Ce dimanche 3 août 2025, la paroisse Saint Pierre-Julien Eymard célèbre à La Mure, son saint patron. Le père Anaclet Bambala, Vicaire général, délégué du Supérieur général de la Congrégation du Saint Sacrement, préside la célébration. « Nous pouvons ainsi, nous unir tous, la Famille eymardienne avec toute l’Église pour implorer les grâces divines afin de répondre un tant soit peu aux faims des hommes d’aujourd’hui », annonce le père Nino Donda, Curé de paroisse.
Quatre moments ponctuent la préparation de cette fête : « Nous retenons la Neuvaine au Père Eymard, les visites aux lieux eymardiens de La Mure, le pèlerinage au Sanctuaire Notre-Dame du Laus, la procession du Saint Sacrement », indique le Centre de spiritualité Eymard. Les différents membres de la communauté SSS de La Mure animent la Neuvaine dans différentes sous-paroisses et chapelles, selon le classement des Messes retenu. Ils s’appuient sur la brochure ‘Neuvaine à Saint Pierre-Julien Eymard, participer à la Messe avec Pierre-Julien Eymard’. Ensuite, les dames Sylvie Gfeller et Claudine Ferro, donnent leur disponibilité à accueillir les personnes qui poussent les portes des lieux eymardiens. « J’étais émue de voir le nombre des personnes passées aux lieux eymardiens » s’exclame Madame Sylvie. « Nous les aidons, selon nos connaissances, à y découvrir davantage le saint père Eymard ».
Le jeudi 31 août 2025, à 10h00, 23 paroissiens de Saint Pierre-Julien Eymard et de Notre Dame d’Esparron, se regroupent devant la Basilique du Sanctuaire du Laus, prêts pour une marche avec le Père Eymard sur la montée de Gyquière. Chemin retenu par Madame Annie Suzana, son frère Pierre-Froment et le père Thaddée, après inspection des différents chemins du Sanctuaire. « ‘Eucharistie et Fraternité, marche sur les pas de Saint Pierre-Julien Eymard’, voilà le thème de notre journée », annonce l’accompagnateur de la marche. Ainsi « Les pèlerins parcourent huit stations : Présentation de la marche ; Eucharistie, don de la fraternité ; Eucharistie, renouvelle la fraternité ; Fraternité, présence du Christ ; Eucharistie et convivialité ; Marie, soutien et guide de la fraternité ; Marie, Tabernacle de l’histoire ; Eucharistie, et mission de la fraternité ». Six stations sont parcourues à aller, la Messe au sommet de Gyquière et deux stations au retour. À chaque station, la méditation se réalise en quatre moments : la Parole de Dieu, un commentaire, une méditation du père Eymard et un chant.

Voici le résumé des méditations: la célébration eucharistique, mystère de foi, comporte différents rites où le Seigneur tisse notre fraternité, et Marie en est la guide. Comme par exemple au début, le Seigneur convoque les fidèles et les réunit au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Le Seigneur leur offre la possibilité de se reconnaitre pécheurs, de supplier l’aide de la Vierge Marie. Ils accueillent le pardon divin et se disposent à se pardonner les uns les autres. Marie nous accompagne à croire aux changements réalisés dans la Messe par l’Esprit Saint. « Lorsque nous refaisons le geste du Christ à la dernière Cène en obéissance à son commandement: ‘Faites cela en mémoire de moi!’ (Lc 22,19), nous accueillons en même temps l'invitation de Marie à lui obéir sans hésitation: ‘Faites tout ce qu'il vous dira’ (Jn 2,5)… Marie semble nous dire: ‘N'ayez aucune hésitation, ayez confiance dans la parole de mon Fils. Lui, qui fut capable de changer l'eau en vin, est capable également de faire du pain et du vin son Corps et Son sang’ » (Ecclesia de Eucharistia, 54); et de faire de nous tous une seule famille, vivant une vraie fraternité.
Saint Pierre-Julien Eymard invite les chrétiens à s’abandonner à l’accompagnement de Marie. Elle guide chacun à découvrir et à mieux vivre sa vocation : « C'est la très sainte Vierge, notera-t-il, qui m'a conduit à Notre Seigneur, (…) de la Société de Marie à celle du Très Saint-Sacrement » (NR 44,14). Le père Eymard raconte ainsi son expérience de pèlerinage au Laus : « Le Laus, pèlerinage fameux. Tout inspire; le pays: description, c'est la préparation, c'est le désert pour arriver à la terre promise (…) » ‘‘Ô que ma langue s'attache à mon gosier, si je ne me souviens pas de toi. (Ps 136,6)’’. « Quand peine: je pense au Laus, quand adversité: au Laus, quand fête: au Laus, quand malade: au Laus, quand mourant: au Laus, expirant, invoquant Notre-Dame du Laus, la bonne mère du Laus. Ah! puissions-nous, nous retrouver tous un jour à ses pieds dans le ciel comme nous sommes ici unis de cœur, de sentiment et d'amour aux pieds de son trône de grâce, de miséricorde et d'amour. Amen ». (PG 190,1).
Après la Messe et le repas tiré du sac, les pèlerins reprennent leur parcours et se rassemblent devant la Basilique. Ils suivent l’explication des lieux des apparitions faites par le diacre Antoine de la Congrégation Saint Martin. Ils se dirigent vers la Basilique pour un temps de recueillement devant l’Autel de la Bienheureuse Vierge. Ici le père Eymard confia les Constitutions de sa Congrégation à la protection de Notre-Dame du Laus. Enfin les pèlerins regagnent chacun sa maison.

La procession du Saint Sacrement a lieu le vendredi 01 août. Elle comprend quatre stations : louange, adoration, demande de pardon et prière universelle. Elle est préparée par les dames Emmanuel Eustachy, Annie Suzana, et le Centre de spiritualité. À 18h30, après la Messe, une quarantaine des fidèles, encadrés par la police, pour leur sécurité, se rangent derrière le Saint Sacrement, porté en procession dans les rues de La Mure. Le père Anaclet Bambala et d’autres fidèles vacanciers y participent aussi. Les fidèles bénissent le Seigneur pour son choix du matheysin Eymard pour révéler au monde son amour dans l’Eucharistie.
« Nous rendons aussi grâce à Dieu pour ses diverses merveilles dans notre paroisse : le dynamisme de la catéchèse : beaucoup de personnes, surtout des jeunes ont reçu le baptême, la première communion et la confirmation cette année. Nous avons l’occasion de prier avec tant des fidèles vacanciers dans nos différentes chapelles… » indique une catéchète. « Cette procession m’a donné l’occasion de confier les joies et les difficultés de ma famille au Seigneur. J’ai demandé au Seigneur de nous offrir son pardon, de nous disposer à le partager les uns les autres afin de vivre en paix », déclare un paroissien.
Après plus d’une heure de marche, la procession arrive à la grande Église, dernière station. Cette méditation souligne la dimension missionnaire du fidèle, envoyé pour apporter de la charité et la paix du Christ, aux personnes en difficulté : les malades, les personnes âgées, les migrants… et aussi à poser des gestes de paix dans nos milieux. Le père Louis Bunga achève cette procession par une bénédiction finale.

Le dimanche 03 août, des chrétiens des divers horizons, et même de l’Allemagne participent à l’unique Messe du jour de la fête liturgique de Saint Pierre-Julien Eymard. Des confrères sss de Colombier et les agrégés de Lyon y sont présents. Le Père Anaclet Bambala souligne les points suivants dans son homélie : Dans la première lecture, la question de Qohèleth : « Que reste-t-il à l'homme de toute sa peine? » est proche de celle du Seigneur : « Que sert à un homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie? » (Mt 16,26). Une invitation à porter son attention vers les biens éternels qui se trouvent en Dieu, et à exercer un discernement entre les biens du monde et ceux conduisant à la vie éternelle. Il s’agit de bâtir sa vie sur la foi en Jésus-Christ. Car Dieu est l’Auteur de tout bien. Il donne sens à la vie de chacun et à ses œuvres.

Cependant notre société est celle de consommation. Elle exalte l’individualisme, l'accumulation de biens matériels comme signe de réussite et de sécurité. Cette logique produit des inégalités sociales, la crise écologique, la surexploitation des ressources de la nature… A ces maux les remèdes sont: changer de regard, regarder Dieu, emprunter le chemin de l'amour et bâtir une vraie fraternité avec les autres ; recevoir les fruits de nos labeurs non comme des réussites mais comme des dons divins pour partager avec les autres. Voilà la clé du vrai bonheur, la clé du Royaume de Dieu.
Saint Pierre-Julien Eymard découvre l’amour comme demeure de Dieu. Il y répond par le don de soi. Pour lui, « Cette demeure se fait par le don renouvelé par l'hommage, activé par les actes de vertu, fortifié, soutenu en l'amour et l'amour actif et non jouissant » (NR 44,60). Aussi sommes-nous invités à nous décentrer pour promouvoir la vie des autres et de l’humanité entière: « La jouissance a perdu l'homme. La pauvreté le relève, le béatifie » (NR 44,92). Ainsi la célébration eucharistique et l’adoration du Saint Sacrement deviennent-elles une véritable école de cet amour de Dieu pour quiconque cherche son Royaume.
Après la Messe, les chrétiens célèbrent leur fraternité dans la salle paroissiale autour des gourmandises, des amuse-gueules et un repas partagé. « À cette occasion nous avons pu rencontrer de nombreuses personnes et avoir de riches relations fraternelles », déclare un des confrères de Colombier venu avec des agrégés. À la fin de ce partage, beaucoup de fidèles rendent visite aux lieux eymardiens. « Je suis surpris par cet engouement de personnes curieuses de visiter ces lieux. Le nombre de personnes augmente au fur et à mesure que je leur explique l’itinéraire spirituel du père Eymard, une foule compacte et très curieuse », indique Madame Sylvie Gfeller, bénévole de la permanence au Musée Eymard.
Tout ce dispositif de la fête de Saint Pierre-Julien Eymard, dès la préparation jusqu’à la célébration, contribue un tant soit peu, aussi bien à l’approfondissant du charisme eucharistique de ce saint isérois, qu’à une remise en question de la vie pour le renouvellement de la personne et de la société.
Père Thaddée Mupapa, sss
Supérieur
