « l'Eucharistie est un lieu de « communion entre nous tous », « avec le Christ », « émerveillement ». Il a proposé ces trois aspects comme expressions d’amour de l’Eucharistie du Pape François et de Saint Pierre-Julien.
Participer à l’Eucharistie, c’est prendre conscience du lien fraternel qui uni tous enfants d’un même Père, et exclure en nous toute attitude d’exclusion, de division et tout préjugé. Il s’agit d’avoir une passion pour Jésus-Christ Eucharistie, en cherchant, par sa grâce, à prier, à penser, à agir, comme Lui, bref être christifié. Savoir ‘s’émerveiller’ consiste à abandonner toute haine, rancune, mais à chercher les grandes joies du Ciel.
3 - Le repas partagé, l’autre versant de la fête
Saint Pierre-Julien Eymard disait que par la Messe, nous prenons conscience d’être tous frères de la même famille. On mange à la même table, on a le même Père qui est dans les cieux. Après la Messe, des chrétiens se sont retrouvés autour d’un verre et d’un repas partagé avec les Maires de La Mure et de Ponsonnas (ville proche de La Mure), pour sceller leurs amitiés et leur désir de devenir une même communauté fraternelle. Les chrétiens auraient-ils entendu cette instruction du Saint Patron de leur paroisse : « Loi d'honneur, de charité. Jésus-Christ veut qu'on honore, qu'on aime ses frères, et pour cela, il se personnifie en eux, il les communie. L'enfant qui a communié est grand, le serviteur, honorable » (PO 8,5).
Pour le Centre de Spiritualité Saint Pierre-Julien Eymard,
Père Thaddée Mupapa, sss
Supérieur, La Mure, France
