Devise: « Tu m’as choisi dès le ventre de ma mère;
Tu seras ma louange toujours » (Ps 70,6)
Les cinq derniers mois ont constitué une étape déterminante dans le cheminement spirituel du Père Pierre Malick Sène. À la suite de ces moments forts, il a bien voulu nous accorder un entretien au cours duquel il se livre sur son parcours personnel, partage ses sentiments et adresse un message d’espérance à tous les jeunes qui désirent à répondre à l’appel du Seigneur.
Qui est Père Pierre Malick Sène?
Le Père Pierre Malick Sène est un jeune religieux du Saint Sacrement, ou mieux encore, le cadet des religieux SSS à profession perpétuelle de la Province Notre Dame d’Afrique du Sénégal, à ce jour. Originaire de la paroisse Saint Esprit de Diohine, il est né à Khassous, un village situé à environ 6 km de Diohine-centre, dans la région de Fatick.
Habité très tôt par le désir de devenir prêtre, un appel longtemps freiné par diverses circonstances il entame finalement son cheminement vocationnel au petit séminaire diocésain Sainte-Anne de Thiès. C’est au cours de cette période qu’il découvre la Congrégation du Saint Sacrement, une rencontre décisive qui lui permettra de donner corps à son aspiration première: devenir religieux prêtre.
À l’issue de sa formation au petit séminaire, sanctionnée par l’obtention du baccalauréat au Collège Saint-Gabriel, il intègre en 2016 le foyer Eymard (postulat SSS) pour poursuivre des études philosophiques au Centre Saint-Augustin de Dakar, et il suivra ensuite le cursus normal de la formation au sein de la Congrégation du Saint-Sacrement.
Ainsi, le vendredi 4 juillet 2025, il a prononcé ses vœux perpétuels au sein de la Congrégation, scellant ainsi son engagement définitif à la suite du Christ, en présence du Supérieur Provincial, le Père Yves M. Sagna, de son conseil et des confrères SSS. Le lendemain, samedi 5 juillet, il a été ordonné Diacre, avant de recevoir l’ordination sacerdotale le 6 décembre 2025, par l’imposition des mains de Monseigneur André Gueye, Archevêque métropolitain de Dakar, au sanctuaire marial de Popenguine.
Quels sentiments vous ont habité au lendemain de vos vœux perpétuels, qui vous ont consacré membre à part entière de la Congrégation du Saint-Sacrement, ainsi qu’après votre ordination diaconale et votre ordination sacerdotale?
Au lendemain de ces événements gracieux, trois sentiments m’ont profondément habité: une joie authentique, une reconnaissance sincère envers Dieu et un léger sentiment de peur lié aux exigences des engagements.
D’abord une joie authentique, car non seulement j’ai été officiellement et définitivement intégré dans la famille eymardienne par la profession perpétuelle, mais aussi ordonné prêtre. Ces événements me disposent à mieux vivre ma vocation eucharistique et à servir le Christ au sein de cette Famille, comme je l’ai longtemps désiré. En effet, pour moi, il n’y a pas un motif de joie plus grand que celui de voir son rêve se réaliser, surtout après tant d’années de persévérance, d’abnégation, de peine et d’espérance.
Ensuite, une profonde reconnaissance envers Dieu, pour le don de la vocation eucharistique. Il m’a orienté pendant que je cherchais aveuglément par quelle voie et/ou dans quelle famille religieuse le servir. Je ne peux que lui rendre grâce pour son assistance et son soutien constants, surtout au milieu des tempêtes qui secouaient ma vocation. Que son nom soit béni à jamais!
Enfin, une prise de conscience beaucoup plus sérieuse des responsabilités qui m’incombent désormais. J’avais le sentiment que ma vie venait de prendre un tournant encore plus décisif, à la hauteur des engagements posés et du ministère reçu. Et il ne peut en être autrement lorsqu’on mesure les exigences de la vie religieuse et sacerdotale, tout en étant lucide sur ses propres limites. Toutefois, le Seigneur ne choisit pas en fonction du mérite ou du degré d’aptitude mais par pur amour, et sa grâce demeure toujours à l’œuvre en ceux qu’il appelle. Le sacerdoce est avant tout une grâce.
Au regard de votre expérience personnelle, quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes qui s’interrogent sur leur vocation?
Je les encourage à faire le premier pas et à persévérer, car avec le Christ on ne perd jamais. Certes, le chemin peut être long, parsemé d’embuches de toute sorte, mais la ténacité et l’abnégation permettent d’atteindre le but, à l’instar de notre saint fondateur Pierre-Julien Eymard.
Toutefois, rien ne saurait se faire sans la prière, car nos efforts demeurent vains sans la grâce divine. Il est donc primordial d’avoir foi et d’espérer en Celui qui nous appelle, de savoir fixer le regard sur la personne du Christ, surtout dans les moments difficiles et de le prendre pour modèle. Le Seigneur demeure toujours bienveillant envers ces enfants, de surcroît ceux qu’il appelle pour sa mission.
Pour le compte de la Province Notre Dame d’Afrique
Sénégal / Guinée-Bissau
