mardi, 01 août 2017 22:21

Le Serviteur de Dieu P. Lodovico Longari père du St-Sacrement

Le serviteur de Dieu, P. LODOVICO LON­GARI, est né en 1889 à Montodine (Italie), onzième fils de deux époux très pieux. Il entra au séminaire de Crema à l’âge de douze ans. En 1912, il fut ordonné prêtre et nommé secrétaire de l’évêque. Peu de temps après, il apprend l’existence de la Congrégation du St­ Sacrement et, attiré par la spiritualité du Père Eymard, il entre au noviciat. La première guerre mondiale éclate et il est appelé au front, comme aide-infirmier, où il restera jusqu’à l’armistice en 1918. En 1920, il prononcera ses vœux religieux au noviciat d’Espagne où il avait été transféré après la guerre. De retour en Italie, il est chargé d’ouvrir un séminaire provisoire pour la congrégation à Lodigiano. De 1923 jusqu’à 1935, c’est à Ponteranica, diocèse de Bergamo, qu’il se consacrera à la formation des jeunes, d’abord com­me directeur du séminaire, puis comme maître des no­vices. En 1934, il est nommé provincial et en 1937 supérieur général. Poste qu’il occupera durant douze ans. Il revient ensuite comme maître des novices à Ponteranica (Bergamo) dans la maison de formation qu’il avait ouverte et tant aimée, où il s’éteindra le 17 juin 1963.

Influence de la famille

L’évêque du diocèse de Crema, Mgr Libero Tresoldi, fait remarquer que: « la première source pour comprendre ce que fut le P. Longari, c’est sa famille ». L’action de l’Esprit Saint commence à se manifester chez Lodovico à travers la foi très profonde d’une fa­mille et d’une communauté paroissiale, qui – bien que petite et inconnue -l’a marqué profondément. Onziè­me garçon de deux époux qui assistent à la messe et ré­citent leur chapelet tous les jours, il apprend très tôt la dévotion eucharistique et l’amour de la Vierge.

En plus de ses parents exemplaires, il trouve­ra une sage et délicate éducatrice, en la personne de Sr Teresa, qui lui transmettra la passion de l’Eucharistie et l’adhésion amoureuse à la volonté de Dieu.

Dans cette communauté paroissiale – affirme l’évêque – « de nos jours encore l’Eucharistie et le culte de la Madonne sont l’inspiration centrale d’une riche vie chrétienne ». Voilà de vraies valeurs aux­quelles devraient s’inspirer toutes les familles.

Le primat de l’amour

La première caractéristique que l’on découvre chez le Serviteur de Dieu c’est celle d’être un témoin et un apôtre d’une spiritualité qui dilate l’esprit sous le souffle de l’amour. Amour personnel, intime et ex­périmental de Dieu. Il l’a perçu, s’en est enivré et il en est devenu le communicateur par sa parole et par sa vie. La nature et la grâce l’ont favorisé de dons qui lui ont permis de contribuer à la construction de cette ci­vilisation de l’amour dont parlera Paul VI.

Déjà ses écrits de jeunesse en sont marqués: « Le Seigneur m’a donné un cœur très sensible parce qu’il veut que je sois saint. La sainteté c’est l’AMOUR. Et comme Jésus me martyrise de son amour! Je n’en peux plus et je vais devoir céder à la force… Devant le bon Jésus je me reconnais vaincu. Donc Jésus me veut saint mais toujours à la lumière de son amour ». Il se place alors à l’école de Jésus: « Le livre ultime des saints c’est Jésus Christ. Ils n’ont pas appris la vraie sagesse à l’école des sages, ni dans la poussiè­re des bibliothèques, mais dans la prière devant le crucifix, en couvrant de larmes et de baisers les pieds du divin Maître ». Puis, il a des expressions originales: « plutôt que de l’offenser dans l’amour, il le réduise à un ostensoir matériel, pourvu que cet Ostensoir contienne l’électricité de l’amour ».

Le choix de la vie religieuse est pour lui « com­me un second baptême. J’entre dans la vraie vie d’amour de Jésus… dans la vocation de l’amour, de la joie, de l’allégresse du paradis… Jésus m’a regar­dé, s’est pris d’amour pour moi et m’a dit: viens, je te donnerai du pain et un toit… je t’aime parce que je veux t’aimer… « . Le cœur se dilate: les mots et les sentiments s’accumulent, se confondent. Il parle d’Eucharistie, de pureté, de transparence. Il se laisse fasciner par le Pain et la Croix. Ce sont des éclairs de mysticisme. La conclusion est une invitation de Jésus: « Laisse-toi consumer par mon amour ». C’est sur cet­te base que s’appuiera toute sa vie spirituelle.

Vie personnelle toute « pétrie d’eucharistie »

La découverte de l’apôtre de l’Eucharistie, Pierre-Julien Eymard, détermina son orientation, le centre de sa spiritualité, la source de sa vie. « L’Eu­charistie est un besoin de mon cœur. Sans l’Eucharistie la vie serait impossible ».

La pensée et la prière eucharistiques devien­dront continuelles dans sa vie et iront toujours en croissant, en simplifiant toute activité spirituelle. Dans sa lumière, il revoit tous les grands mystères du salut: la création, la Trinité, l’Incarnation, les miracles de Jésus, la Résurrection. C’est à l’Eucharistie qu’il réfère ses méditations sur le sacerdoce, la charité ou l’humilité. D’où sa force pour pouvoir affronter la souffrance, les épreuves, les responsabilités. Pour lui, l’Eucharistie c’est la présence réelle du Seigneur, donnée pour être adorée. Avec une foi très vive, il oriente le culte eucharistique aux quatre fins du sacri­fice: l’adoration, l’action de grâces, la réparation et la demande.

Évidemment, toute la richesse de la doctrine eucharistique que nous donnera Vatican II n’existait pas encore: Lodovico est un homme de son époque. On ne peut le lui reprocher. Cependant, son rapport intense avec l’Eucharistie, pétri de foi et d’amour, est constamment présent dans sa parole et il est nourri par une vie de prière et d’adoration de façon ininter­rompue, que ce soit au front, durant la guerre, où il installait un ostensoir dans sa tente de soldat, que ce soit aux prises avec les mille préoccupations quoti­diennes qui lui étaient imposées par sa charge de su­périeur général.

Son attitude n’était pas celle du théologien qui développe intellectuellement les richesses doctrinales du mystère révélé, mais plutôt celle d’un homme spi­rituel qui transmet le message par le reflet de sa propre vie, dans l’élan d’amour suscité par une contemplation de foi et le témoignage d’une vie cal­quée sur la réalité divine.

Ainsi orientée vers l’Eucharistie, sa vie sera consumée par la flamme d’un apostolat qui se dérou­lera dans trois milieux: le gouvernement de sa famil­le religieuse, la formation des jeunes et la sanctifica­tion des prêtres.

Supérieur de la congrégation 

Ses dons paternels de fermeté amoureuse et de clairvoyance des cœurs se révélèrent très précieux pour diriger une communauté. Aussi devint-il rapide­ment supérieur, d’abord local puis provincial et enfin général de tout l’Institut.

Le serviteur de Dieu se soumit à la croix de la responsabilité avec grande souffrance, au moment dé­licat du passage d’un gouvernement centralisé à la di­vision en provinces, en agissant avec tact et largesse de vues.

Il s’inspira des exemples du fondateur, il en propagea l’enseignement, il en renouvela l’esprit en essayant de le mettre à jour pour notre époque et en l’interprétant à la façon qui correspondait à ses dons. Comme il a su rendre aimable la vocation eucharis­tique par son enthousiasme d’appartenir à la famille du P. Eymard! « Qu’elle est belle notre vocation, belle de la beauté de Jésus, douce de la douceur de Jé­sus, chaude de l’amour de Jésus, immaculée de la blancheur de l’Hostie! ».

Il considéra la famille SSS comme un don que Dieu avait fait à l’Église dans une période de grande tiédeur pour placer l’Eucharistie en plein centre, la faire sortir du tabernacle avec l’Exposition solennel­le. Ce mouvement, d’après lui, aurait amené les Congrès Eucharistiques et, sous le pontificat de Pie X, la promotion de la communion fréquente et celle des jeunes enfants, du culte de l’Exposition perpétuelle et de l’adoration nocturne par les fidèles. Comme il a travaillé pour susciter des vocations, pour développer la congrégation en ouvrant de nombreuses maisons dans plus de quatorze pays et jusqu’en mission! Mais surtout avec quelle passion il a essayé d’en faire vivre l’esprit avec une grande ferveur dans la prière et une fidélité exemplaire à l’adoration eucharistique. Pour la famille Eymard, en Italie d’abord et ensuite dans le monde, il a été comme un souffle du printemps.

Formateur des jeunes

Il remplit la charge de formateur durant de très longues années: d’abord de 1920 à 1931 puis de1949 jusqu’à sa mort. Sa méthode, comme celle de Jean Bosco, était de prévenir et d’enthousiasmer les jeunes, en leur présentant la beauté de l’idéal et en leur faisant goûter l’amour du Seigneur, l’attrait de la vertu et du don total qui correspond bien aux exi­gences d’un jeune cœur.

Les témoignages sur sa méthode de formation sont nombreux: « Il nous gagnait par sa sensibilité et sa tendresse. Il avait un tempérament plus enclin à la bonté qu’à la sévérité. Et sa bonté allait en croissant à certains moments, comme par exemple le matin après sa messe, ou après ses heures d’adoration ». Même lorsqu’il exigeait un renoncement total, il faisait tou­jours briller le primat de l’amour.

« C’était un directeur de séminaire humain, at­tentif, compréhensif; il aimait beaucoup le temps de la récréation, les rires. Il témoignait surtout son affec­tion envers les petits, les souffrants et tous ceux qui se trouvaient dans une difficulté ».

« Il incitait les gens à se reposer, il les encou­rageait, s’intéressait à la santé des autres, se préoccu­pait de la nourriture, de l’ambiance; il portait attention aux personnes qui collaboraient avec lui, en sympa­thisant à leurs problèmes de famille ». Il préférait un style de gouvernement par la douceur, et il cherchait plus à faire comprendre qu’à dominer.

Prédilection pour les prêtres

Le P. Longari avait un charisme particulier pour les prêtres, les « multiplicateurs », comme disait notre fondateur. Il les aimait, les a aidé à s’ouvrir au Seigneur, pour être heureux dans leur vocation. Au cours de son ministère, il leur a toujours donné la pre­mière place. C’est un nombre incroyable de retraites qu’il a prêché aux prêtres dans toute l’Italie, tant dans les Instituts que dans les séminaires; chez les bénédic­tins, les basiliens, les dehonianiens, les montfortains, les trappistes, etc.; et dans les séminaires, comme le Collège Romain, la Propagande, Venegono, Molfetta, Bergamo, etc. Il revenait sans cesse sur la nécessité de la prière et de l’amour de Dieu. Il parlait de l’Eucha­ristie par abondance et trouvait toujours le moyen de la signaler dans tous les thèmes qu’il traitait.

« En autant que je me souvienne, je n’ai jamais entendu quelqu’un prêcher comme le P. Longari, avec tant de piété et de doctrine à la fois, imbibée, parfu­mée je dirais, d’Eucharistie… ». Il parlait plus par sa propre physionomie que par ses arguments.

Voici ce qu’on a dit: « Sa physionomie était de celles qui te calment, te purifient, te réconfortent, en te faisant entrer en toi-même, comme pour un examen de conscience, comme une invitation à l’imiter. Il émanait de sa personne quelque chose de difficile à expliquer, mais qui agissait par rayonnement, par os­mose. C’était une présence, un témoignage. Ses pa­roles étaient l’expression de son être, d’où elles ti­raient leur force. Son visage était calme et radieux, son regard toujours serein et clair, fixé sur la situation présente mais en même temps tourné vers l’ave­nir… ». Et le témoin conclut par une forte comparai­son: « Il était un prêtre et un adorateur comme quel­qu’un qui serait né à la fois aviateur et poète! ».

Durant ses dernières années, alors qu’il ne pouvait plus bouger, il ne cessa pas d’avoir des contacts, mais il se confina à l’accueil paternel à la maison: tous ceux qui souffraient ou avaient besoin de lumière venaient à lui, envoyés le plus souvent par l’évêque de Bergamo. Il prenait toujours soin, cepen­dant, que la célébration eucharistique soit vécue com­me le moment central de toutes ses journées. Son se­cret se résumait ainsi: « Sentir le besoin de se laisser voler le cœur par Dieu! »

« Il a mis de la vie autour de l’eucharistie »

C’est l’évêque de Bergamo, Mgr Giulio Og­gioni, qui a résumé ainsi l’action du P. Longari dans son diocèse. Et il semble bien que l’on puisse étendre cette expression à d’autres périodes difficiles durant lesquelles il a toujours démontré la même vivacité.

Jeune prêtre et religieux SSS, il est envoyé au front comme soldat infirmier, au moment de la pre­mière guerre. On peut imaginer les difficultés et les dangers qu’il rencontra. Mais lui dira toujours que ce fut un des plus beaux temps de sa vie. Il transformera son étroite baraque militaire en chapelle: tôt le matin, célébration de la messe, ensuite, l’Exposition du St-­Sacrement pour une heure d’adoration. Il s’était confectionné un tabernacle avec un simple havresac, mais l’avait décoré de fleurs et de cierges. Autour de lui: des trous de grenades qui n’avaient pas explosées, l’odeur du sang répandu, des sifflements de projec­tiles… Et pour lui, une charge écrasante: secourir les blessés, aider au transport à l’hôpital, ensevelir les morts. Il lui arriva de ramasser un major que ses com­pagnons voulaient jeter dans la fosse car il était très grièvement blessé et sans espoir de survie. Il s’oppo­sa de toutes ses forces. Il lui fallait du courage, car l’ambiance à l’époque était marquée de railleries en­vers les prêtres. Elles ne manquèrent pas de la part de ses compagnons. Quant à lui, il ne cessait de répéter: « Quelle paix dans mon cœur, quelle certitude! Merci, Jésus pour ton Eucharistie! Pour ton amour! Fais en sorte que je reste fidèle toujours autalent eucharis­tique!  »

Lors de la deuxième guerre, le voilà supérieur général. Après le 8 septembre 1943, lorsqu’il lui fut impossible de visiter les maisons, il en profita pour accepter des prédications. Il était très en demande: sa manière simple et persuasive pénétrait les cœurs. Aux personnes consacrées, il élevait très haut la barre de la générosité. Combien de monastères et de cou­vents le réclamèrent! Il libérait les cœurs, convaincu qu’: « avant de proposer une réforme, il faut mettre les cœurs en paix ».

Tel était le style de sa prédication, même pour les simples fidèles qu’il rencontrait durant les « XL Heures » qu’il animait si souvent. Ici, sa « vivacité » avait un thème préféré: l’amour miséricordieux de Jé­sus, car disait-il, « de son amour, il a fait un sacrement, l’Eucharistie ». « Nous devons êtres des ministres de miséricorde ». Il réussissait à convaincre par l’exemple suivant « S’il vous arrive de faire un ac­croc dans un vêtement tout neuf, votre peine est gran­de. Mais si vous avez la chance de trouver une excel­lente couturière qui non seulement sait repriser mais réussit à coudre une belle fleur sur la couture, alors votre vêtement devient encore plus beau qu’il était. Laissons donc Jésus couvrir de fleurs nos bêtises ».

Voici en résumé deux conseils donnés fré­quemment. À celui qui a grand besoin de pardon: « Reconnaître sa misère mais ensuite avoir une confiance totale dans la miséricorde ». À tous les fi­dèles: « Notre vie est une page blanche sur laquelle le Seigneur écrit constamment un seul mot: AMOUR! ». C’est comme cela qu’il pouvait ouvrir les cœurs.

Un homme d’église 

« Un saint ne vit pas pour lui-même: il est un merveilleux don de Dieu pour l’Église et pour ses frères ». C’est une parole de St. Pierre-Julien Eymard.

Qui était donc le P. Longari? On pourrait le décrire surtout comme un homme d’Église pour les besoins de notre temps. Un homme qui a accepté au plus profond de lui-même tout l’enseignement de l’É­glise et qui l’a transmis avec la plus grande fidélité.

Très dévot envers le Pape Pie XII, il lui de­mandait souvent une audience personnelle lorsque se présentaient de graves problèmes. Il confiera un jour à sa sœur le secret suivant: « Depuis quelque temps j’en avais le désir, et j’ai fait parvenir au Souverain Pontife une lettre dans laquelle, humblement, je lui demandais d’accepter ma pauvre vie pour le bien de l’Église catholique et le soulagement de son cœur de Vicaire du Christ. Je ne saurais te dire toute la joie de mon esprit depuis ce temps ».

L’époque où il a vécu a été une époque com­plexe et glorieuse pour l’Église. Une époque de grands contrastes: d’une part, un étonnant progrès scientifique et technique, et d’autre part, un obscurcissement mar­qué des consciences, avec la perte du sens de la trans­parence de Dieu. C’est alors qu’apparaît la grâce du Concile. C’est la surprise. Le P. Longari n’en verra que les premières lueurs et ne pourra pas en constater les fruits. Il s’éteint à la fin de la première session, en juin 1963, quinze jours à peine après le Pape Jean XXIII.

Quelle pourrait être son actualité? Avoir prépa­ré les cœurs en construisant sur des bases sûres les dis­positions qui permettent un accueil docile et fidèle, en enseignant à vivre de foi, d’obéissance, d’amour de l’É­glise, d’avoir une ouverture sur les événements de l’his­toire comme étant l’expression de la volonté de Dieu, de se maintenir dans un climat de liberté et de paix inté­rieure face à toutes les circonstances. Celui qui a pu se reconnaître dans les enseignements du P. Longari, aura appris, dans la lumière surnaturelle, à accueillir comme des dons les événements et les changements de toutes sortes. C’est extraordinaire comment Dieu envoie des précurseurs pour préparer ses chemins!

Notre espoir est que le P. Longari puisse conti­nuer du haut du ciel à nous venir en aide par son in­tercession. Là aussi il peut être d’actualité!

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Je présente mes meilleurs souhaits et mes encourage­ments au Père Postulateur de la Cause de Béatification de notre Serviteur de Dieu, P Lodovico Longari, afin qu’il en répande la connaissance parmi les fidèles.

Il s’agit d’une tâche bienfaisante car il en découle éga­lement une expansion de l’idéal et de l’esprit de notre Fonda­teur, Saint Pierre-Julien Eymard. 

Étant donné que le Serviteur de Dieu devint Supérieur Général de la Congrégation, je souhaite que toutes nos maisons puissent collaborer en le faisant connaître aux fidèles des diffé­rentes nations. 

 

P. Norman B. Pelletier, sss

 

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Le Père Lodovico Longari sss et sa Cause de Béatification

 

J’ai reçu la charge, depuis peu, de la Postulation de la Cause du P. Lodovico Longari et des questions m’ont été posées à ce propos. Y répondre est donc une occasion pour moi de parler du P. Longari et de la situation de la Cause en cours.

  1. Qui est le P. Longari ? Comment se caractérise sa figure ?

Ce n’est une demande ni rhétorique ni prévisible même pour ceux qui connaissent un peu sa figure, surtout en raison de ses qualités et des différentes fonctions qu’il a recouvert. En effet, il fut prêtre, religieux, prédicateur, fondateur de séminaires, formateur, guide spirituel – également de nombreux prêtres -, supérieur local, provincial, et huitième supérieur général de la Congrégation du Saint-Sacrement.

Comment le définir ? Une biographie le définit “Père et Maître” comme pour mettre en évidence le caractère de son service et de son ministère sacerdotal.

Pour cueillir l’âme du P. Longari il faut partir de l’Eucharistie : elle est l’élément le plus important dans sa formation, dans la recherche d’un choix de vie et de sa profession religieuse dans la Congrégation du Saint-Sacrement.

Dans l’Eucharistie, le P. Longari trouve inspiration et force. Qu’il soit novice ou soldat, parmi les jeunes en formation ou responsable du gouvernement d’une communauté, il vivra toujours de l’Eucharistie en laquelle il croit profondément et qu’il propose à la foi des autres. Il reconduit toute chose à l’Eucharistie et il trouve en elle une unité de vie.

Don Giuseppe De Luca, grand homme de lettres, lors d’un témoignage qu’il donnait sur le P. Longari, a inventé pour lui cette icône : “Quand il passe, on dirait qu’il porte le Saint-Sacrement”. Voici donc le P. Longari : Quelqu’un qui porte en soi et aux autres le Saint-Sacrement.

Nous espérons tous qu’il puisse être canonisé pour qu’il soit dans l’Église un signe et un rappel pour tous de la centralité de l’Eucharistie dans la vie de chacun, dans la communauté ecclésiale et dans l’évangélisation. Précisément tel que le fut Saint Pierre-Julien Eymard, fondateur des religieux du Saint-Sacrement, auquel le P. Longari inspira sa spiritualité.

  1. Où en est la Cause de Béatification ?

Je rappelle, en termes simples et synthétiques, que dans le parcours de la Cause des saints, il y a deux phases qui demandent d’habitude un temps assez long de réalisation.

La première phase est celle du procès diocésain qui se caractérise par le recueil de témoignages des personnes qui ont connu le Servant de Dieu directement ou indirectement. Cette première phase a demandé un énorme travail car le P. Longari était très connu comme prêtre et comme religieux SSS. Plus de cent témoins ont été interrogés, et leurs témoignages ont été recueillis dans 18 volumes. A partir de ces volumes un Summarium de 875 pages a été fait. Le P. Bernardo Mauri sss s’est consacré à ce grand travail et acheva ainsi la phase diocésaine.

La seconde phase est celle du procès romain (de compétence de la Congrégation pour la Cause des saints) dans lequel est élaborée la Positio : Le nouveau Postulateur, P. Paolo Sirio sss, qui a succédé au P. Mauri, aurait aimé achever la Cause, mais précisément parce qu’il s’agit d’un travail qui demande beaucoup de temps, il a déjà rejoint au paradis son cher Servant de Dieu..

La Positio comprend : a) le déjà cité Summarium des témoignages ; b) la biographie critique, c’est-à-dire rédigée selon les critères scientifiques et historiques, accompagnée d’une documentation et examinée soigneusement ; c) l’Informatio, c’est-à-dire la démonstration à travers les témoignages, les écrits et la vie du Servant de Dieu qu’il a pratiqué de façon héroïque toutes les vertus théologales, cardinales et les vertus de son état propre ; elle doit aussi démontrer que le Servant de Dieu avait une réputation de sainteté durant sa vie, à sa mort et après sa mort jusqu’au moment présent.

Quelle est la situation actuelle de la Cause du P. Longari ?

Les deux premières parties de la Positio ont déjà été réalisées : le Summarium (imprimé le 08/12/01) et la biographie (en cours d’élaboration typographique) ; par contre la troisième partie, c’est-à-dire l’Informatio sur les vertus héroïques, est en cours de préparation par le professeur Giovanna De Ghantuz Cubbe qui a déjà élaboré la biographie critique sous la direction du Rapporteur P. Cristoforo Bove OFM.

Quand la Positio sera achevée, le Rapporteur la présentera aux Consulteurs théologiens qui, avec le Promoteur de la Foi, exprimeront un vote de mérite, avant qu’elle ne soit soumise au jugement d’une Congrégation de Cardinaux et Évêques. A ce moment là, si le vote de cette Congrégation sera positif, l’évêque Secrétaire de la Congrégation Sacrée pour la Cause des Saints préparera un rapport à soumettre au St Père ; c’est lui seul qui peut prononcer le décret sur le caractère héroïque des vertus, décret qui attribue au Servant de Dieu le titre de Vénérable.

Et Bienheureux ? Il faut un miracle, que le Seigneur concède par intercession du Servant de Dieu.

Nous savons que l’Église est très prudente en la matière, et donc également dans le cas d’un miracle déclaré, elle prédispose une Informatio super miraculo spécifique. C’est-à-dire qu’elle fait examiner toute la documentation scientifique et le miraculé à un Conseil de 5 médecins ; de cette manière on veut éviter la possibilité d’une tromperie ou d’illusions. Sont également examinées les preuves théologiques de l’événement miraculeux afin de pouvoir affirmer que l’événement scientifiquement inexplicable est l’œuvre de Dieu, par l’intercession du Servant de Dieu. C’est ensuite le Pape qui doit approuver et fixer la date de la béatification.

  1. Un défi

Quel est le rôle du diocèse de Crema (diocèse natal du père) dans la Cause ?

Le diocèse de Crema a donné naissance au P. Longari, il l’a fait grandir dans la vie chrétienne et sacerdotale, il l’a préparé au choix religieux de notre Congrégation, en lui inculquant une spiritualité eucharistique.

C’est aussi le mérite du diocèse de Crema d’avoir mis en œuvre la Cause du P. Longari. Le 10 novembre 1983, par une lettre signée de S. E. Mons. Libero Tresoldi et de 82 prêtres diocésains, le diocèse de Crema envoya la demande à notre Congrégation pour introduire la Cause de Béatification du P. Longari.

Le diocèse de Crema ne pouvait faire rien de mieux que de donner ce coup d’envoi. Le Symposium que nous avons célébré à Caravaggio le 26/12/2002 a une signification bien précise, il nous affirme que Crema et ses enfants croient à la sainteté du P. Longari, ils veulent avoir leur saint.

La réalisation du travail de la Positio ne suffira pas à nous donner un saint. Tout au plus, s’il plaît à Dieu, il nous donnera un Vénérable. Pour avoir un saint (ou un bienheureux) il faut qu’il y ait un signe de l’au-delà : en pratique il faut des grâces, mais surtout un miracle.

Ce symposium voulait rappeler et encourager l’attention sur le P. Longari et stimuler la foi qui porte au miracle. Il est important que la tension spirituelle ne se refroidisse pas.

Mais, le diocèse de Crema avec ses 60 paroisses n’est pas le seul engagé dans cette promotion de la Cause. En Italie et dans beaucoup d’autres pays il y a de nombreuses communautés SSS qui ont reçu la charge d’églises et de paroisses. Nous invitons donc nos fidèles à avoir confiance en l’intercession de notre Servant de Dieu quand nous lui demandons ce dont nous avons besoin, et pourquoi pas, un miracle aussi. Et si Dieu voudra nous le concéder, quand nous invoquerons “Saint Lodovico, priez pour nous”, chacun sentira d’avoir en lui son bienheureux intercesseur.

En conclusion : par l’intercession du P. Longari, que chacun de nous soit saint, amoureux de l’Eucharistie, zélé dans ce sacrement, que chacun soi “quelqu’un qui porte en soi et aux autres le Saint-Sacrement” à l’exemple du P. Longari.

***

N.B.: Toute personne qui désire de l’information et des images du Serviteur de Dieu, ou encore pour communiquer des grâces obtenues par son intercession, prière de s’adresser directement au:

P. Carlo Vassalli, sss
Postulateur
Via Giovanni Battista de Rossi, 46
00161 Roma, Italie

Dernière modification le mardi, 17 avril 2018 10:28